L'Action Agricole Picarde 16 janvier 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Chimie du végétal : le Biogis Center en chantier

La première pierre de la halle technologique de l’institut pour la transition énergétique Pivert a été posée le 13 janvier à Venette (60).

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Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, pose symboliquement la première pierre du Biogis Center à Venette. Il est accompagné notamment par Louis Gallois, commissaire général à l’investissement, Philippe Marini, sénateur maire de Compiègne et président de l’Arc, Claude Gewerc, président du Conseil régional, et Xavier Beulin, président de Sofiprotéol.
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, pose symboliquement la première pierre du Biogis Center à Venette. Il est accompagné notamment par Louis Gallois, commissaire général à l’investissement, Philippe Marini, sénateur maire de Compiègne et président de l’Arc, Claude Gewerc, président du Conseil régional, et Xavier Beulin, président de Sofiprotéol. - © AAP


Le premier centre européen, à vocation mondiale, de recherche, d’innovation d’expérimentation dans la chimie du végétal à base de biomasse oléagineuse s’installe près de Compiègne, sur le site où est déjà présent un acteur important de la filière, Sofiprotéol. L’Institut de transition énergétique baptisé Pivert (Picardie innovations végétations, enseignement et recher­che technologiques), prototype de la raffinerie du végétal utilisant les ressources agricoles et forestières de la région, réunit déjà plus de 150 chercheurs.
La première pierre de Biogis Center, la halle technologique de cet institut et centre de développement et de démonstration de la bioraffinerie oléagineuse, a été posée symboliquement ce 13 janvier. L’enjeu est d’élaborer des débouchés pérennes aux productions agricoles, tout en se donnant les moyens de les transformer sur place, en valorisant toutes les composantes de la plante pour des applications dans tous les domaines possible.

Chantier en cours
La venue sur le site du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, montre l’intérêt du gouvernement vis-à-vis de ce projet. Cet intérêt était déjà marqué par la contribution de l’Etat (64 M €) dans le cadre du grand emprunt de 2010, et le ministre a rappelé l’importance stratégique de l’industrie chimique, qui est en amont de nombreuses activités économiques. «La France est une grande nation de la chimie, depuis Lavoisier», disait-il en citant sa seconde place européenne en productions chimiques, et la septième au niveau mondial.
Pivert sera «un des piliers de l’industrie chimique de la France», avec l’avantage de travailler des molécules à partir de nos produits agricoles, alors qu’avant, on travaillait le plus souvent sur des produits pétroliers que l’on importait.
Les travaux de construction du Biogis Center ont débuté, et cette halle technologique devrait être opérationnelle à la fin de l’été 2014. La bioraffinerie oléagineuse du futur se concrétise peu à peu. Déjà, lors de cet après-midi, la visite des laboratoires Novance a illustré ce que la recherche a permis en créant de multiples produits qui sont des dérivés des huiles végétales ou de leurs co-produits.
«Le projet initial est né de la volonté de l’agro-industriel Sofiprotéol de créer un outil structurant pour valoriser la biomasse oléagineuse, en particulier celle issue des cultures du tournesol et du colza (très présent en Picardie), afin d’en tirer des produits chimiques renouvelables destinés à de multiples applications : alimentation, santé, cosmétique, matériaux de construction, etc.» a rappelé le président du Conseil régional Claude Gewerc.

Alliances croisées
Pivert réunit un grand nombre d’acteurs : des entreprises, dont Sofiprotéol et Tereos, des universités et le pôle IAR.
Cette rencontre sur le site de a permis de faire le point sur «la nouvelle France industrielle» et un point d’étape sur la chimie verte et les biocarburants. Sur ce point, Xavier Beulin, président de la Fnsea et de Sofiprotéol, a rappelé l’intérêt des biocarburants de première génération, qui ont permis de préparer ceux de la ou des générations suivantes. Il a noté l’engagement du président de la République pour le développement des biocarburants.
Il a aussi tenu à souligner l’implication de l’agriculture dans ces projets innovants, et qu’il n’y a pas de concurrence des débouchés entre l’alimentaire et le non-alimentaire des produits agricoles : il y a complémentarité et il évoquait la filière Diester, qui résulte de la transformation de graines oléagineuses dont le co-produit, les tourteaux, ont permis de réduire la dépendance de la France en protéines.
Ce projet Pivert est le résultat d’alliances croisées : celles de l’agriculture avec la chimie, celles de l’agriculture avec les industries d’aval, celles des partenaires, qui viennent à parité du public et du privé. Cela permet d’être ambitieux et de voir l’avenir de la bioraffinerie des oléagineux avec beaucoup d’optimisme.

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