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1,4 milliard d’euros pour le Contrat de plan Etat-Région

La fin du marathon dans la Somme du Premier ministre s’est achevé au Conseil régional de Picardie pour la signature du Contrat de plan Etat-Région.

Le 30 juillet, au Conseil régional de Picardie, la préfète de région, Nicole Klein, le Premier ministre, Manuel Valls, et le président du Conseil régional de Picardie, Claude Gewerc, signaient le Contrat de plan Etat-Région 2015-2020.
Le 30 juillet, au Conseil régional de Picardie, la préfète de région, Nicole Klein, le Premier ministre, Manuel Valls, et le président du Conseil régional de Picardie, Claude Gewerc, signaient le Contrat de plan Etat-Région 2015-2020.
© Laurent villeret/Picturetank/matignon

1,4 milliard d’euros. C’est le montant total de l’investissement en Picardie dans le cadre du contrat de plan Etat-Région pour les six prochaines années. Quatre priorités ont été fixées : l’innovation, la valorisation du patrimoine, les infrastructures de transport et les services à la population (santé, accès au numérique, etc.). Rails, routes, enseignement supérieur, recherche, environnement... rien n’est oublié.
Côté transports, c’est une enveloppe de 523 millions d’euros qui est prévue pour, entre autres, le raccordement de la Picardie au futur réseau du Grand Paris Express, l’aménagement de la RN2 entre Soissons et Paris, le renforcement de la ligne Roissy-Picardie, l’électrification du chemin de fer entre Amiens et Rang du Fliers, ou encore le projet de Canal Seine Europe, projet de plus de 5 milliards d’euros, qui devrait entrer en phase opérationnelle en 2017. Si la Commission européenne vient de mettre sur la table près d’un millard d’euros, l’enveloppe existe-t-elle dans son intégralité ? Pas sûr…

La Picardie parie sur l’innovation
Le pari, c’est aussi celui de l’innovation au travers de nouvelles technologies propres ou encore à haute valeur ajoutée telles que la chimie du végétal, la filière éolienne ou encore l’aéronautique. Et le président du Conseil régional, Claude Gewerc, de souligner à ce propos la dynamique existante et innovante entre le monde de l’agriculture et celui de l’industrie et de la recherche au travers du Centre de valorisation des glucides, du programme d’investissement Pivert, de Biogys Centre, de la plateforme Improve...
«L’enjeu dans la période qui vient, insistait ce dernier, est de faire de nos territoires des laboratoires d’innovation. L’innovation  n’est pas un supplément d’âme, une «manie» du président du Conseil régional, comme certains ont pu l’écrire, mais bien un enjeu majeur qui doit dépasser très largement les moyens affectés à l’enseignement supérieur et à la recherche. L’innovation doit être au coeur de nos politiques publiques.» L’innovation est en effet primordiale, d’autant plus dans  une région comme la Picardie qui a vu son tissu industriel se déliter ces dernières décennies. Mais l’Etat sera-t-il encore aux côtés des Picards ? Telle était l’interrogation du président, à l’heure  où s’approche à grands pas l’échéance de la création de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

«Je crois en la force des identités»
«Ceux qui ont peur de l’avenir, ce sont ceux qui n’ont pas de projet, ne sont pas optimistes, ne croient pas dans les atouts de leur propre territoire et de la région, rétorquait Manuel Valls. Le défi, c’est d’inscrire le développement de la Picardie dans une autre échelle, celle de la future grande région. Toutes les villes constituent une nouvelle force pour cette région. Le débat ne peut se réduire à Lille ou Amiens. Je crois en la force des identités.»
Mais avec deux directions régionales sur dix restant en Picardie (Draaf et direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale), le maintien du rectorat d’Amiens et une plateforme nationale de validation des titres dans le cadre du projet «préfecture nouvelle région», les Picards trouvaient la pilule bien amère....
Les paroles du Premier ministre, telles que «il n’y aura pas de diminution du nombre de fonctionnaires de l’Etat dans votre ville», se révélaient, au final, peu convaincantes, selon les élus picards. D’une part, parce que Manuel Valls n’a soufflé mot de la pérennité du nombre de fonctionnaires dans le temps. D’autre part, parce que les services d’Etat ont déjà commencé à s’organiser. De la droite à la gauche, le constat était le même : le compte n’y est pas.
A peine le Premier ministre parti, le député et président d’Amiens métropole, Alain Gest déposait une proposition de loi pour créer un statut de «vice-capitale», qui permettrait de conserver un certain nombre de directions régionales dans les villes déchues.

REACTION
Christophe Buisset, président de la Chambre d’agriculture régionale

«L’outil de proximité doit rester au plus près des agriculteurs»
La Picardie a un poids indéniable dans l’agriculture, et un poids redoublé par son niveau de recherche, ses entreprises et ses projets. Il est donc important qu’avec la fusion de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, et avec comme capitale régionale, Lille, ce territoire conserve des administrations en lien avec l’agriculture.
En ce sens, c’est une bonne chose que la Picardie conserve le siège régional de la Draaf. Pour ce qui est de l’avenir des chambres d’agriculture, l’outil de proximité doit rester au plus près des agriculteurs, d’autant plus que ces derniers sont confrontés à la nécessité de produire plus et avec moins d’intrants.
Pour ce faire, les chambres consulaires sont des aides précieuses pour eux en termes de conseils en agro-équipement et en agronomie. C’est un service qu’on doit pouvoir continuer à leur rendre. Si nous ne sommes plus au plus proche du territoire, ce service ne sera plus rendu.
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