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Blé tendre : faut-il attendre le retour des pluies pour désherber chimiquement ?

Les conditions actuelles nécessitent d’adapter les stratégies de désherbage sur blé tendre.

De manière générale, avec une arrivée de pluies tardives, avoir à intervenir sur des adventices un peu développées risque d’être le scénario le plus probable.
De manière générale, avec une arrivée de pluies tardives, avoir à intervenir sur des adventices un peu développées risque d’être le scénario le plus probable.
© D. R.

On peut distinguer plusieurs situations. Tout d’abord, dans les parcelles semées début octobre avec une forte pression graminées (dont graminées résistantes), il est préférable de rester sur un programme avec, a minima, une application à l’automne (prélevée ou post-levée), voire deux passages d’automne prélevée, puis post-levée. Même si la prélevée a été effectuée en conditions sèches, et qu’elle risque d’être décevante en termes d’efficacité, elle permet tout de même de gagner quelques points précieux dans ces situations. L’année prochaine, il faudra penser à décaler la date de semis des parcelles les plus infestées.
Ensuite, dans les parcelles semées tôt, mais avec une faible pression en adventices, si la prélevée n’a pas été appliquée, il faut attendre, dans l’idéal, le retour des pluies pour intervenir. Dans ces situations, décaler l’intervention pour bénéficier des meilleures conditions climatiques est pertinent, mais il faut mesurer le risque par rapport à la perte potentielle d’efficacité sur adventices plus développées. Une autre solution envisageable (en dehors des cas de populations résistantes aux inhibiteurs de l’ALS et de l’ACCase) est de renforcer le programme avec un anti-graminée foliaire de type clodinafop (Clodinastar, Brocar ou Daiko) ou fenoxaprop (Fenova Super, par exemple). Cela permet de s’affranchir, en partie, des mauvaises conditions d’efficacité des herbicides racinaires.
Enfin, pour les parcelles semées plus tardivement, les interventions prévues à l’automne gardent leur sens, si elles sont appliquées en bonnes conditions.
De manière générale, avec une arrivée de pluies tardives, avoir à intervenir sur des adventices un peu développées risque d’être le scénario le plus probable. En conséquence, un rattrapage en sortie d’hiver sera nécessaire. Pour cette seconde application, il sera judicieux de saisir toutes opportunités climatiques avant la sortie de l’hiver pour intervenir au cours du mois de janvier, par exemple.

Désherbage mécanique
Si les conditions sèches peuvent mettre en difficulté l’efficacité des interventions chimiques sur céréales, elles sont, en revanche, particulièrement favorables à la bonne efficacité du désherbage mécanique. Trois outils sont couramment utilisés : la herse étrille, la houe rotative et la bineuse.
La herse étrille et la houe rotative positionnées en plein peuvent être qualifiées d’outils préventifs, car elles sont efficaces sur adventices très jeunes (stade fil blanc). Ce sont les deux outils à mobiliser aujourd’hui. Notons que cet usage est largement développé en agriculture biologique.
Quant à la bineuse, elle est à utiliser sur des adventices plus développées et nécessite sur céréales un système de guidage de précision adapté pour un passage réservé en inter-rangs.
L’objectif du désherbage mécanique reste le même que la lutte chimique : détruire les adventices levées pour éviter la concurrence avec la culture. Cependant, les conditions de passage sont différentes. Le sol ne doit pas être trop humide en surface lors du passage de l’outil, et les pluies doivent être nulles ou très faibles les quatre jours suivants. Le nombre de jours favorables au désherbage mécanique d’automne est, en général, faible en Hauts-de-France, mais 2018 y fait largement exception (cf. tableau).
Pour les interventions positionnées en post-levée, les adventices doivent être jeunes et les céréales à 3 feuilles. Toutefois, la vigilance reste de mise pour les parcelles qui présentent des levées hétérogènes. Un passage sur des céréales jeunes peut s’avérer dommageable pour la culture.
Cette année, l’équipe régionale met en place un essai désherbage mixte (mécanique et chimique) à Villers-le-Sec, dans l’Aisne. Dans ce protocole, différentes stratégies comprenant de zéro à plusieurs passages de herse étrille Treffler sont croisées avec différents programmes herbicides d’automne. Le semis a été effectué le 9 octobre en conditions sèches et le premier passage de herse étrille le 15 octobre, avec des conditions toujours sèches. A suivre…

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