L'Action Agricole Picarde 15 juin 2018 à 06h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Coop de France appelle à des filières plus efficaces en Hauts-de-France

Les coopératives picardes ont tenu leur assemblée générale à Senlis, le 11 juin dernier. L’occasion de rappeler les actions menées et les services proposés aux structures adhérantes à Coop de France Hauts-de-France.

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Catherine Stein, directrice, Bertrand Magnien, président de Coop de France Hauts-de-France, Hans Dekkers, président de l’Ucac et éleveur dans l’Oise, Anne Wagner, directrice recherche et développement de Téréos. © © D. L.-C.  © © D. L.-C.

Bertrand Magnien, le président, listait les principaux événements dans lesquels s’est impliquée la structure régionale. D’abord, début 2017, un séminaire pour bâtir une feuille de route commune ; ensuite, la participation au congrès des Jeunes agriculteurs à Dunkerque et à Terres de Jim à Margny-lès-Compiègne et, enfin, l’implication dans les Etats généraux de l’alimentation, que ce soit au niveau national dans les différents ateliers, ou au niveau des réunions organisées en région. Autre point marquant de l’année : la Fédération nationale des coopératives laitières a rejoint Coop de France.
Un inventaire des différents services proposés par Coop de France Hauts-de-France à ses coopératives adhérentes était dressé. Le service agro-environnement assure un accompagnement sur les sujets techniques et réglementaires : programme d’actions régional nitrates, Certiphyto, CEPP, produits phytosanitaires… Des réunions d’échanges sont proposées deux fois par an, qui rencontrent un franc succès, car elles sont l’occasion de faire le point et d’échanger sur les pratiques des uns et des autres. Des formations sont régulièrement organisées, dont une sur le tassement des sols avec AgroTransfert. Un club RSE (responsabilité sociétale des entreprises) a été créé, qui se réunira pour la première fois le 9 juillet prochain et qui doit accompagner les coopératives dans leurs démarches visant à formaliser les pratiques qu’elles ont déjà mises en place afin de répondre aux attentes sociétales et d’avoir accès aux marchés.
Le service risques industriels est très actif en Hauts-de-France, puisque vingt structures le consultent régulièrement. Il s’agit d’assurer des conseils, d’organiser des formations et de suivre les dossiers techniques, c’est-à-dire d’intervenir pour la certification des entreprises. Les deux techniciens sont mis à disposition des coopératives adhérentes pour répondre aux besoins réglementaires, aux problématiques métiers spécifiques et un travail avec l’échelon national se fait sur les évolutions réglementaires. Les dossiers installations classées présentés par les coopératives correspondent souvent à la refonte d’outils existants plutôt qu’à la création de nouvelles installations. De plus, des groupes de travail ont été créés autour de la désinsectisation des silos, de la sécurité et autour des nouvelles normes de certification 45001 (santé et sécurité des travailleurs). Un club conservation des grains (sans insecticides et en réalisant des économies d’énergie) devrait aboutir à la mise en test de plusieurs projets.
Enfin, un nouveau service autour de la bioéconomie (économie de la biomasse) a vu le jour suite aux orientations européennes de 2012 et aux plans d’actions des ministres Le Foll et Travert. Il s’agit d’améliorer la connaissance, de promouvoir la bioéconomie, de lever les freins, de créer les conditions de rencontre de l’offre et de la demande et de produire durablement des bioressources sur le territoire. Un travail transversal (agricole, forestier, marin…) se réalise en région puis au niveau national.
Tous ces services visent à développer un travail collectif entre les structures adhérentes avec un souci de proximité, de défense, de promotion et de fédération comme le rappelait Bertrand Magnien dans son rapport moral. «Le leitmotiv de nos actions doit rester l’agriculteur qui ne doit pas être le perdant de ces évolutions. Même si le contexte agricole n’est pas favorable, n’oublions pas que nous devons rémunérer les producteurs, fournir des aliments sains et durables, assurer le dynamisme des territoires tout en veillant à la place de l’homme dans ce dispositif.» S’engager, partager avec le reste de la société, créer un impact positif pour un meilleur avenir, un défi que les coopératives de Hauts-de-France entendent bien relever.

Les protéines en Hauts-de-France, une filière à conforter

Sujet développé après l’assemblée statutaire, le défi de l’innovation en agro-transformation, les protéines. Première intervenante, Anne Wagner, directrice recherche et développement chez Téréos et présidente de France protéines. Avec l’augmentation de la population mondiale (9 milliards d’individus à l’horizon 2050), il faudra produire plus pour nourrir tout le monde tout en tenant compte de phénomènes comme l’augmentation de la consommation de viande dans les pays en voie de développement et, pour les pays développés, la nutrition sportive, la lutte contre la sarcopénie (fonte musculaire due au vieillissement) et le flexitarisme (volonté de réduire la part de protéines animales au profit des végétales, variante du végétarisme).

Toutes les productions sont en hausse, mais il existe des disparités au niveau mondial, les pays en voie de développement étant globalement importateurs et les pays développés plutôt exportateurs. La valeur des protéines dépend de leur taux. On distingue les protéines diluées (moins de 50 %), valant de 200 à 400 Ä/t, essentiellement utilisées en alimentation animale, les protéines concentrées (de 600 à 1 700 Ä/t) en alimentation humaine et animale et, enfin, les isolats (plus de 90 % de protéines) valant de 2 000 à 8 000 Ä/t, réservés aux aliments humains.
En Hauts-de-France, le gisement est estimé à 28 millions de tonnes. Anne Wagner rappelle le fort potentiel agricole, la présence d’industries de première transformation et de centres de recherche sur l’extraction comme Improve, à Amiens. Elle insiste sur la nécessité de tous ces acteurs de travailler ensemble. L’idée est de partir des besoins des consommateurs pour aller vers les producteurs, plutôt que l’inverse. Pour ce faire, il va falloir actionner des leviers comme le progrès génétique des variétés pour augmenter les taux de protéines du blé, mieux agir sur la fertilisation et développer les technologies d’extraction.
De son côté, Hans Dekkers, éleveur dans l’Oise et président de coopérative, s’est montré circonspect sur les sources de protéines possibles : les pois, les féveroles, le soja dans la région n’ont pas apporté de solution satisfaisante. La luzerne ou les Cipan valorisées en alimentation animale (si elles lèvent et produisent correctement en fin d’été) sont intéressantes, mais ont tout de même du mal à concurrencer le soja. Seul le colza pourrait relever le défi, mais des solutions d’extraction de protéines restent à trouver.

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