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De la Baie ou du Santerre, les carottes Noriap sont sorties

Noriap a achevé en ce début de semaine la récolte d’une quinzaine d’hectares de carottes destinées au marché du frais chez plusieurs de ses adhérents du Santerre et de la Baie de Somme. Les premiers retours de cette démarche de diversification sont encourageants.

Se diversifier en produisant de la carotte à destination du marché du frais ? C’est ce que proposait cette année, pour la première fois, la coopérative Noriap. Sept producteurs installés au sein de deux bassins de production – le Santerre et la Baie de Somme – se sont jetés à l’eau pour une surface globale de 16 hectares. Pour une majeure partie d’entre eux, la production légumière est une découverte, hormis la production de pommes de terre et d’oignons. En ce début de semaine, au moment de récolter les derniers hectares le long de la route départementale reliant Villers-Bretonneux à Estrées-Deniecourt, le bilan était jugé «positif» par Géraldine Poiret, responsable cultures spécialisées de Noriap et Emeline Volpoët chargée de développement «cultures légumières» au sein de la coopérative.

Santerre et Baie de Somme
Si deux bassins de production ont été retenus, «c’est pour avoir des sols différents et deux périodes de commercialisation distinctes», détaille Géraldine Poiret. En Baie de Somme, l’objectif est de récolter une carotte plutôt typée «primeur» pour une commercialisation entre octobre et novembre. Les carottes cultivés dans le Santerre sont quant à elles destinées à une commercialisation plus tardive, et une conservation plus longue, «jusqu’en avril». Une fois récoltées, elles sont stockées en palox, avec de la terre, dans des bâtiments réfrigérés. Elles seront déterrées, calibrées puis conditionnées avant leur commercialisation en circuit long, auprès d’un groupe de grande distribution (via un metteur en marché) qui les destinent en priorité au marché régional (Hauts-de-France) et de la région parisienne.

Un millier de tonnes récoltées
Sur le plan technique, la carotte se sème «fin mai, pour 130 jours de culture». Quel que soit le bassin de production, «globalement, les levées ont été homogènes et le désherbage a bien été effectué, même si par endroits, il y a quelques loupés». «C’est plutôt une tête de rotation que l’on retrouve derrière une céréale», explique-t-on encore chez Noriap. La rotation idéale est de 6 ans pour écarter le risque nématodes. Pour éviter le risque d’éclatement de la carotte, le producteur doit en outre éviter un précédent de culture qui libère trop d’azote. Le rendement brut visé est compris entre 80 et 90 tonnes par hectare. Entre 1 200 et 1 300 tonnes sont attendues à l’issue de la récolte 2020. «La présentation finale du produit est importante puisqu’on est sur le marché du frais», rappelle enfin Emeline Volpoët. Un certain nombre de «pré-requis» sont pour cela demandé par Noriap : l’exploitation doit être certifiée Global Gap, être équipée d’un matériel d’irrigation avec rampes... et être adhérente à Noriap. La coopérative dispose de deux techniciens pour le suivi de la culture et propose la réalisation de prestations de semis et d’arrachage.

Doublement des surfaces en 2021
Pour cette première année d’expérimentation, huit variétés ont été «testées», «ce qui est beaucoup», reconnaît la chargée de développement «cultures légumières». Qui ajoute : «Nous avons cherché des variétés résistantes à l’alternaria et à l’oïdium». L’an prochain, le panel variétal devrait être restreint. Le nombre d’hectares devrait en revanche augmenter significativement. «On vise un doublement des surfaces en 2021 pour arriver entre 120 et 150 hectares d’ici 5 ans», explique Géraldine Poiret ; il faudra pour cela «que le marché suive et que des producteurs soient motivés». Sur le plan géographique, pas de surprise. Les bassins prioritaires pour permettre ce développement resteront ceux où la démarche est née.

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