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Ça caquette, ça glapit, ça roucoule à Picquigny ce week-end

Poules, lapins et pigeons de toutes races seront à découvrir au Salon de la basse cour, à Picquigny, ces 22 et 23 février. Parmi eux, les plus beaux spécimens de Jean-Pierre Boucher, passionné depuis toujours.

Jean-Pierre Boucher est heureux lorsqu’il s’occupe de ses bêtes. Derrière sa coquette maison d’Orival, hameau d’Hornoy-le-Bourg, les plumages multicolores rendent sa basse cour exceptionnelle. Ses plus beaux spécimens, issus de races de plus en plus rares, seront d’ailleurs à découvrir au Salon de la basse cour, à Picquigny, qu’organise l’Association des aviculteurs amateurs de Picardie ce week-end.
En tout, trois-cents animaux seront exposés : volailles, lapins et pigeons, de toute la région et de Normandie. Sept-cents visiteurs s’y étaient précipités il y a trois ans, pour la première organisation à Picquigny (le salon se tenait à Dreuil-lès-Amiens auparavant). Et les organisateurs comptent bien attirer de nouveau la foule.

Un rex dalmatien champion d’Europe
«J’ai participé à mon premier salon en 1966, confie Jean-Pierre Boucher. Depuis, j’en fais plusieurs par an.» L’ambiance franchouillarde qui y règne l’attire autant que sa passion pour ses animaux. Parmi ses cent-cinquante bêtes, des wyandottes argentées à liseré bleu, des poules originaires des États-Unis, qui doivent leur nom à la tribu indienne des Hurons-Wendat, des padoues, des poules fameuses pour leur grande huppe, des pigeons paons blancs, qui déploient fièrement leur queue de trente à quarante plumes en forme d’éventail, ou encore des pigeons cauchois, maillés roses, maillés jaunes et maillés rouges. L’éleveur chouchoute aussi ses lapins, des rex dalmatiens, multicolores et noirs et blancs. Leur fourrure, exceptionnellement douce au toucher, est comme du velours ! «Un de mes lapins a été sacré champion d’Europe, à Metz, en 2015, annonce-t-il fièrement. Un beau souvenir.»
Jean-Pierre réitèrera peut-être un exploit de ce genre cette année, au Salon international de l’agriculture, à Paris. Wyandottes, pigeons paons et lapins rex dalmatiens seront du voyage. Ceux-ci sont observés à la loupe chaque jour, car faire le choix du plus bel animal à exposer n’est pas à prendre à la légère. «Il faut avoir l’œil pour repérer lequel entre le plus dans le standard de la race.» Celui de Jean-Pierre est expérimenté. En un regard, il sait dire si l’animal est un bon ou non. «Une belle wyandotte, par exemple, doit avoir une crête qui épouse la forme du crâne, des plumes pas trop blanches, avec des dessins fins, et l’ensemble tête-queue doit former un V…»

Un intérêt décroissant pour ces races
Les races qu’il élève, attiraient les acheteurs autrefois. «Avant un salon, je cachais les deux ou trois plus belles bêtes pour qu’on ne me les achète pas», se souvient-il.  Les ventes lui permettaient d’acheter la nourriture et de compenser les frais engendrés par les expositions (3 E par animal, en sachant que Jean-Pierre amène au minimum vingt sujets à chaque fois, plus les frais de déplacement). «Aujourd’hui, je ne vois plus personne ! Dans dix ans, vous verrez, il n’y aura même plus d’exposition», se désole-t-il, pessimiste.
Lui voit cet intérêt pour l’élevage de volailles d’ornement et autres animaux de basse cour diminuer, même au sein de sa famille. «Je trainais mes enfants dans les salons dès qu’ils ont commencé à marcher», rit-il. Un fils a d’ailleurs attrapé le virus de son père. Il est l’heureux propriétaire, entre autres, d’un trio de poules gauloises, dont le coq doré est le symbole de la France. Mais les petits-enfants ne semblent pas perdurer l’activité. «Il faut dire que ça prend du temps (3 h d’entretien chaque jour pour Jean-Pierre, ndlr), de la place, et que c’est coûteux», avoue-t-il. L’Association des aviculteurs amateurs de Picardie compte aussi de moins en moins de membres. «Nous sommes une quarantaine, alors que nous étions cent-vingt à une époque. Et la moyenne d’âge est de plus en plus élevée.» Avec la disparition des éleveurs, celle des races se fait sentir. L’exposition de Picquigny fera peut-être naître des vocations chez de jeunes motivés ?

Infos pratiques

Salon de la basse cour les 22 et 23 février
Salle de l’Abîme, à Picquigny
Prix d’entrée : 2,50 €, gratuit pour les enfants de moins de douze ans.
Horaires : de 9 à 12 h et de 14 à 18 h le samedi, et de 9 à 12 h et de 14 à 17 h le dimanche

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