L'Action Agricole Picarde 12 mars 2019 à 06h00 | Par Pierre-Louis Berger

Comment choisir les essences de ses haies ?

Planter des haies peut répondre à plusieurs objectifs pour l’agriculteur : récupération du bois, biodiversité, brise-vent. Il doit bien réfléchir aux essences choisies avant de s’engager.

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Il faut adapter les essences à la station et au sol de l’exploitation. 
Il faut adapter les essences à la station et au sol de l’exploitation.  - © © Pierre Louis Berger



«Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à faire appel à nos services au sein de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Ils veulent planter des haies dans leur exploitation pour des motifs différents. Les objectifs peuvent varier :
récupération du bois, créer un rôle de brise-vent ou favoriser la biodiversité en créant un lieu de refuge, d’abri et d’alimentation pour de nombreux auxiliaires des cultures et pollinisateurs», indique Clélia Saubion, conseillère forêt, agroforesterie et trufficulture à la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
«On estime qu’une haie avec des essences diversifiées va attirer plusieurs cortèges d’auxiliaires. Une bonne stratification de la haie, étages du bas, moyen et haut, va servir de refuge pour la faune auxiliaire même en hiver.» Une fois l’objectif recherché par l’exploitant défini, celui-ci doit bien réfléchir aux essences choisies avant de s’engager dans la plantation d’une haie.
Le système racinaire des arbres de la haie constitue un frein au ruissellement et à l’érosion des sols. «Si on plante les arbres de la haie après la culture, les arbres ou les arbustes vont chercher l’eau plus profondément dans le sol», ajoute la conseillère. Cette dernière recommande d’adapter les essences à la station et au sol de l’exploitation.
Il faut en effet tenir compte des effets de la pente, du gel, de couloir et du vent. On procède, au préalable, à une étude du sol rapide (création d’une fosse). On peut, par exemple, faire un travail préparatoire du sol, de mai à septembre, et procéder à un paillage du sol. Il faut arroser les jeunes plants et choisir des essences vigoureuses qui sont adaptées aux conditions locales méditerranéennes. «A terme, on vise l’indépendance de la haie vis-à-vis de l’eau», ajoute Clélia Saubion.
Selon une étude de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, certaines essences (cornouiller sanguin) favorisent l’installation de certains auxiliaires très utiles (coccinelles, auxiliaires utiles en protection des cultures). La Chambre d’agriculture de la Loire a édité un guide technique «les auxiliaires et l’arboriculture, arbres et arbustes au service de la biodiversité» (mai 2012). Près des vergers, la conseillère proscrit les essences qui sont de la même famille (exemple pour les pommiers, éviter les essences les rosacées car risques de transmission de maladies).

Le choix d’essences naturelles
Pour le comptage des auxiliaires, Clélia Saubion fait appel à des organismes ou des entreprises spécialisés, à l’Inra ou à des bureaux d’études. Installé en 2006 dans la Drôme dans une ferme familiale, Sébastien Blache de la ferme du Grand Laval, à Fauconnière, a fait le choix de réintroduire la biodiversité dans l’exploitation (polyculture élevage).
Il a fait appel à une pépinière forestière pour planter des essences naturelles locales. Il portait un projet agroécologique. «Le système racinaire des arbres de la haie constitue un frein au ruissellement et à l’érosion des sols. Pour le choix des essences, nous avons utilisé des rejets d’arbres et privilégié le bouturage sur des sureaux. Nous avons planté 3 à 4 km de haie naturelle sur 10 ha tout autour de la ferme pour lutter contre le vent, le dessèchement des sols et privilégier la biodiversité tant au niveau des insectes que des oiseaux. Nous avons installé une centaine de nichoirs de manière disséminée dans l’exploitation. Depuis 2006 jusqu’à aujourd’hui, nous plantons régulièrement des essences naturelles. Certaines de nos haies ont 4 m de haut. Nous avons constaté un retour de la biodiversité dans l’exploitation, des insectes et des oiseaux que nous n’avons pas mesuré scientifiquement.»

 

Des formations complémentaires

Avec cinq à six ans de recul, Clélia Saubion propose des diagnostics et des formations dans le cadre de Vivea sur la haie. Elle propose deux formations sur la haie : les enjeux de la haie, comment planter, comment choisir ses essences en fonction du sol ? Une seconde formation est centrée sur l’entretien de la haie (taille, gestion). Le dispositif baptisé «Biodiv’eau» coordonné par la Chambre d’agriculture de l’Hérault avec le partenariat du CEN du Languedoc Roussillon (conservatoire) et le soutien financier du Conseil départemental de l’Hérault, assure l’accompagnement technique et financier pour les agriculteurs intéressés à planter une haie, à créer une mare, à développer la biodiversité dans leur exploitation. Ce dispositif est géré à la Chambre d’agriculture de l’Hérault par Séverine Henin.

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