L'Action Agricole Picarde 31 juillet 2020 à 06h00 | Par Vincent Fermon

Chasse : sur le littoral picard, une reprise au goût salé

Les quelque 140 adhérents de l’association de chasse sur le domaine public maritime (ACDPM) du littoral picard sud se préparent à pratiquer leur loisir favori à partir du 1er août. Pas tous en même temps, ni avec la même motivation.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Au siège de l’ACDPM Littoral picard sud, des bénévoles dont le président Logan Laurent assurent des permanences pour répondre aux questions des chasseurs  et délivrer la carte leur permettant de chasser sur le dom © V. F. La chasse au hutteau peut se pratiquer du coucher au lever du soleil dans  une installation de type «cercueil» ou hutteau assis ou couché à ciel fermé. © ACDPM Littoral picard sud Le domaine public maritime permet de chasser à la passée ou à la botte de nombreuses espèces de limicoles ou de canards. © ACDPM Littoral picard sud Le domaine public maritime permet de chasser à la passée ou à la botte de nombreuses espèces de limicoles ou de canards. © ACDPM Littoral picard sud



D’habitude, quelques jours avant l’ouverture de la chasse au gibier d’eau sur le domaine public maritime, c’est l’effervescence au siège de l’ACDPM Littoral picard sud, à Ault. Mais cette année, la saison 2020 qui débutera le 1er août pour les chasseurs maritimes s’annonce particulière. Un effet de la pandémie de Covid-19 ?
Pour Logan Laurent, le président de l’association locale, cela ne fait malheureusement aucun doute : «Le retour des adhérents est timide pour l’instant. Beaucoup attendent la dernière minute pour renouveler leur adhésion et se décider à chasser. Nous avons des chasseurs très motivés, mais on en voit aussi certains qui hésitent avec la peur d’un reconfinement.» Puis le président de l’association précise : «La semaine qui précède l’ouverture, nous tenons une permanence tous les soirs, de 17h à 19h.»
En attendant de voir «leurs» chasseurs venir à eux pour renouveler leur adhésion, Logan et d’autres membres du bureau de l’association en profitent pour échanger sur leurs espoirs pour cette nouvelle saison et des dernières actualités concernant la chasse. Ailleurs, dans le département, armuriers, commerces de proximité ou artisans sont aussi les relais de l’association. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les «locaux» ne sont pas les seuls à vouloir venir chasser sur le DPM picard : «On a quelques chasseurs qui viennent de l’intérieur des terres et qui font un peu de route pour venir, raconte le président de l’ACDPM Littoral picard sud. On essaie aussi de capter des chasseurs des départements voisins et, en particulier, de Seine-Maritime, pour la proximité géographique. Et puis nous en avons quelques-uns qui ont des résidences secondaires dans le secteur.»

Royaume des limicoles
Le terrain de jeu des chasseurs de l’ACDPM Littoral picard sud s’étend sur une longueur de 22 kilomètres, entre Mers-les-Bains et la pointe du Hourdel avec, entre les deux, une réserve où la chasse est interdite entre le Bois de Cise et Ault. Pour Logan Laurent, «c’est un territoire assez diversifié puisque l’on peut aussi bien chasser au pied des falaises que sur le sable, sur des galets ou le long d’un cordon dunaire».
Côté espèces, le trait de côte picard est le royaume des limicoles – huitriers pie, chevalier gambette, bécasseau maubèche -, mais aussi du canard, en particulier plongeur. Le prix relativement modeste de la carte annuelle ne suffit pas seulement à expliquer le succès rencontré par l’association. Pour peu que l’on soit passionné de gibier d’eau, chasser sur le DPM est une expérience unique qui permet de découvrir différentes pratiques : à la botte avec ou sans chien, du lever au coucher du soleil ; à la passée tout en restant assis, deux heures avant le lever du soleil et deux heures après le coucher, ou encore au hutteau, à condition d’en être équipé et de s’acquitter d’un droit supplémentaire. Sur le territoire de l’ADCPM, une vingtaine d’irréductibles chasseurs pratiquent ce mode de chasse qui demande quand même une sacrée dose de courage... Pour les chasseurs dont c’est la première année, des conditions particulièrement avantageuses sont offertes.

Une cohabitation facile
Si le panorama qui s’offre au chasseur du DPM est à couper le souffle, ce dernier sait aussi qu’il doit de temps à autre le partager avec d’autres, dont les touristes, en nombre sur la côte picarde : «On ne va pas dire que le tourisme est un problème, mais c’est une réalité. Pour le stationnement des oiseaux, c’est perturbant, mais la cohabitation entre chasseurs et les autres publics se passe quand même bien», constate le président de l’ACDPM Littoral picard sud. «Il nous arrive même de répondre aux questions et de faire de la pédagogie», sourit-il. Durant la période estivale, plusieurs zones sont exclues de la zone de chasse, soit intégralement, soit en fonction de créneaux horaires définis. Quelle que soit la période de l’année, l’ACDPM fait en sorte de défendre son utilité, ses spécificités et sa place dans le paysage. Pas étonnant donc de la retrouver parmi les participants réguliers à l’opération «Hauts-de-France Propres». «Tous les ans, nous organisons un ramassage de déchets sur notre territoire, en y invitant d’autres associations, indique Logan Laurent. C’est un bon moyen d’échanger et de répondre aux questions, même si ce n’est pas le but premier».

Pédagogie, découverte et science
Au sein de l’association, le recensement des prélèvements de chaque chasseur est aussi quelque chose de sérieux et d’organisé. Une habitude avec laquelle on ne transige pas : «Nous avons les retours de prélèvements depuis 1986. Ce sont des données précieuses !» se félicite le président de de l’ACDM Littoral picard sud. Le recueil de ces données est autant quantitatif que qualitatif : «C’est bien de savoir combien d’oiseaux nous tuons chaque année, cela permet de comparer d’une année sur l’autre. Mais nous sommes attentifs aux types d’oiseaux que nous prélevons.» L’association participe ainsi activement à des ateliers de lecture d’ailes lorsqu’il s’agit d’anatidés et fournis des oiseaux entiers qui serviront à la conduite d’études plus poussées lorsqu’il s’agit de limicoles. C’est Anthony Dubois, «un vrai mordu», dixit Logan Laurent, qui est l’administrateur référent de l’association pour la participation aux études scientifiques. «Au travers des études, on essaie de mieux comprendre les oiseaux. Le but est aussi de faire perdurer nos traditions et notre mode de vie.» La chasse comme mode de vie, le mot est lâché, et une folle envie de transmettre. Au sein du bureau de l’association, chasseurs novices et plus anciens sont ainsi représentés : «C’était une volonté d’un ancien président qu’on a souhaité poursuivre, explique Logan. Quant aux qualités requises pour chasser sur le DPM, elles seraient, selon lui, finalement assez simples : «C’est sûr, si on sait siffler, on est le roi du pétrole, mais c’est une chasse accessible. Avec une moindre expérience pour reconnaître les oiseaux, on peut quand même se faire plaisir. La principale qualité, c’est la patience. Le migrateur, on le chasse quand il est là.»

L’ACDPM Littoral picard sud est sur le web https://www.acdpmlittoralpicardsud.fr et le réseau social Facebook via la page ACDPM Littoral picard sud.


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Action Agricole Picarde se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui