L'Action Agricole Picarde 26 juillet 2018 à 06h00 | Par Florence Guilhem

Anne de Pisseleu : «la plus belle des savantes et la savante des belles»

Dans le cadre des rendez-vous, «Les fantômes du vendredi», l’office de tourisme du Val de Somme organise ce 27 juillet, à 18h, une visite d’Heilly en compagnie de la favorite de François Ier, Anne de Pisseleu d’Heilly.

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Sur les traces d’Anne de Pisseleu - interprétée par Mélanie Thomas - qui erre depuis cinq siècles dans les rues d’Heilly, aux abords de son ancien château, vous découvrirez l’histoire d’une femme qui a atteint le f © F. G.

Si elle n’a jamais porté la couronne de reine, reine elle le fut du cœur de François Ier, lorsque celui-ci revint de captivité en Espagne au début du XVIe siècle. Avec sa démarche de reine, la fraîcheur de son teint, son esprit enjoué, la douceur de ses traits délicats, sa hardiesse et son intelligence, elle détrôna sans difficulté la favorite d’alors du roi, la comtesse de Châteaubriant. Parce que derrière ce visage angélique couvait une soif de pouvoir et de richesse que rien ne pouvait étancher. Et malheur à ceux et celles qui ne voulaient pas se laisser charmer par cette gente dame, grande chasseuse et cavalière à ses heures perdues.

De la gloire au déshonneur
Née en 1508, dans l’Oise, au sein d’une famille issue de la vieille noblesse, elle s’installe au château d’Heilly, après la mort de sa mère. Choyée par sa belle-mère, cette dernière lui enseignera les arts et la littérature. Repérée à ses quatorze ans par la mère de François Ier, Louise de Savoie, pour sa beauté, sa culture et son élégance, elle devient l’une de ses filles d’honneur et quitte Heilly pour rejoindre la cour du roi de France. François Ier tombe follement amoureux et la couvre dès lors de cadeaux plus somptueux les uns que les autres. Mais la reine du cœur du roi perdra son «trône» à la mort de son protecteur et sera contrainte de quitter la cour, après que sa réputation ait été salie par une de ses rivales, Diane de Poitiers. Exilée à Heilly, elle continuera à mener la vie de château, mais sans le faste de la cour.
Des fastes de la cour du roi de France au château d’Heilly dans la Somme, c’est cette histoire que vous invite à découvrir Mélanie Thomas de l’office de tourisme du Val de Somme qui, pour l’occasion, se glissera à trois reprises cet été dans la peau d’Anne de Pisseleu, le temps d’une visite à Heilly, dans le cadre de l’animation «Les fantômes de vendredi».

Dans la peau d’Anne
A partir de ce personnage atypique, dont elle a retracé l’histoire au travers des archives, de lectures et d’échanges avec des historiens locaux, elle vous fera découvrir l’histoire de cette dame de la cour de France, mais aussi celle d’Heilly, aux abords de son ancien château, surnommé la «Petite Versailles». Etoile scintillante à la cour du roi, Anne de Pisseleu a bel et bien marqué son époque, en participant à la réforme des idées littéraires, politiques et religieuses. C’est grâce à elle également que François Ier fondera le Collège de France.
Reste que la moralité de la dame laisse à désirer à bien des égards. Il n’empêche. Mélanie Thomas a eu grand plaisir à se glisser dans le peau de ce personnage si riche. «Outre le costume que je porte, en découvrant les portraits qui lui ont été consacrés, soit une femme petite, blonde et bien en chair, des points de ressemblance physique existaient. De plus, elle a su s’affirmer, sachant exactement ce qu’elle voulait, ne reculant devant rien. C’est fascinant de jouer un tel personnage», raconte la jeune femme. Elle, en tout cas, s’y plonge avec délice, gourmandise et bonheur.

Les 27 juillet, 3 et 10 août, à 18h. Durée : 1h15. Tarifs : 6 et 3 pour les enfants de 6 à 12 ans. Gratuit pour les moins de 6 ans. Rens. au 03 22 96 95 76 ou sur www.valdesomme-tourisme.com

«Les fantômes du vendredi»

Créées il y a deux ans, ces animations construites autour de personnages atypiques du temps passé du Val de Somme, réapparaissent pour raconter leur histoire et celle de cette terre à travers les âges. La première animation mise en place l’a été autour de Messire Guntland, comte de Corbie au VIIe siècle. L’année suivante, un autre personnage est venu s’ajouter à ces visites, «Les fantômes du vendredi», soit le grognard de Vecquemont, vêtu de son uniforme de Vieille Garde de Napoléon Bonaparte. Manquait à cette galerie une femme. Anne de Pisseleu vient d’entrer dans cette ronde du passé cette année. «L’idée était de valoriser le patrimoine historique et de l’animer grâce à des personnages atypiques au travers d’une visite guidée théâtralisée, permettant de s’approprier l’histoire de ce territoire de façon plus ludique», explique Vincent Sicard de l’office de tourisme du Val de Somme. Pari réussi.

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