L'Action Agricole Picarde 06 décembre 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Calipso : comment optimiser les prix dans un contexte difficile ?

La Coopérative agricole du littoral Picardie Somme a tenu son assemblée générale le 30 novembre, à Abbeville.

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Le binôme David Favier (premier plan) - Hubert Bray (en coulisses) prendra fin en juillet 2018, puisque le premier, 
directeur de Calipso, prendra sa retraite en 2018.
Le binôme David Favier (premier plan) - Hubert Bray (en coulisses) prendra fin en juillet 2018, puisque le premier, directeur de Calipso, prendra sa retraite en 2018. - © © F. G.


Si les fortes pluies du printemps ont impacté la production française des céréales tant en quantités qu’en qualités, la zone maritime a été mieux lotie, même si elle n’a pas été non plus épargnée. La collecte globale s’est élevée à 151 097 t en 2016 contre 214 498 t en 2015, soit une baisse de 29,95 %. Néanmoins, ce recul est moindre qu’à l’échelle départementale, soit - 39,6 %, mais bien au-dessus des résultats européens en recul seulement de 10 %.

Problème : à l’échelle mondiale, la récolte a été pléthorique, particulièrement en Russie, aux Etats-Unis et à l’Australie. Traduction : les stocks sont en hausse pour la quatrième année consécutive (+ 18 Mt) par rapport à l’année précédente.
En termes de rendements moyens, le blé récolté par Calipso est de 67 à 68 qx/ha alors qu’il est à 59 qx/h à l’échelle départementale. Quant au poids spécifique (PS), il s’élève en moyenne à 72 kg/hl alors qu’il est autour de 70 kg/hl pour le département. La collecte totale est de 117 731 t. En orge (27 221 collectés), la coopérative enregistre des résultats quasi similaires à l’année précédente, avec des rendements moyens à hauteur de 66 à 67 qx/ha contre 61 qx/ha pour la moyenne départementale. En revanche, que ce soit pour les PS (inférieurs à 57 kg/hl, avec des extrêmes de 52 à 53 kg/hl) ou les teneurs en protéines trop élevées sur les orges brassicoles, «les qualités sont catastrophiques. Bref, un cru catastrophique», commente le président de Calipso, Hubert Bray.
Autres baisses : les approvisionnements, avec un chiffre d’affaires de 27,4 M€ contre 30,6 M€ en 2015-2016, soit une baisse de 10,68 %. La mauvaise récolte aura eu un impact négatif sur l’anticipation des achats des engrais et des semences (diminution des ventes d’hybrides notamment), les deux postes les plus impactés, avec un recul des ventes de 7,42 % pour le premier et 11,14 % pour le second.

Un marché déroutant
Pour le blé, inutile d’espérer des envolées de prix sur le marché français, malgré des disponibilités restreintes sur le marché national. Jusqu’en octobre 2016, le prix ne dépassait pas 170 €/t rendu port. Traduction : l’activité export sera très modérée toute l’année. «Les très faibles qualités n’ont pas permis de vendre de manière significative sur le portuaire, et notre activité s’est faite essentiellement sur le marché français et nord communautaire», explique David Favier, directeur de Calipso. Mais «l’équilibre des bilans n’impose cependant que 4,5 à 5 Mt à exporter sur pays tiers contre 11,5 Mt en 2015», ajoute Hubert Bray.
Côté orge, les exportations sont en berne sur la campagne 2016-2017, affichant 2,3 Mt contre 5,6 Mt pour la campagne 2015-2016, du fait d’une production dégradée en qualité et d’une excellente récolte australienne. Bonne nouvelle : des utilisations par les fabricants français d’aliments sont en hausse. «L’orge a donc gagné en compétitivité dans les rations animales et la consommation a suivi, permettant de limiter le stock final», ajoute-t-il. Face à ce contexte, la coopérative a appliqué la segmentation des lots pour optimiser les prix et améliorer ainsi le prix moyen de quelques euros par tonne.

Les mesures d’accompagnement
Comme lors de la campagne précédente, la coopérative n’est pas restée sans agir en prenant plusieurs mesures d’accompagnement. Pour la campagne 2016, elle a réduit les frais de réfaction pour PS sur orge de moitié, ce qui représente environ 100 000 € (soit un complément de prix indirect de 3,65 €). De plus, comme l’an passé, elle a exonéré les livraisons de blé de frais de séchage jusqu’à 16,5 % d’humidité. Pour ce qui est de la moisson 2017, la mesure d’exonération de frais de séchage jusqu’à 16,5 % d’humidité a été reconduite.
En termes d’engagements de campagne, la prime de 10 € est maintenue. Pour la récolte 2016, ce sont 473 engagements pour le blé qui ont été pris pour 13 920 ha au prix moyen et 735 ha au prix ferme, 206 ha pour l’orge. 3 371 ha pour l’orge d’hiver et 1 407 ha pour le colza. Pour la campagne 2017, les engagements sont à hauteur de 452, soit un total de 19 175 ha, toutes cultures confondues. A noter, une baisse des surfaces liées au développement d’autres cultures telles que la betterave, la pomme de terre et le lin. «Le développement de ces cultures représente environ 1 000 ha de collecte en moins», indique Hubert Bray. Une fois cela dit, la coopérative a décidé de poursuivre son évolution par la conduite de projets et d’investissements.

Investissements
Certes, les investissements majeurs de la campagne 2015-2016 ne seront pas répétés pour le prochain exercice, juste différés. Et pour cause. Le chiffre d’affaires de la coopérative est de 50 M€, soit un recul par rapport à l’exercice précédent de 29 %. Les investissements programmés ont porté sur les incontournables : achat de matériels roulants, machine de triage, cuves de solution azotée, vidéo-protection, aménagements des sites de Crécy et de Friaucourt.
Sera aussi au programme de cet exercice, ou du suivant, la restructuration du site de Saint-Riquier avec la construction d’un bâtiment à l’emplacement de l’ancienne gare et la mise en place d’un second pont bascule.
Mais le grand projet sera celui du site de Translay, qui sera agrandi pour faire du stockage de grains, avec des cellules de 2 500 à 3 000 t, ainsi que du stockage d’engrais et de l’allotage. Le conseil d’administration de la coopérative a acté le principe d’une première étape avec la construction d’une première tranche de deux fois 3 000 t avec une fosse de réception, une tour de travail, des boisseaux… Aller de l’avant reste le leitmotiv de cette coopérative créée en 2008.

Récolte 2016, valorisation finale des différents produits
Blés engagement sécuritaire 164,50
Blés 153,07
Escourgeon 127,74
Orgettes 124,00
Etincel 133,97
Sébastian 170,00
Seigle 130,00
Colzas 370,00
Féveroles animales 140,00
Maïs 143,00
Avoine blanche 130,00
Pois 215,00

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