L'Action Agricole Picarde 13 juillet 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Comment répondre aux besoins de main-d’œuvre en agriculture ?

Le Service de remplacement de la Somme s’est réuni, le 6 juillet dernier, pour constituer un groupement d’employeurs de la Somme.

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Le groupement d’employeurs recrute le salarié et le met à disposition de l’entreprise adhérente.
Le groupement d’employeurs recrute le salarié et le met à disposition de l’entreprise adhérente. - © Stéphane Leitenberger

La Somme ne manque pas d’atouts en agriculture avec ses terres, ses sols, son savoir-faire technique et ses hommes. Mais, si elle possède tout cela, les exploitants sont souvent confrontés à un problème de main-d’œuvre salariée, qui fait souvent défaut quand le besoin se fait sentir. Si le Service de remplacement de la Somme offre des alternatives en cas d’accident, de maladie ou de congés maternité, sa vocation est avant tout sociale (ses statuts lui imposent 80 % de son action dans le champ social, ndlr). Quid de besoins purement économiques ?
C’est donc pour remédier à cette limite que le service de remplacement, en collaboration avec la chambre d’agriculture, la FDSEA 80 et JA 80 et Groupama Paris Val de Loire, qu’elle a décidé de créer un groupement d’employeurs dans le département. «Depuis des années se pose la question de l’emploi en agriculture, plus particulièrement celle de la valorisation des emplois agricoles, ainsi que celle d’une réponse adaptée aux besoins de main-d’œuvre des exploitations. En tant qu’organisations professionnelles agricoles, nous nous sommes demandé ce que nous pouvions proposer en termes de main-d’œuvre, quelle que soit la qualification des salariés. La réponse que nous avons trouvée est celle de la main-d’œuvre partagée. Or, la structure la plus adaptée pour y parvenir est un groupement d’employeurs», précise Emile Forest, président du Service de remplacement de la Somme.

Fonctionnement
Association loi 1901, le groupement d’employeurs de la Somme a pour mission de recruter du personnel pour le mettre à disposition en temps partagé auprès des adhérents. Les structures adhérentes se partagent ainsi le temps de travail des salariés du groupement, adossé au service de remplacement.
Qui peut adhérer  ? Les exploitants agricoles, les entreprises de travaux agricoles, les coopératives, les Cuma et les collectivités locales. L’adhésion a été fixée à 50 Ä pour 2017. En termes de statuts, le groupement s’est inspiré de ceux du groupement d’employeurs dans le Nord, créé en 1998, eux-mêmes calqués sur ceux du national.
Le groupement d’employeurs offre la possibilité de mutualiser les besoins de compétences, de faciliter la gestion de l’emploi, de fidéliser les salariés et de mettre de la main-d’œuvre qualifiée à disposition. Autres atouts : une souplesse d’organisation et aucune démarche administrative. Le recours au groupement se fait dans les cas de partage à temps partiel de salariés qualifiés, de travaux saisonniers, de surcroît d’activité, d’anticipation des recrutements ou encore de stabilisation de l’emploi. Pour ce faire, rien de plus simple. Il suffit de contacter le Service de remplacement de la Somme, auquel est adossé le groupement d’employeurs. Les travaux ciblés, pour le moment, sont la conduite de matériel agricole, de production, de mécanique de base, d’électricité de base en bâtiment, de maçonnerie, etc. Chemin faisant, la liste des travaux s’étoffera.
Concrètement, le groupement recrute le salarié et le met à disposition de l’entreprise adhérente. L’opération de prêt de main-d’œuvre ne se traduit par aucun profit. Cela signifie que la facturation de l’opération couvre exclusivement les salaires versés, les charges sociales afférentes, les frais professionnels éventuellement remboursés à l’intéressé et les frais supplémentaires liés à la gestion administrative, qui doivent correspondre à un coût réel et justifiable (cf. tableau). L’organisation du temps travail s’établit, quant à elle, entre le groupement d’employeurs, le salarié et le demandeur, «même si, in fine, seul le GIE peut valider l’emploi du temps», précise Emile Forest. Ainsi, par exemple, un salarié peut travailler deux jours chez un exploitant et trois jours chez un autre. Autres scénarios : le salarié peut travailler le matin chez l’un et l’après-midi chez l’autre, ou encore l’été chez l’un et l’hiver chez l’autre. Reste que «mettre en adéquation l’offre et la demande est compliquée. D’où la nécessité pour nous d’identifier précisément les besoins de main-d’œuvre», reconnaît le président.

Identifier les besoins
Pour y parvenir, le Service de remplacement de la Somme, en collaboration avec la Chambre d’agriculture de la Somme et le GIEQ 3A (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification agricole et agro-alimentaire), a lancé en avril dernier une enquête auprès de 650 agriculteurs sur les territoires de Péronne et d’Albert, là où des besoins de main-d’œuvre sont de plus en plus cruciaux. L’objectif ? Etablir un état des lieux précis sur les besoins de main-d’œuvre dans le secteur agricole et construire des réponses appropriées à ses besoins. L’étape suivante sera des visites sur les exploitations réalisées par le GIEQ 3A pour dresser un bilan complet des besoins en main-d’œuvre permanente et saisonnière, au travers d’entretiens.
«S’associer au GIEQ 3A était intéressant pour nous en raison du volet insertion, car les salariés qui entreront dans le dispositif seront une partie du temps sur l’exploitation, et l’autre partie du temps en formation. Le GIEQ 3A assurera la formation et le groupement d’employeurs s’occupera, lui, du partage de la main-d’œuvre dans les exploitations. De la sorte, les salariés auront des compétences renforcées sur différents domaines. De quoi répondre aux demandes des exploitants», explique Antoine Roisin, de la Chambre d’agriculture de la Somme. De quoi aussi «garder de la valeur ajoutée sur le territoire et faire face aux besoins de main-d’œuvre auprès des exploitations qui se diversifient de plus en plus dans leurs activités», commente Daniel Roguet, président de la Chambre d’agriculture de la Somme. Mais pour que tout ça marche, «il faut faire vivre et faire connaître le groupement d’employeurs nouvellement créé», rappelle-t-il.

 


- © AAP

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