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Des disparitions de brebis inquiétantes

Au moins deux élevages de l'ouest de la Somme ont constaté en fin de semaine dernière des disparitions dans leurs troupeaux de brebis.

Les images des cadavres retrouvés par l'éleveur d'Argoules sont difficilement soutenables.
Les images des cadavres retrouvés par l'éleveur d'Argoules sont difficilement soutenables.
© Aurélien Poupart

Depuis le mois de novembre dernier, on n'avait plus entendu parler de disparitions inquiétantes de brebis dans la région Hauts-de-France... jusqu'en fin de semaine dernière. Loup ou pas ? La question reste posée.

Dans au moins deux exploitations de la Somme - l'une à Nampont-Saint-Martin et l'autre à Argoules -, plusieurs animaux ont été retrouvés morts, vraisemblablement tués par un autre animal. La première attaque a été perpétrée dans la nuit du 15 au 16 avril. Les victimes sont une brebis et ses deux agneaux.

Une seconde attaque a été signalée par l'EARL du petit chemin, sur la commune d'Argoules, à la veille du week-end. L'éleveur, Aurélien Poupart explique avoir retrouvé au matin du vendredi 17 avril plusieurs de ses animaux dévorés et blessés. « Sur un troupeau de 79 brebis en pâture, 5 ont été tuées, 15 ont été blessées, dont 7 suffisamment sérieusement pour que l'on soit obligé de les recoudre », détaille M. Poupart. Les images des cadavres qu'il a prises pour faire reconnaître les dégâts sont, de son propre aveu, « gore » et « pas belles à voir ».

Sur les cadavres des animaux retrouvés gisants, les traces de morsures sont nettes. Gendarmerie et Office français de la biodiversité (OFB) sont venus faire les constatations d'usage, sans se prononcer sur l'origine des dégâts.

Pudiquement, ceux qui acceptent d'évoquer le sujet parle d'une attaque possible « d'un grand canidé ».

L'attaque d'un « d'un grand canidé »

Pour l'éleveur d'Argoules, c'est le désarroi : « On veut savoir ce qui s'est passé, mais ce n'est pas simple », soupire-t-il. Tant qu'on n'a pas de preuves, c'est difficile de conclure quoi que ce soit ».

Face à de pareilles circonstances, la question de la responsabilité du loup revient à chaque épisode. Mais pour l'heure, rien ne permet de l'assurer. Ni photos, ni traces laissées sur un sol trop sec ou d'excréments n'ont en effet été prises ou observées ; ce qui aurait sans doute facilité les choses.

Mais dans cette affaire samarienne, comme lorsqu'à chaque fois qu'il s'agit du loup ou qu'il est suspecté, on sent bien que chacun marche sur des oeufs.

Un loup probablement identifié en Seine-Maritime

« Dans la nuit du 7 au 8 avril 2020, un grand canidé a été pris en photo, par un appareil automatique, sur la commune de Londinières, au nord du Pays de Bray, dans le département de Seine-Maritime », rapporte un communiqué de la préfecture de Seine-Maritime, le 17 avril. Les clichés de l'animal ont été transmis le 12 avril à l'Office français de la biodiversité (OFB) ; lequel a authentifié cette observation comme étant très probablement celle d'un loup gris.

Cependant, explique la préfecture de Seine-Maritime, « eu égard à la qualité des images fournies et considérant que de nombreuses races de chiens peuvent présenter un gabarit et des teintes de pelage similaires à celui d'un loup, cette expertise est à considérer avec quelques réserves ».

De fait, poursuit-elle, « à ce stade, cette observation en Seine-Maritime ne permet pas d'affirmer que le loup s'installe dans le département. La capitalisation des informations dans le temps est nécessaire pour évaluer l'évolution de la situation ».

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