Aller au contenu principal

Charolaise : «son prix se casse la figure»

Mercredi 11 mai avait lieu l’assemblée générale de l’association Charolaise Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Interview de son président reconduit, Olivier Parcy.

Olivier Parcy : «La vente directe, c’est compliqué, il faut du temps, mais c’est très intéressant financièrement.»
Olivier Parcy : «La vente directe, c’est compliqué, il faut du temps, mais c’est très intéressant financièrement.»
© AAP


La Charolaise est-elle la race toujours la plus représentée dans la région ?
Selon les chiffres de 2014, elle représentait environ 45 % de la viande bovine à égalité avec la Blonde d’Aquitaine, mais cette dernière est en train de gagner du terrain, car les éleveurs obtiennent plus de gains en rendement carcasse, soit quatre à cinq points de plus que la Charolaise. La Blonde d’Aquitaine a une finesse d’os plus importante, et donc, il y a moins de déchets. Aussi dans un contexte de prix de plus en plus difficile en bovins viande, nombreux sont les éleveurs à réfléchir sur la pertinence à continuer à faire de la Charolaise. Pourtant, c’est une vache facile à élever, très rustique et sa viande est très peu grasse et tendre.

Outre cette question de rendement carcasse, y-a-t-il d’autres raisons qui expliquent la baisse des prix ?
Depuis trois mois, son prix de commercialisation se casse la figure, la perte allant de 25 à 30 centimes du kilo de carcasse. L’autre problème que nous rencontrons actuellement, c’est que la Charolaise de réforme est très difficile à valoriser. Cela résulte du fait qu’il y a aujourd’hui beaucoup de vaches laitières qui sont réformées, suite à la crise que traverse l’élevage. Beaucoup d’éleveurs arrêtant, leurs vaches engorgent le marché. Du coup, le prix de la Charolaise est encore plus plombé. Pour vendre une bête, cela peut prendre des semaines.

Dans ce contexte, qu’est-ce qui peut être fait pour sortir de cette impasse ?
Il nous faut travailler sur l’orientation de la race charolaise. La Charolaise a toujours été développée avec une grosse ossature. Or, le marché a évolué dans ses demandes, et les industriels également. La Blonde d’Aquitaine est bien plus dans les critères actuels que la Charolaise. Pour sortir de cette impasse, il y a tout un travail génétique à faire, mais, force est de constater que nous avons pris beaucoup de retard et que pour certains éleveurs, cela risque d’être trop tard.

En attendant que la génétique réponde aux critères demandés par le marché, quelles sont les autres options sur lesquelles les éleveurs peuvent agir ?
La vente directe est, à l’évidence, une solution. C’est compliqué, il faut du temps, mais c’est très intéressant financièrement. Cela nécessite aussi tout une organisation pour les livraisons et une chambre froide pour stocker les colis.

Se pose du coup la question de l’abattage. Où en êtes-vous sur le dossier du micro-abattoir ?
Nous en sommes au stade de l’enquête auprès des éleveurs, qui permettra de définir leurs besoins précis et le tonnage que nous pourrons réunir. En quinze jours d’enquête, nous avons récupéré entre 65 et 70 tonnes de viande. Cela évolue donc dans le bon sens, mais il ne faut pas lâcher le travail de terrain entrepris.
Une fois l’enquête terminée, nous élaborerons les appels d’offres. Nous venons de rencontrer les établissements Petit, à Montdidier, qui se montrent intéressés par la démarche. Une réflexion a été engagée avec eux autour d’un partenariat éventuel. Mais quel que soit le partenariat établi, on garde le cadre fixé pour notre projet avec les appels d’offres.

Quelles sont vos relations avec le Herbook charolais ?
C’est assez compliqué, car nous sommes hors de la zone du bassin allaitant. De fait, on a toujours l’impression d’être la cinquième roue du carrosse. On souhaiterait qu’ils nous appuient beaucoup plus et qu’ils nous orientent dans nos élevages, mais ils ne le font pas. On ne les voit sur nos exploitations que lors de l’inscription des animaux et de la levée des cotisations. On voudrait aussi que la race charolaise fasse l’objet d’une promotion plus importante.

Quels sont les projets 2016 de l’association ?
Nous organisons le concours régional à Terres en fête, à Arras. Nous avons, pour l’heure, une cinquantaine d’éleveurs inscrits. Nous participerons, comme les années antérieures, à la Foire d’Abbeville, ainsi qu’à Plaine en fête. On aimerait bien relancer des portes ouvertes, mais il faut reconnaître que cela n’a pas très bien marché en 2015. Enfin, nous organiserons deux ventes de reproducteurs charolais. La première sera à Airaines, le 20 novembre prochain, la seconde au lycée agricole de Radinghem le 25 novembre.

Le nouveau bureau

- Président : Olivier Parcy

- Vice-président du Pas-de-Calais : Emmanuel Dilly
- Vice-président de l’Oise : Charly Houpin
- Trésorier : Josselin Pecoul
- Secrétaire : Philippe Verlingue

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Un duo père/fille de la Baie de Somme, en lice pour le titre en prairies naturelles

Benoît et Diane Maquigny, gérants de l’exploitation Beaumer, à Woignarue, en Baie de Somme, sont finalistes du Concours…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

À Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy lauréat des prairies agroécologiques

Éleveur de charolaises à Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy est le lauréat national des pratiques agro-écologiques - prairies…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde