L'Action Agricole Picarde 06 juillet 2018 à 06h00 | Par Simon Payoult

Abattoir de Fruges : début de chantier en fin d’année

Après plusieurs années d’atermoiements, la construction d’un abattoir multiespèces se précise à Fruges (62). Le Conseil régional vient d’approuver la convention partenariale relative aux financements publics du nouvel outil.

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Le conseil régional indique qu’il sera proposé à l’ensemble des salariés de l’actuel abattoir de Fruges de poursuivre leur carrière professionnelle au sein de la future unité, construite dans la même commune.
Le conseil régional indique qu’il sera proposé à l’ensemble des salariés de l’actuel abattoir de Fruges de poursuivre leur carrière professionnelle au sein de la future unité, construite dans la même commune. - © © D. R.



Le projet a fait couler beaucoup d’encre, mais semble enfin aboutir. L’actuel abattoir de Fruges a été construit dans les années 1970 et conçu pour abattre

4 000 animaux par an. Plusieurs possibilités ont été étudiées depuis de nombreuses années pour mettre aux normes et dynamiser l’unité : rénovation, transfert des machines sur un autre site, création d’une société d’économie mixte (SEM)…
Sous l’impulsion de l’ex-Communauté de communes du canton du Fruges et maintenant de celle du Haut Pays du Montreuillois, l’aménagement d’un bâtiment neuf, en remplacement de celui initial, a finalement été priorisé et sera porté par une société coopérative.

Un coût total de 7,2 M
«C’est l’aboutissement d’un long travail qui va permettre de lancer concrètement la construction de l’abattoir», souligne Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire, qui s’est exprimée le 28 juin dernier, lors de l’approbation en séance plénière par le conseil régional de la convention partenariale relative aux financements publics du nouvel outil.
«La Région s’est engagée à subventionner à hauteur d’un million d’euros le projet, poursuit l’élue. Le Département du Pas-de-Calais devrait octroyer une participation d’environ 500 000 euros et les intercommunalités vont fixer prochainement leurs budgets.» Le coût total de l’abattoir, porté par la Société d’abattage des Haut Pays, est de 7,2 M€. «Le terrain qui accueillera l’édifice à Fruges est déjà trouvé et les travaux débuteront cet automne ou en début d’hiver prochain, annonce Marie-Sophie Lesne. Tous les salariés actuels seront repris.»

«Servir d’exemple»
Le futur atelier allie diverses spécificités. Il se veut être un outil de proximité au service des filières animales (tous animaux confondus) du Pas-de-Calais, du Nord et de la Somme. La capacité d’abattage et de stockage des carcasses sera dans un premier temps limitée à 6 000 tonnes afin de saturer la chaîne le plus rapidement possible, quitte à l’agrandir dans un second temps.
«L’abattoir doit trouver son équilibre économique avec l’apport de volumes de tous les sociétaires, indique la vice-présidente de la Région. Plusieurs acteurs, issus de l’ensemble du territoire et notamment réunis sous l’impulsion de la chambre d’agriculture, se sont engagés à fournir des volumes et à se positionner sur des prix minimums. »
L’abattoir ne réalisera pas de prestations de découpe pour ne pas se mettre en concurrence avec ses propres clients. Des ateliers de découpe pourront en revanche s’installer à proximité directe du site. «Nous sommes très fiers que ce dossier prenne forme, déclare-t-elle. Il y avait urgence à prendre le leadership, en convoquant l’ensemble des parties prenantes, afin de débloquer la situation.»
Le Conseil régional espère que ce modèle serve d’exemple à d’autres abattoirs locaux. «Celui de Valenciennes vient d’engager d’importants travaux, nous allons suivre son développement, affirme l’élue. Au Nouvion-en-Thiérache (02), l’objectif est aujourd’hui de mettre les acteurs autour de la table, comme cela a été fait à Fruges, et d’analyser de près les possibilités
Et de conclure : «Ces outils doivent permettre de conforter les filières, les circuits de proximité et, par conséquent, de créer de la valeur ajoutée et des emplois sur le territoire. Il n’y a pas d’élevage sans abattoirs».

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