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Biocontrôle : une demande présente pour un marché à développer

Dans la perspective du développement de pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, le biocontrôle est un marché porteur. Agriculteurs et consommateurs sont demandeurs.

La loi d’Avenir pour l’agriculture incite dès son article premier à encourager les pratiques innovantes, dont font partie les techniques de biocontrôle. Celles-ci reposent sur l’utilisation des interactions et mécanismes naturels à travers les macro-organismes (micro-guêpes par exemple) et les produits phytopharmaceutiques (micro-organismes, médiateurs chimiques, substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale).
Le marché du biocontrôle n’en est qu’à ses débuts. L’ambition est de passer de 5 % à 15 % de parts de marché dans le domaine de la protection des plantes d’ici à 2020. Au-delà de la définition, la loi d’Avenir donne à l’Anses les moyens d’accélérer la mise en marché de ces produits, et encourage la recherche et le développement.

Les agriculteurs prêts à se lancer
Selon une étude réalisée par InVivo, 75 % des agriculteurs se disent intéressés par les produits de biocontrôle. Première motivation invoquée : «parce qu’ils m’ont été recommandés par mon conseiller». Des conseillers qui s’avèrent à 89 % intéressés par ces produit, d’où l’intérêt de développer des formations spécifiques à leur encontre pour favoriser la diffusion des techniques de biocontrôle auprès des agriculteurs.
L’appétence pour les pratiques alternatives est encore plus forte lorsque l’on évoque auprès des 1100 sondés la question de la protection intégrée, qui recueille un avis favorable auprès de 88 % des agriculteurs et 92 % des conseillers.
Développant une marque, «Nouvelle agriculture», la coopérative Terrena reconnaît de son côté que le risque reste le premier frein au changement pour les agriculteurs. Une large majorité d'entre eux s’y implique toutefois, à des degrés divers : volonté de tester, dynamique d’appropriation, dynamique d’observation avant essai. Pour les accompagner, Terrena a mis en place la démarche «Sentinelles de la terre» avec des agriculteurs convaincus de l’efficacité de l’agriculture écologiquement intensive et prêts à tester de nouvelles techniques, soutenus par la coopérative dans la gestion des risques.

Les consommateurs prêts à suivre ?
La volonté des agriculteurs de travailler avec des produits de biocontrôle rencontre les souhaits des consommateurs français, qui placent l’alimentation en deuxième position de leurs sources d’inquiétude quant à la santé, explique Pascale Hebel, du Credoc. Le consommateur est-il pour autant prêt à payer un coût supplémentaire pour des produits issus d’une agriculture plus écologique ? Pas forcément, car au-delà de l’agriculture biologique qui bénéficie «d’un imaginaire très fort», note Pascale Hebel, «il est très difficile de faire passer des notions plus compliquées, par exemple celle d’agriculture raisonnée». Le développement du marché du biocontrôle ne pourra donc pas se passer de la recherche et développement pour améliorer encore davantage l’efficacité des solutions proposées.

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