L'Action Agricole Picarde 16 mai 2019 à 06h00 | Par Propos recueillis par Alix Penichou

Assemblée générale de la CGB

La CGB Somme organisait son assemblée générale ce mercredi matin. Elle a convié Timothé Masson, en charge du suivi des marchés à la CGB, à faire le point sur la situation économique de la filière.

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Timothé Masson : «Nous devons conserver notre potentiel de production.»
Timothé Masson : «Nous devons conserver notre potentiel de production.» - © A. P.



Peut-on dire que la fin des quotas sucriers ont le même impact que celle des quotas laitiers ?

Toutes les deux ont été suivies d’une baisse des prix. Pourtant, les deux situations ne sont pas comparables. Un litre de lait sur 3,3 est produit dans l’UE. On peut donc dire que l’Europe laitière «fait» le marché mondial. A contrario, seul un morceau de sucre sur dix est produit en UE. L’Europe était à l’origine de 5 % des tonnages de sucre exportés lors du record 2017-2018. Elle subit en fait le marché mondial. Et celui-ci connaît une crise sans précédent : 290 €/t de sucre, c’est 25 % de moins que la moyenne dix ans. Ce qui signifie que la France est tout de même compétitive à long terme.

Comment expliquer cette crise mondiale ?
L’excédent 2017-2018 a été historique. Il provient notamment d’un effet «cycle indien» exacerbé. L’Inde a reçu des subventions publiques qui lui ont permis de produire 13 Mt de sucre en plus. Des plaintes ont d’ailleurs été déposées auprès de l’OMC. Cela a créé un excédent qui n’a pas été anticipé chez nous, notamment par les groupes, qui promettaient toujours des prix élevés aux planteurs. En 2019, en revanche, les surfaces ont diminué de 7 à 8 %. Cette crise doit nous permettre de tirer des leçons. La première est l’engagement : les groupes doivent demander aux betteraviers de planter la surface qui correspond à la demande du marché. Nous devons aussi absolument garder notre potentiel de production. Les chiffres prouvent bien que cette filière permet à tout le monde de gagner de l’argent en moyenne dix ans. C’est le message que nous faisons passer aux groupes qui ferment des sucreries.

A quoi peut-on s’attendre dans les prochains mois ?
Aujourd’hui, personne ne couvre ses coûts de production à l’échelle mondiale, donc personne n’investit. Les spéculateurs très présents sur le marché, continuent à anticiper la baisse des cours, et participent finalement à créer cette baisse. Pourtant, de nombreux phénomènes nous laissent présager un retour des prix à la hausse. La consommation mondiale devrait augmenter de 40 Mt d’ici dix à quinze ans. Paralèllement, la valeur du réal brésilien devrait augmenter et tirer les cours vers le haut. Idem pour les prix du pétrole, car lorsqu’ils sont en hausse, ceux de l’éthanol le sont aussi, et le Brésil, gros producteur, se met à faire plus d’éthanol que de sucre. Cet automne, on doit entrer dans une période déficitaire, qui doit permettre un rebond des cours. Le jour où les spéculateurs se rendront compte qu’on entre dans cette période déficitaire, il pourrait y avoir un rebond très fort…

- © AAP

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