Aller au contenu principal

Congrès de la CGB : réflexion sur la gestion des risques

Les outils de gestion des risques étaient au cœur des débats du congrès de la CGB, le 6 décembre, alors que la fin des quotas en 2017 marque le début d’une nouvelle ère.

Jean Cordier, Jean-Loïc Bégué-Turon, Yves Madre, Franck Sander, Daniel Mercier-Gouin, Ricardo Ramon I Sumoy (Commission européenne) lors du congrès de la CGB.
Jean Cordier, Jean-Loïc Bégué-Turon, Yves Madre, Franck Sander, Daniel Mercier-Gouin, Ricardo Ramon I Sumoy (Commission européenne) lors du congrès de la CGB.
© AAP


Face à l’instabilité croissante des marchés et à la volatilité marquée des cours du sucre, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a réfléchi aux outils de gestion de risque à mettre en place, notamment dans le cadre de la Pac post-2020, lors de son congrès annuel, le 6 décembre, à Paris. Premier constat : les aides directes doivent être maintenues. Elles constituent même, pour Yves Madre, directeur de Farm Europe, «la juste rémunération de ce que la société demande aux agriculteurs». Mais «elles n’ont jamais été cons­truites pour faire de la gestion de risque», précise Jean Cordier, professeur d’économie rurale à AgroCampus Ouest.
Il faut donc les compléter, entre autres, par les marchés à terme : le système est désormais incontournable pour le colza et le blé, et la filière sucre présente «des similitudes» avec ces filières, estime Jean-Loïc Bégué-Turon, responsable clients matières premières chez Caceis (groupe Crédit Agricole). Avec quelques nuances tout de même : les betteraviers s’engagent à produire plus longtemps à l’avance, ils livrent sans pouvoir stocker et souvent à un seul sucrier, ce qui fait que le prix moyen reste encore d’actualité. «Pour que cela fonctionne, il faut que toute la filière en ait envie», explique Jean-Loïc Bégué-Turon. Cependant, cet outil permet de gérer la volatilité à court terme et doit nécessairement être complété par d’autres.

Comment stabiliser les revenus
La Commission européenne, dans le cadre du règlement omnibus (révision à mi-parcours du cadre financier 2014-2020), avance de nouvelles propositions, notamment un instrument de stabilisation du revenu ciblé, une diminution du seuil d’activation de 30 % à 20 %. Le président de la CGB, Eric Lainé, s’est dit «favorable à une telle évolution». Les betteraviers aimeraient, en revanche, qu’il soit indexé non pas sur le revenu du seul agriculteur, mais sur des indices, et mis en place rapidement, avant 2018.
La CGB souhaite également revoir la dotation pour aléas, plus souple sur le délai, et les conditions de réintégration, avec une déduction en fonction du chiffre d’affaires. Daniel Mercier-Gouin, de l’Université de Laval (Québec), a présenté l’approche canadienne, bien différente. Dans certaines provinces, le taux d’agriculteurs assurés atteint 75 %, à des niveaux de couverture très élevés (70 ou 80 %), car l’Etat n’indemnise pas les non assurés en cas de mauvaise récolte.
Pour Jean Cordier, «il faut atteindre ce genre de taux pour que l’assurance fonctionne». Franck Sander, président de la Commission économie de la CGB, estime, de son côté, que l’assurance ne doit pas être obligatoire, mais «accessible», avec un taux de déclenchement ramené à 20 % au lieu des 30 % actuels. «Chacun doit pouvoir y accéder au moins une fois dans sa carrière. Or, ce n’est pas le cas avec un taux de 30 %, malgré l’année catastrophique que nous venons de vivre», commente-t-il.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

Rima Hassan insulte Laurent Duplomb
PPL Duplomb : une députée LFI préfère l’insulte au débat

La proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb sur la réautorisation de certains produits phytosanitaires ravive un débat…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde