L'Action Agricole Picarde 27 août 2018 à 06h00 | Par Actuagri

Blé et orge en baisse, record pour les pommes de terre

La note de conjoncture Agreste du ministère de l’Agriculture, sur la situation des grandes cultures au 1er août, apporte quelques modifications sensibles aux estimations de productions de juillet.

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Pois et féveroles n’ont pas souffert de baisse de rendement, bien au contraire, mais d’une diminution des surfaces de l’ordre de 11 %.
Pois et féveroles n’ont pas souffert de baisse de rendement, bien au contraire, mais d’une diminution des surfaces de l’ordre de 11 %. - © Alix Penichou

La production globale de céréales dans l’Hexagone pour l’actuelle campagne atteindrait, selon les experts du ministère de l’Agriculture, 64,83 millions de tonnes (Mt), soit 3,7 Mt de moins qu’en 2017. Le ministère de l’Agriculture a été amené à réviser en baisse (- 1 Mt) son chiffre de récolte 2018 de blé tendre, le situant maintenant à 35,1 Mt.
C’est un retrait de 4 % par rapport à l’an dernier et de 2 % sur la moyenne 2012/2016. Cet ajustement en baisse est dû à une révision des rendements de 2 qx/ha par rapport aux estimations de juillet, avec 71 qx, soit au niveau de la moyenne quinquennale. Agreste insiste sur la grande hétérogénéité des rendements, conséquence des conditions climatiques de fin juin (fortes chaleurs, orages).
Arvalis-Institut du végétal, soulignait récemment que le Sud de la France était particulièrement affecté par ces événements climatiques. C’est encore plus évident pour le blé dur, dont les régions traditionnelles du Sud de la France subissent en un an des baisses de 18,9 % en Midi-Pyrénées, 35,5 % en Languedoc-Roussillon et 37,4 % en Provence-Côte d’Azur. Seule la région Centre, la principale productrice, affiche une petite progression de 0,6 %, la moyenne nationale ressortant à 51,2 qx, quelque 6 qx de moins que l’an dernier. Avec 1,84 Mt, la récolte serait inférieure de 13,7 % à celle de l’an dernier, mais conserverait une avance de 3,5 % sur la moyenne quinquennale.
Comme pour le blé tendre, le ministère a dû revoir en nette baisse son estimation de juillet pour l’orge : 11,77 Mt contre 12,10 Mt. Comparativement à 2017/2018, la légère progression (+ 0,6 %) des rendements, à 64,3 qx/ha, ne compenserait pas la réduction des surfaces (- 4 %). La baisse de production est quasi générale, seules les régions Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine y échappent.
Le ministère de l’Agriculture formule sa première prévision de production de maïs grain, à 13,06 Mt (semences comprises), contre 14,49 Mt pour la dernière campagne. Cette baisse importante, de 9,8 % et de 11,2 % sur la moyenne quinquennale, est imputable à celle des rendements, annoncés pour l’instant en moyenne nationale à 90,3 qx/ha conte 101 qx l’an dernier, mais susceptibles d’être sensiblement révisés compte tenu de la canicule et de la sécheresse. Selon Agreste, la récolte pourrait reculer de 11 %. La première estimation de production de maïs fourrage porte sur 17,8 Mt,  soit -7 % par rapport à 2017.

Faible récolte de colza
La prévision de récolte de colza n’a pas été modifiée depuis la note de juillet, avec 4,6 Mt, soit un recul de 14,2 % sur 2017, et de 8,9 % sur la moyenne 2013/2017. L’augmentation des surfaces de près de 9 % n’aura pas permis de compenser une chute des rendements, dont la moyenne nationale est estimée à 30,2 qx/ha, soit une diminution de 8,1 qx sur la dernière campagne. A l’origine de cette chute de rendement figurent la météo défavorable et de nombreux problèmes sanitaires.
Pois et féveroles n’ont pas souffert de baisse de rendement, bien au contraire, mais d’une diminution des surfaces de l’ordre de 11 % (pour l’ensemble des protéagineux). L’estimation de récolte ressort à 190 000 t pour la féverole (baisse de 19 % sur la moyenne quinquennale) et à 705 000 t pour les pois qui, malgré un retrait de 8 % sur un an, maintiennent une avance de 17,7 % sur la moyenne 2013/2017.

Pommes de terre : vers une récolte record
Dans la note Agreste, la surface consacrée à la pomme de terre de conservation était relevée de 10 000 ha, à 155 000 ha. La note d’août revient à l’estimation initiale de 145 000 ha, mais émet une première prévision de production à 6,45 Mt, + 1,5 % sur l’abondante récolte de l’an dernier et de 14,4 % en moyenne quinquennale, établissant ainsi un record, malgré la baisse des rendements de quelque 3 % en un an. Toutefois, dans un récent communiqué, l’UNPT (Union des producteurs) rappelait que les conditions climatiques actuelles peuvent encore avoir un impact fort sur la végétation en culture, tant en matière de rendement que d’état sanitaire (Cf encadré). Le ministère prévoit également une forte augmentation de la production de pommes de terre de féculerie : + 12,6 % sur un an et + 23,8 % en moyenne quinquennale, avec 1,26 Mt. La superficie de culture betteravière est confirmée au très haut niveau de 484 000 ha, sans encore de prévision de rendement.

L’UNPT annonce des rendements historiquement bas

Dans un communiqué, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) a annoncé les premières tendances pour les rendements des pommes de terre en France, après avoir effectué des prélèvements dans les principales régions productrices. Malgré une augmentation des surfaces de 3,6 % en France, les prélèvements indiquent un rendement en baisse d’environ 7 % par rapport à la moyenne quinquennale, à date identique. Sur 240 parcelles, la moyenne des rendements de pommes de terre de conservation s’élève à 32 t/ha environ pour les semaines 31-32. Ce chiffre se situe «au niveau des années avec les rendements les plus faibles», indique l’UNPT. L’organisation estime que la production finale devrait se situer entre 5,2 et 5,7 millions de tonnes. Après les aléas climatiques du printemps, les plantations ont souffert de la canicule et de la sécheresse, les rendements sont très hétérogènes et l’UNPT note une différence marquée entre les parcelles irriguées et celles qui ne le sont pas. L’organisation s’inquiète que de nombreux producteurs ne puissent ainsi honorer leurs contrats et appelle au dialogue avec les acheteurs et clients finaux de la filière. Elle prévient aussi qu’elle n’acceptera «pas de braderies sur le marché du frais».

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