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Bio : bien anticiper sa conversion

Ce jeudi se tenait un des cafés de la bio, qu’organisent les chambres d’agriculture de la région et Bio en Hauts-de-France. Première approche de la conversion.

Mélanger les espèces fait partie des solutions techniques en agriculture bio. Ici, un mélange pois fourrager et triticale.
Mélanger les espèces fait partie des solutions techniques en agriculture bio. Ici, un mélange pois fourrager et triticale.
© D. R.

«La bio est un état d’esprit. La conversion se prépare.» C’est ainsi qu’Emmanuel Decayeux, à la tête d’une exploitation de polyculture - élevage laitier à Hallencourt, introduisait le café de la bio, jeudi 19 avril. Organisés par la Chambre d’agriculture de la Somme et Bio en Hauts-de-France, ces rendez-vous sont, pour les agriculteurs, un premier pas dans la réflexion à la conversion.
Et le maître-mot est bien une bonne préparation, pour une conversion réussie. «La filière bio est attractive, puisque les prix sont rémunérateurs - comptez, par exemple, 455 /1 000 l de lait, 250 à 280 /t de céréales - et les débouchés sont nombreux et variés.» Mais la seule attirance par ces prix séduisants est rarement un signe de réussite. Car, se convertir au bio signifie un sacré chamboulement.
«Tout le système doit être repensé», explique Pierre Menu, de la Chambre d’agriculture de la Somme. Une des clés, pour les exploitations d’élevage, consiste en l’autonomie fourragère. Ce qui signifie donc d’augmenter les surfaces fourragères pour un même nombre de bêtes, ou de réduire le troupeau pour une même surface fourragère.
Pour les cultures, là encore, les techniques sont complètement revues. «C’est presque un autre métier», confie Emmanuel Decayeux. Interdiction de tout produit chimique oblige. Des solutions existent cependant pour nourrir le sol, et lutter contre les adventices et maladies : rotations pluriannuelles, compost d’engrais verts, désherbage mécanique, couverts végétaux, choix de variétés résistantes… «Cette fois, il faut intégrer le fait d’agir en préventif plutôt qu’en curatif. La surveillance est indispensable», insiste Pierre Menu.
La technique est donc l’élément le plus délicat. Car, du point de vue administratif, la conversion est relativement simple. «Il faut tout d’abord s’enregistrer sur le site de l’Agence bio, en indiquant la surface convertie, et à partir de quand. Un organisme certificateur viendra ensuite à la ferme», explique Déborah van Daële, chargée de projet à Bio en Hauts-de-France.
Deux choix s’offrent à l’agriculteur pour sa conversion. Le premier, la conversion simultanée, correspond mieux à l’élevage d’allaitantes. Deux ans après l’engagement des surfaces et des animaux, tout peut être valorisé en bio. Le deuxième, la conversion non simultanée, est plus appropriée aux laitières. L’engagement se fait d’abord pour les cultures, pendant un an. Au bout de douze mois, les animaux passent aussi dans le système bio. Les cultures sont considérées comme bio vingt-quatre mois après engagement, tandis que les vaches peuvent être valorisées lorsqu’elles ont vécu douze mois ou les trois quarts de leur vie en bio.

Des aides à plusieurs niveaux
Les aides à la conversion (Etat et Europe) sont à demander dans le dossier Pac. Les maximums possibles, par an, sont : 900 /ha pour le maraîchage et l’arboriculture, 450 /ha pour les légumes de plein champ, 300 /ha pour les cultures annuelles, 130 /ha pour les prairies permanentes et temporaires. Chaque parcelle bénéficie de cinq ans d’aides à la conversion. Pour l’obtenir, il faut transmettre à la DDT, avec le dossier, une attestation de début de conversion en cours de validité de l’OC avec les surfaces et cultures.
A ceci peut s’ajouter le crédit d’impôt, d’un montant forfaitaire de 2 500 , multiplié par le nombre d’associés (jusqu’à quatre associés). 40 % des recettes doivent provenir de l’activité bio. Pour cela, téléchargez le formulaire n° 2 079-BIO-SD sur www.impots.gouv.fr. Comptez aussi sur l’aide aux veaux bio, de race allaitante ou mixte, âgés de trois à huit mois, élevés au moins un mois et demi à la ferme, estimée à 35 par veau. La demande se fait dans le dossier Pac, via le formulaire n° 10 403*16 sur Télépac.
Les aides régionales sont aussi à citer. Le conseil régional prend en charge le coût de la certification à l’AB, totalement si 100 % bio ou en conversion, à moitié si ferme mixte. Le plafond est de 1 000  par ferme et par an. Il prend aussi en charge l’amélioration de la qualité des produits bio (15 à 40 %, plafond d’investissement de 100 000 ), l’installation et le maintien des agriculteurs (40 % maximum, plafond d’investissement de 100 000 ). Il existe enfin le Fonds régional d’aide au conseil (Frac) ; soit court, de moins de cinq jours (80 % plafonnés à 3 800 ), soit long, de plus de cinq jours (50 % plafonnés à 30 000 ).
Le PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) offre des aides aux investissements de matériel neuf. Par exemples : 100 000 HT pour les mises aux normes, 125 000   pour les bâtiments d’élevage, 40 000  pour les projets liés à la protection de l’eau, pour la performance énergétique, 30 000  pour l’amélioration des conditions de travail, pour la production d’herbe… Le dossier est à demander et à déposer en DDT.
Enfin, des aides sont accordées pour la mise en place des systèmes agroforestiers. Il s’agit d’une aide à la plantation, qui couvre 80 % des dépenses éligibles, pour 1 ha minimum, d’au moins trente tiges de la liste, et d’une densité de plantation entre 30 et 250 arbres. Formulaire à demander et à déposer en DDT. Les aides au maintien, elles, sont remises en cause par l’Etat à compter de cette année.

Plus d’informations : Point accueil bio : 03 21 60 58 00

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