L'Action Agricole Picarde 07 février 2019 à 06h00 | Par Florence Guilhem

De l'agribashing à l'agrismiling

De plus en plus d’agriculteurs s’emparent du numérique comme outil de diffusion et de lien social. Retour d’expériences lors de la table ronde du séminaire «Agricultures du futur», le 5 avril, à Amiens.

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De gauche à droite : Xavier Bortolin, du lycée Le Paraclet, Thierry Bailliet, agriculteur et youtubeur, Emmanuelle Paillat, directrice de la plateforme de financement participatif Blue Bees, et Charlotte Bécot, présidente du Geda Afda, qui a remporté le premier prix du concours Agri Mouv’.
De gauche à droite : Xavier Bortolin, du lycée Le Paraclet, Thierry Bailliet, agriculteur et youtubeur, Emmanuelle Paillat, directrice de la plateforme de financement participatif Blue Bees, et Charlotte Bécot, présidente du Geda Afda, qui a remporté le premier prix du concours Agri Mouv’. - © F. G.



L’
agribashing est devenu une constante dans le monde agricole. S’il est hors de question de taire les scandales qui peuvent éclater au sein de certaines filières, les campagnes de dénigrement à leur encontre sont légion, et loin d’être toujours justifiées. Ce qui n’empêche pas leur multiplication, d’autant que la méconnaissance  du monde agricole dans notre société d’aujourd’hui s’accentue fortement. Alors, que doivent faire les agriculteurs ? Subir en faisant le dos rond, ou prendre le taureau par les cornes et se lancer dans la communication positive.
Si la communication est loin d’être le fort du monde agricole, certains agriculteurs n’ont pas hésité à s’y lancer. Parmi eux, Thierry Bailliet, polyculteur dans le Pas-de-Calais -  bien décidé «à reconnecter l’agriculture au grand public» - s’est jeté à l’eau sur YouTube, où il est «Thierry agriculteur d’aujourd’hui». En cinq ans, il a parcouru bien du chemin, en réalisant pas moins de 461 vidéos sur plusieurs chaînes YouTube, soit une à trois vidéos par semaine, où il explique ce qu’est un agriculteur d’aujourd’hui.
Son dernier coup ? Le lancement d’une émission en direct, «Rendez-vous agricole», il y a quinze jours. La première était sur l’agribashing, la seconde, diffusée depuis le 4 février, sur les outils d’aide à la décision. «Quand on explique, les gens comprennent notre point de vue. Il est vraiment important d’expliquer ce que nous faisons et de montrer la diversité de l’agriculture», explique-t-il. Et pour inciter ses collègues agriculteurs, il a lancé des formations sur l’usage de la vidéo sur les réseaux sociaux.
La vidéo, le Geda Afda, un groupement d’agricultrices dans le Pas-de-Calais, «mais qui accueille aussi les hommes», précise sa présidente, Charlotte Bécot, s’y est aussi mis. Et a décroché le premier prix du concours Agri Mouv’ avec sa vidéo «Blé, vaches, cochons et papiers», qui a été vue 4 300 fois. Cette vidéo, qui traite de la gestion administrative des exploitations, est bel et bien un problème récurrent rencontré dans la plupart des exploitations. Son objectif ? Inciter les agriculteurs à suivre des formations sur le sujet et à se retrouver par la même occasion.

«Le bonheur est dans le prêt»
Le lien social, c’est aussi la base de la plateforme de financement participatif dédiée à l’agriculture, Blue Bees, fondée en 2013 par Maxime de Rostolan. «Plateforme militante», dixit Emmanuelle Paillat, sa directrice, Blue Bees défend l’agriculture paysanne et responsable. 95 % des projets soutenus sont dans l’agriculture bio et pour des exploitations ne dépassant pas les 10 ha. Près de 4,8 millions d’euros ont été collectés à ce jour et deux cent cinquante projets soutenus, dont seulement deux n’ont pas tenu le choc. Deux options sont proposées aux contributeurs (40 000 inscrits à ce jour, mais pas tous actifs, ndlr) : donner ou prêter. Blue Bees prélève 8 % de la somme levée pour le don et 4 % pour le prêt.
Des résultats plutôt flatteurs pour un système de financement, où les premiers contributeurs sont souvent la famille et les proches. Reste que, grâce à cette plateforme, «on recrée des flux d’épargne de l’urbain vers le rural sur des petits projets pour lesquels le système de financement classique ne prend pas de risque. Et l’on crée du lien social, même si c’est via le Net», commente Emmanuelle Paillat.

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