L'Action Agricole Picarde 01 novembre 2018 à 06h00 | Par Marie-Astrid Batut

Coopératives : quelle gouvernance pour demain ?

L’HCCA a organisé, le 25 octobre, un colloque sur la coopération agricole. A cette occasion, les participants, ont évoqué le sujet de la gouvernance des coopératives.

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- © jc gutner

Dans son intervention, Jean-Baptiste Moreau, député et rapporteur du texte de la loi EGA, a réaffirmé la nécessité de renforcer la coopération agricole pour peser dans les échanges avec les distributeurs. «La coopération est la principale solution aux problèmes de l’agriculture pour que les producteurs retrouvent du pouvoir de négociations avec les distributeurs», explique-t-il. Il ajoute que les coopératives se doivent d’être exemplaires dans leur gouvernance et leur gestion. Il a, en effet, évoqué des exemples catastrophiques dans la coopérative, qui, bien que minoritaires, sont délétères pour les autres coopératives. «Nous ne pouvons pas permettre aux administratifs de prendre le pouvoir», prévient-il.
Lors de la première table ronde de la journée d’échanges, des présidents de coopératives ont présenté leurs modèles de gouvernance. Damien Lacombe, président de Sodiaal, a confié que la gouvernance devait être reconsidérée en permanence. «Il s’agit d’un sujet compliqué. Il faut coller aux attentes de nos sociétaires. Ces attentes sont différentes sur tout le territoire», signale-t-il. Régis Serre, président d’Arterris, estime important de préserver le côté territorial des coopératives. «Quand on grandit, il est parfois difficile de préserver la proximité, mais la garder est un challenge à relever», affirme-t-il.
Les présidents de coopérative s’accordent donc à dire que le lien avec le terrain doit être préservé. Cependant, Damien Lacombe, estime aussi que, face à un monde qui bouge vite, il faut s’adapter vite. «Il faut être en permanence en lien avec le terrain et les attentes des sociétaires, qui ont leur mot à dire sur la feuille de route, mais la stratégie est du ressort du conseil d’administration. Pour avancer rapidement, il faut être clair sur le rôle de chacun», explique le président de Sodiaal. Pour ce faire, Alain Vialaret, directeur de Blue Whale, conseille de «rassurer les adhérents en leur expliquant la stratégie».

La formation des élus
Autre enjeu important dans la gouvernance, la formation des élus. «Aujourd’hui, le vrai sujet, c’est que les adhérents comprennent dans quel monde nous vivons. Donc, nous les formons pour cela. Nous avons des enjeux forts en matière de connexions avec le marché, et nous avons la nécessité d’avoir des élus qui soient formés», témoigne Damien Lacombe. Que ce soit au sein des coopératives ou de Coop de France, les administrateurs sont en effet formés selon leur niveau de responsabilité. La formation est d’ailleurs un des sujets majeurs qui est ressorti de la concertation intitulée «Le grand débat coopératif».
Tout au long de l’année 2018, Coop de France avait organisé, sur un site dédié, des échanges avec les agriculteurs-coopérateurs et les salariés des coopératives et de groupes coopératifs. Une tournée régionale avait aussi été organisée avec les élus. Michel Prugue, président de Coop de France, a annoncé que près de 5 000 personnes y ont participé. Pour lui, il s’agit d’une preuve de l’attachement du monde agricole aux coopératives.
Il a donc annoncé des mesures pour améliorer la gouvernance : un code de bonnes pratiques coopératives et des plans de formation pour les élus. Dans sa conclusion, Henri Nallet, président du HCCA et ancien ministre de l’Agriculture, a mis en avant quelques éléments et réflexions issus des débats. «Il est nécessaire de concilier les attentes des adhérents, la démocratie et la compétitivité internationale», affirme-t-il.
Sur les enjeux internationaux, Damien Bourgarel, président de Limagrain, estime qu’il y a une forme de naïveté dans l’approche actuelle franco-française de certains acteurs face aux grands enjeux internationaux. Damien Lacombe explique donc qu’il faut lier les dimensions internationales et cantonales des coopératives. Henri Nallet a conclu la journée en ouvrant le débat et en posant une question : «Quelle agriculture française nous voulons demain dans un contexte mondial ?»

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