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Canal Seine Nord Europe
«Le dialogue compétitif et le projet de canal ne sont pas suspendus»

Le ministre délégué aux transports veut obtenir des financements européens.

Selon Frédéric Cuvillier (à gauche au côté d’Alain Gest), «le montant actuel des subventions européennes (330 millions d’euros) n’est pas soutenable et ne permet pas de garantir le financement de l’infrastructure».
Selon Frédéric Cuvillier (à gauche au côté d’Alain Gest), «le montant actuel des subventions européennes (330 millions d’euros) n’est pas soutenable et ne permet pas de garantir le financement de l’infrastructure».
© Droit réservé

Le Canal Seine Nord Europe n’est pas encore enterré, ce­pendant le chantier va prendre du retard par rapport au calendrier initial. «Le dialogue compétitif et le projet ne sont pas suspendus ; ni par l’État, ni par Voies Navigables de France (VNF)», a affirmé Frédéric Cu­villier à l’issue d’un comité de coordination du projet, qui s’est tenu le 3 septembre dernier au siège de VNF à Béthune (62). Le ministre délégué aux transports a tenu ainsi à réagir «aux déclarations inopportunes» du PDG du grou­pe Bouygues (l’un des deux candidats en lice pour la construction du canal dans le cadre d’un partenariat-public-privé). Le ministre a néanmoins admis la nécessité de trouver «de nouvelles pistes de financement».

Obtenir le «maximum» de Bruxelles
«Aujourd’hui, celui-ci n’est pas encore arrêté, a-t-il expliqué. Il nous faut obtenir des sources de financement complémentaires pour la viabilité du projet». Frédéric Cuvillier s’est notamment montré sceptique sur la capacité des partenaires privés à mobiliser des fonds auprès des banques et des marchés financiers. Aussi, c’est de Bruxelles que ce dernier attend un (gros) coup de pouce afin de relancer le dossier. «L’Union européenne met 6,22 % du coût de l’aménagement (330 millions d’euros). C’est peu, pour un grand projet d’infrastructure européenne, a souligné le mi­nistre délégué aux transports. D’autant que l’effort des collectivités territoriales et de l’État est conséquent. Ces efforts doivent être accompagnés d’un acte fort de la part de l’Europe : tant au niveau des subventions qu’au niveau des instruments permettant un fi­nancement supplémentaire, com­­me les project bonds*». Il souhaite obtenir «le maximum» : «Les pistes sont en train de se construire pour un atterrissage dans les semaines à venir».

«Le projet n’a pas été sous-évalué»
De son côté, Alain Gest a re­connu «qu’il y aura du retard à cause d’éléments nouveaux liés au contexte financier actuel». Le 30 août, le gouvernement a commandé un rapport sur la faisabilité du projet. D’après le président de VNF : «Les conclusions devraient être connues début 2013 et les offres des partenaires privés devraient suivre rapidement». Ce dernier a également insisté sur le fait que l’établissement public «n’a pas sous-estimé le projet au départ». «Le coût de réalisation du canal avait été évalué en septembre 2009 à 4,3 milliards d’euros, a-t-il précisé. Aujourd’hui, avec l’inflation, on l’estime à 4,6 milliards». Et d’ajouter : «Seulement, le coût d’emprunt est plus élevé aujourd’hui. C’est la raison pour la­quelle, en janvier dernier, j’avais déjà demandé au gouvernement d’obtenir plus de l’Europe ; d’autant que Bruxelles considère Seine Nord comme l’un des 5 grands projets de transport européens».

«Les loyers font peur à Bercy»
Selon Alain Gest, une augmentation substantielle des subsides européens permettrait de ré­duire d’autant la part du partenaire privé, et donc de rendre plus supportables les loyers qui lui seront versés par l’État pour la gestion du canal. «C’est le montant des loyers qui fait peur à Bercy», a-t-il lancé. À terme, la contribution actuelle de l’État (900 millions d’euros) s’élèverait ainsi au double. Pourtant, pour le président de VNF, «il faut aller au bout de ce projet qui apparaît fondamental sur le plan national et international». Et de poursuivre : «Si ces dernières semaines, le bruit de fond était celui des hostiles (au projet), j’ai le sentiment qu’aujourd’hui le discours est différent. Le mi­nistre a parfaitement intégré qu’on pouvait faire de ce canal une réussite, tout en faisant en sorte que cela coûte moins cher à l’État».

*Décidés lors du sommet européen de juillet, ces fonds levés par les États membres de la zone euro auprès des marchés, devraient permettre de financer des projets pour stimuler la croissance et l’emploi.

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