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Améliorer la trésorerie des exploitations : l’enjeu pour 2017

Réunis ce lundi à Amiens, Cerfrance Somme a présenté à l’ensemble des organismes professionnels agricoles les premiers résultats de la récolte 2017.

© C.L

On pourrait dire bien des choses sur l’année en cours, mais qu’en est-il des premiers résultats provisoires financiers dans les exploitations agricoles ? L’année 2017 s’annonce-t-elle meilleure que la précédente ? «Oui, nettement», répondent Hervé Demalle, président de Cerfrance Somme, Sébastien Daguenet et Christian Boddaert, tous deux experts conseil chez Cerfrance Somme, lors de la présentation, auprès des OPA, des premiers résultats de la récolte 2017. Alors certes, la climatologie n’a pas été parfaite. Le manque d’eau s’est fait ressentir durant l’hiver, mais également au printemps, et les températures fraîches du mois d’avril n’ont pas été sans conséquence. «Un climat sec et froid, mais qui a tout de même eu l’avantage de réduire la pression maladie et, par conséquent, de réduire les charges en intrant», fait remarquer Christian Boddaert. Les résultats techniques qui en découlent sont, quant à eux, moyens, très hétérogènes, mais conformes à la moyenne décennale. Le bémol reste le prix, notamment pour le blé. En effet, celui-ci accuse une baisse, qui s’explique notamment par la récolte «record absolu» de la Russie, mais aussi par la parité euro - dollar, aujourd’hui, en hausse, ce qui ne joue pas en faveur de cette céréale et rend le blé français alors moins compétitif. En effet, «la qualité exceptionnelle de nos blés ne suffit plus, à l’exception de l’export intracommunautaire. Les acheteurs traditionnels de blé français se tournent désormais de plus en plus vers la Russie…», explique l’expert conseil. Pour les productions animales, le prix du lait, pour 2017, est, lui, revu à la hausse, tout comme le prix de viande.

Des revenus d’exploitation positifs
Côté charges de structure, celles-ci restent plus ou moins identiques à 2016. Le poste carburant est revu à la hausse, ainsi que celui des frais financiers, mais, en parallèle, le poste fermage est à la baisse. Le revenu d’exploitation de la ferme Somme, calculé par Cerfrance Somme,  devrait donc, au vu de ces éléments, talonner les 45 000 euros. Bien sûr, des systèmes de production s’en sortent mieux que d’autres, mais tous devraient être positifs cette année, contrairement à l’année dernière où seul le système de production pomme de terre était positif. Ainsi, le système de production céréales affiche un revenu de 12 000 euros contre - 34 000 euros en 2016, celui des plantes sarclées passerait du simple au double, soit de - 29 000 euros à 26 000 euros. En lait, la marge brute provisoire calculée est en hausse. Celle-ci est liée à la hausse des produits, mais également à la baisse des charges proportionnelles qui s’explique principalement par la poursuite de l’optimisation des coûts alimentaires dans les exploitations laitières. Cerfrance prévoit un prix moyen de 328 euros/1 000 litres de lait pour l’année, soit un prix proche de la moyenne décennale. Par conséquent, le revenu agricole calculé, dans les systèmes d’exploitation laitière, remonte et est estimé, aujourd’hui, à 37 000 euros contre - 13 000 euros en 2016.
Côté indicateurs, une remarque, celle du taux d’endettement qui accuse de nouveau une hausse cette année, et ce, depuis 2014. Il est estimé à 75 % aujourd’hui contre 54 % avant 2014. Une hausse qui s’explique principalement par l’augmentation des emprunts court terme dans les exploitations.
Les messages et les conseils fusent. Mais suite à cette récolte bien meilleure que la précédente, «l’enjeu principal restera avant toute chose, et à court terme, d’assainir et d’améliorer progressivement la situation financière des exploitations agricoles», conclut le président.

Christian Boddaert / Sébastien Daguenet
Suite à cette récolte, différentes actions seront à mener dans les exploitations agricoles. La première doit consister à définir un budget d’assainissement de la trésorerie lorsqu’elle est déficiente, puis un budget stratégique afin de développer l’exploitation, soit d’accroître son EBE ou encore de réduire son besoin d’EBE. Cerfrance conseille, ensuite, de définir sa politique d’investissement de renouvellement au moyen d’un plan pluriannuel calé sur les besoins et non sur la réduction de la fiscalité, de piloter son exploitation vers l’optimisation des coûts de revient sur le plan économique et, enfin, d’adapter sa politique fiscale à son entreprise.

 

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