L'Action Agricole Picarde 07 février 2018 à 01h00 | Par Florence Guilhem

Cobevial : nouveaux segments de marchés à développer

Cobevial organisait, le 7 février dernier, une journée production porcine avec ses adhérents. Le point sur ses activités et l’actualité de la filière.

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De gauche à droite : Eric Bettens, directeur de Cobevial, et Hervé Drouvin, président de la coopérative.
De gauche à droite : Eric Bettens, directeur de Cobevial, et Hervé Drouvin, président de la coopérative. - © F. G.


Après l’important développement de l’activité porcine de Cobevial en deux ans, suite à une commercialisation de porcs passant de 260 000 bêtes par an à 380 000 en 2017, l’heure est venue pour la coopérative de stabiliser son activité et, bien sûr, ses débouchés. Et ce d’autant avec une baisse de la consommation porcine dans l’Union européenne, une chute de la demande chinoise à compter de juillet 2017 et les incidences de la reprise du pôle «Charcuterie-salaisons» de la holding Turenne Lafayette par Cooperl. Incidence forte puisque Bigard n’a pas souhaité continuer à vendre ses jambons à Cooperl alors que Turenne Lafayette était son plus gros client pour l’activité charcuterie-salaison.

Aussi si «beaucoup d’indicateurs étaient au vert en 2017, ils peuvent passer à l’orange, voire au rouge en 2018», précise Eric Bettens, directeur de Cobevial. Parmi ses voyants orange ou rouge : la poussée du flexitarisme entraînant une baisse de la consommation, la forte concurrence de l’Espagne sur le marché de l’export et intérieur, le poids des Etats-Unis sur le marché asiatique, l’adaptation aux nouvelles attentes sociétales, la recherche de nouveaux clients, etc.

Segmenter pour garder les clients
L’abattoir Saint-Pol-sur-Ternoise représente 61 % de l’activité de commercialisation de Cobevial. Mais si l’activité est solide, la livraison de bêtes peut osciller d’une semaine à l’autre de 4 500 à 5 000, «ce qui représente un gros delta», indique Simon Balzer, technicien porc à Cobevial. Et «il sera de plus en plus compliqué de faire du porc standard (VPF : viande porcine française)», ajoute-t-il.
Ce segment VPF représentait en 2017, en termes de volumes, 150 000 bêtes par an, soit 39,5 % du volume toutes filières confondues. Quant au segment EQC (engagement qualité Carrefour), soit 27 % du volume (102 404 bêtes) en 2017, toutes filières confondues, «il ne progresse plus en volume», précise Eric Bettens. La filière est, en fait, arrivée à maturité. Pour le segment Porcilin, soit du porc nourri au lin, et commercialisé avec Auchan, il enregistre une légère reprise, après une baisse en 2016. «Sur ce segment, il nous manque des porcs sur paille pour pouvoir avoir une image de haut de gamme», relève Eric Bettens. Enfin, une stabilité est enregistrée pour le segment porc du Haut Pays (PHP), autour de 17 500 bêtes par an, après une chute des volumes en 2016 (17 978 bêtes) par rapport à 2015 (19 598 bêtes).
L’avenir se jouera donc sur des segments répondant aux attentes sociétales et à celles des clients. Parmi celles-ci : le porc d’antan (PAP), qui a doublé ses ventes, les filières tracées avec les Salaisons du terroir (29 000 bêtes en 2017), le porc tri et le bio. Mais, pour ce dernier segment, bien que le marché se développe et la demande des clients croît, «on craint que la production s’envole par rapport à la demande, d’autant avec de gros projets d’élevages bio prévus en Bretagne», indique Eric Bettens.
Autre segment intéressant, proposé par Herta, le porc préférence dans la Somme. Un nouveau marché facile à atteindre pour les producteurs, car «c’est un VPF amélioré», dixit le technicien porc. Dans tous les cas, «il va falloir y aller, et même répondre de manière urgente, si on veut garder des parts de marché, d’autant qu’Herta démarche dans la France entière», insiste Hervé Drouvin, président de Cobevial. «On est vraiment sur une demande sociétale incontournable, plutôt orientée sur le bien-être animal. Si on ne veut pas que d’autres prennent la place et si l’on veut sécuriser les débouchés, il faut aller vers la segmentation», conclut sur ce sujet, Eric Bettens. Autre piste : la production de porcs sans antibiotiques. «On a des éleveurs ici capables de le faire», ajoute-t-il.
Enfin, l’export ne doit pas non plus être négligé, d’autant qu’il est «nécessaire pour pouvoir écrêter la production au vu des demandes françaises pas toujours régulières», souligne Hervé Drouvin. Les gros clients de Cobevial, hors région, sont la Socopa Evron (31 315 bêtes) et Orléans viandes (17 660 bêtes). A l’export, les volumes représentent un peu plus de 18 000 bêtes. Tous confondus, le total hors région et export, soit 70 115 bêtes, représentent 18,5 % de la commercialisation totale des volumes.

Soutien aux éleveurs
Hors de ces questions de segmentation, de consolidation des parts de marchés existantes et du développement de l’export, l’objectif de Cobevial est de poursuivre l’accompagnement des éleveurs. Pour ce faire, la coopérative poursuit sa politique de redistribution avec des compléments de prix et le partage de dividendes (cf. ci-dessous), sa caisse de sécurisation, et le financement du cheptel à 0 % sur les trois premières années.
Enfin, cette année, la coopérative a décidé de relancer les groupes de progrès pour que les éleveurs ne s’isolent pas et progressent sur le plan technique.

Cobevial : chiffres clés 2017

130 : nombre d’adhérents, dont 69 % issus du Nord et du Pas-de-Calais, 29 % de Picardie et 2 % de Seine-Maritime

232 121 : volumes Bigard (filières VPF, EQC et Porcilin)

74 725 : volumes toutes filières chevilles

379 509 : volume total de porcs commercialisés

Répartition des abattages : 61 % Bigard, 20 % chevilles, 19 % hors région

50 599 t : volume des coproduits porcs, soit - 13,7 % par rapport à 2016

1 € par porc : complément prix

30 % : taux de redistribution des dividendes

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