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Calculer tous les coûts d’activité de votre exploitation

Coût de production, coût de revient, prix de revient, point d’équilibre financier : les comprendre pour gérer pertinemment son exploitation.

Le calcul des coûts de production devient une nécessité au vu du contexte agricole actuel.
Le calcul des coûts de production devient une nécessité au vu du contexte agricole actuel.
© Stéphane Leitenberger


Tous ces coûts, prix de revient ou d’équilibre financier, présentent de nombreux intérêts. Ces calculs ont chacun une définition bien précise et n’incluent pas les mêmes critères de calcul. Tout d’abord, ils sont des outils de pilotage pour connaître ou mieux connaître son entreprise, et mesurer le poids de chaque activité sur l’exploitation.
Calculer et maîtriser les coûts de revient de ses différents ateliers de production et/ou de ses cultures est nécessaire pour déterminer son seuil de rentabilité (point mort), mais aussi pour quantifier ses marges de progrès, adapter ses modes de production et anticiper les choix stratégiques de l’entreprise.
Il s’agit d’un exercice fondamental pour se positionner sur les marchés (achat et vente), dans un contexte de forte volatilité. Enfin, la réforme de la Pac bouleverse les repères de rentabilité. Connaître ses coûts de revient est donc un outil essentiel pour appréhender la baisse des primes Pac dans les meilleures conditions.

Coût de production
Celui-ci correspond à l’ensemble des charges réelles, c’est-à-dire les charges proportionnelles et les charges de structure mises en œuvre pour produire. Ces charges issues de la comptabilité comprennent les amortissements et les frais financiers. Il correspond au seuil de charges à couvrir. Mais, à ce stade, l’exploitant n’est pas rémunéré.

Coût de revient
Il est, quant à lui, égal au coût de production auquel sont ajoutées les charges supplétives. Celles-ci représentent la rémunération des facteurs de production, à savoir, le travail de l’exploitant et de sa famille, la rémunération du capital immobilisé dans l’exploitation, et le foncier en propriété pour les exploitants en individuel.

Prix de revient
Il correspond au coût de revient duquel on déduit les primes Pac et les autres produits affectés sur l’activité (cf. schéma ci-dessous). Les autres produits intègrent le produit viande (atelier lait), le remboursement d’assurance sur cultures, les ventes de pulpes, les aides couplées et, enfin, les produits accessoires (soulte d’entraide, travaux de prestation pour le compte de tiers, locations de matériel ou d’installations…).

Equilibre financier
Le point ou prix d’équilibre financier tient compte d’une approche financière. Il s’agit du prix minimum de vente permettant de dégager un produit suffisant pour couvrir l’ensemble des dépenses courantes telles que les charges proportionnelles, les charges de structure hors amortissements et frais financiers, le paiement des annuités des emprunts, les frais financiers à court terme, les besoins privés dont le paiement des emprunts contractés à titre personnel.
La difficulté pour le calcul de ces coûts réside dans l’affectation des charges de structure ou charges fixes en présence de plusieurs ateliers. La ventilation des charges peut se faire de différentes manières : au prorata du temps passé par atelier, voire par culture, au prorata du chiffre d’affaires généré par atelier, au prorata de la marge générée par atelier, au prorata de la surface (cultures de vente/cultures fourragères) ou encore au réel en reprenant chaque facture.
Les calculs de coût de production, de coût de revient, de prix de revient et de point d’équilibre financier relèvent de données propres à chaque exploitation, qui varient à chaque campagne. Il est donc nécessaire de les actualiser annuellement. Tous ces coûts présentent des notions bien distinctes, mais dont la connaissance est indispensable.
Le calcul du prix d’équilibre financier peut sembler plus adapté lorsque l’on est en présence de reprise de parts de société et/ou d’autofinancement. En effet, le calcul des coûts de production et des coûts de revient n’intègrent pas ces critères. Le but est de pouvoir anticiper ces différents coûts en fonction des évolutions au cours de la campagne. Pour cela, il faut recenser les charges proportionnelles de l’année et les ajuster au besoin en cours de campagne. Pour définir les charges de structure, il est nécessaire de s’appuyer, au préalable, sur la campagne N-1, de choisir la clé de répartition la plus adaptée et d’ajuster au besoin les données en cours de campagne.
Les documents analytiques et comptables N-1 sont des sources de données importantes. Les charges de structure peuvent être reprises en l’état (considérées stables) ou corrigées et adaptées (MSA, amortissements, intérêts financiers sur emprunts, annuités…).
Pour avoir des repères et une vision objective, des échanges avec votre conseiller d’entreprise sont essentiels. Ils vous permettront aussi de prendre du recul face à vos coûts et de mener des réflexions de fond sur l’organisation de l’exploitation, le poids des intrants, les investissements, la politique de commercialisation, l’optimisation du potentiel de l’outil de travail et, plus globalement, sur la stratégie future de l’exploitation.

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