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Collectifs d’agriculteurs en transition agro-écologique

L’État, la Région Hauts-de-France, la chambre régionale d’agriculture et les Agences de l’eau ont organisé, le 13 février, une rencontre sur les projets collectifs de transitions agroécologiques en Hauts-de-France, au Lycée agricole de la Thiérache à Fontaine-les-Vervins (02).

Une carte interactive permet de situer sur le territoire régional les collectifs d’agriculteurs engagés dans la transition écologique.
Une carte interactive permet de situer sur le territoire régional les collectifs d’agriculteurs engagés dans la transition écologique.
© Chambre d’agriculture des Hauts-de-France



L’objectif de cette journée était de faire un panorama des dispositifs d’aide pour accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique, un état des lieux mis en relief par des retours d’expériences. Ses mesures peuvent prendre la forme d’un accompagnement, des aides à l’investissement ou, encore, de soutiens aux revenus. Selon Luc Maurer, directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, «il s’agit d’accompagner tous les agriculteurs à combiner performances économiques et transition agroécologique».

Intégrer un collectif, oui, mais lequel ?
Les agriculteurs et animateurs venus présenter leur projet, ont largement soulevé l’intérêt du collectif pour partager les expériences, notamment par la possibilité d’avoir des réponses pragmatiques et adaptées aux problématiques du terrain. Faire partie d’un groupe permet aussi de partager la prise de risque, et de ne pas se sentir seul dans sa démarche, tout en restant maître de son projet.
Dans l’état des lieux des outils à disposition du collectif, la première forme est le Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE). Il s’agit d’un collectif d’agriculteurs qui s’engagent dans un projet pluriannuel de modifications de pratiques. Cet outil comporte une approche systémique forte et l’ambition de repenser l’ensemble du système d’exploitation. Dans la région, des GIEE existent sur les thématiques de la réduction d’intrants, la conservation des sols (semi direct), la gestion sanitaire de troupeau, la certification environnementale, la méthanisation...
Le second outil est le groupe «30 000» - Ecophyto. Cette appellation vient de l’objectif du ministère de l’Agriculture d’avoir 30 000 exploitations engagées en France dans ce dispositif d’ici 2025. Le groupe 30 000 vise à diffuser largement les pratiques innovantes économes en produits phytosanitaires et économiquement performantes déjà éprouvés ; notamment par les fermes Dephy. Ces groupes peuvent, par exemple, porter sur l’agriculture de conservation en cultures industriels…
Enfin, présenté comme l’outil historique de cette démarche - créé en 2010 -, les fermes du réseau Dephy - Ecophyto ont vocation à développer, mutualiser et diffuser les expériences réussies de systèmes de culture réduisant fortement l’usage des produits phytosanitaires ; comme par exemple la gestion de la pression adventice.

Un outil interactif pour les situer
Les collectifs naissants ont la possibilité d’être accompagnés pendant un an afin de construire leur projet avant de s’engager dans l’un ou l’autre des dispositifs. Ce sont les collectifs émergents.
A l’échelle de la région Hauts-de-France, on recense quelque huit cents exploitations comme faisant partie de collectifs d’agriculteurs en transition agro-écologique. La Chambre régionale d’agriculture a présenté un outil cartographique interactif permettant d’avoir des informations sur les groupes existants.
Vous pouvez y accéder à partir du site https://hautsdefrance.chambres-agriculture.fr/
recherche-innovations/agroecologie/



La Région Hauts-de-France prépare son plan pour l’agroécologie

Quelques jours après avoir participé à la rencontre sur les projets collectifs de transitions agroécologiques en Hauts-de-France et avant de se rendre au salon international de l’agriculture, la Région Hauts-de-France a évoqué, lors d’une conférence de presse (lire en page 10) de sa vice-présidente en charge de l’agriculture, son projet de plan pour l’agroécologie. «Contrairement à l’État qui punit les agriculteurs, nous voulons démontrer qu’il faut prendre la question des changements de pratiques à la racine, a ainsi défendu Marie-Sophie Lesne. Les agriculteurs ne sont pas coupables de leurs pratiques et il faut pour cela les aider à en changer. Nous allons aider là où l’État montre du doigt.» La réponse du conseil régional des Hauts-de-France est la mise en place d’un plan pour l’agroécologie ; lequel devrait être adopté en séance plénière «en juin prochain». Ce plan serait actuellement «en discussion» et sera «co-construit» avec les Chambres d’agriculture, a dit Mme Lesne. Et d’ajouter : «Les agriculteurs ne sont pas opposés au changement à partir du moment que ce changement s’accompagnera d’une rentabilité économique.»
Pour l’heure, les initiatives mises en œuvre seraient timorées et insuffisantes, selon la vice-présidente du conseil régional. «L’État est trop timide. On doit pouvoir s’adresser à tout le monde. Les GIEE, les groupes 30 000 sont des outils sympas, mais ils ne permettent pas la massification dont on a besoin. Si on ne se donne pas suffisamment de moyens, dans dix ans, on sera toujours à parler d’agroécologie comme on le fait aujourd’hui et on n’avancera pas.»
Le futur plan régional contiendrait la réalisation «systématique» d’un diagnostic agroécologique pour chaque exploitation agricole, la mise en place d’un fonds carbone, un guichet unique pour bénéficier de conseils «comme cela se fait en agriculture biologique», l’organisation d’assises de l’agroécologie ou, encore, l’appui à la plateforme «Agricultures du futur» de manière à en faire «un centre de ressources pour l’agroécologie». Présenté au vote de l’assemblée régionale en juin, «il sera mis en place dans la foulée», espère Marie-Sophie Lesne ; autrement dit, à partir de l’automne 2020.V. F.

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