L'Action Agricole Picarde 21 août 2014 à 08h00 | Par AAP

Des vaches qui produisent et se reproduisent

Le Gaec Pierrot des Princes compte 3 UTH qui consacrent beaucoup de temps à la surveillance du troupeau.

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- © D R

Au Gaec Pierrot des Princes situé à Saint-Amand-les-Eaux (59), pour gérer au mieux leur atelier laitier techniquement et économiquement et pour que «leurs vaches produisent et se reproduisent», Jérôme et Étienne Pruvot ainsi que leur salarié Laurent Dacquin orientent leur réflexion sur l’amélioration de la marge brute de l’exploitation.

Un travail d’équipe
Pour optimiser la rentabilité de leur atelier, ils accordent beaucoup d’importance aux échanges et s’appuient sur un travail d’équipe. Chaque lundi matin, une réunion est organisée pour que les deux associés et le salarié planifient ensemble l’organisation de la semaine.
Leur complémentarité leur permet de consacrer beaucoup de temps à la surveillance du troupeau et donc, d’améliorer leurs résultats en termes de mortalité, de taux de renouvellement pour finalement accroître la taille du troupeau. L’un des objectifs des éleveurs est en effet de dégager du produit viande en vendant des vaches en lactation à haut potentiel lait et génétique. Pour remplir plus de génisses et de vaches et produire davantage de veaux femelles, les membres du Gaec s’efforcent d’être plus rigoureux dans la gestion de la reproduction, avec notamment la mise en place d’un calendrier de suivi des chaleurs et le recours au Suivi repro de Gènes Diffusion (cf. encadré). En trois ans, le nombre de femelles présentes sur l’exploitation a augmenté de 28 %. Elles ont pris la place des taurillons. Le nombre important de femelles leur donne la possibilité de faire la chasse à l’improductivité et d’en vendre une petite vingtaine en lactation.

Augmenter davantage le nombre de femelles
«D’après une projection établie avec des critères actuels, d’ici 4 ans, le nombre de femelles va augmenter avec un accroissement de la production, ou de la vente de vaches en lactation, et donc une amélioration de la marge», prévoit Alexandre Couvreur, technicien d’Avenir Conseil Élevage. C’est un critère important économiquement. «Un éleveur qui veut augmenter la taille de son troupeau par l’achat de génétique extérieure est pénalisé, non seulement économiquement mais également sanitairement», commente Étienne Pruvot. Pour augmenter davantage le nombre de veaux femelles, les associés envisagent de recourir à l’utilisation de la semence sexée et à l’implantation d’embryons sexés sur vaches.
Rappelons qu’Alfred Pruvot, le père de Jérôme et Étienne, s’est tourné vers l’insémination artificielle (IA) dans les années 1970 et la transplantation embryonnaire dans les années 1980. La majorité des vêlages a lieu de juillet à octobre avec une moyenne de 20 à 25 vêlages par mois. Il n’y a pas de vêlages en avril et mai, lors de la mise à l’herbe. Cela permet un tarissement des vaches en pâtures où leur remise en forme est facilitée. «Deux mois sans vêlages nous donne également la possibilité d’effectuer un vide sanitaire au niveau de la nurserie, mais aussi de se relâcher pendant une période donnée», précisent les éleveurs. «Pour atteindre ces objectifs demandés par de plus en plus d’éleveurs, nous faisons régulièrement un bilan de l’état physiologique du troupeau pour planifier les inséminations en fonction des périodes souhaitées de vêlages», complète Gérard Bernard, responsable Suivi repro chez Gènes Diffusion.

Une transition alimentaire soignée
Autre levier pour améliorer la marge : une bonne gestion alimentaire. Le Gaec Pierrot de Princes s’attache à soigner la transition alimentaire au tarissement et après fermeture du silo de maïs de la campagne précédente.
Cette transition est sécurisée par l’apport de bicarbonate, et l’utilisation d’un silo de report après fermeture des deux silos principaux.
D’une manière générale, l’équipe travaille en 2 lots : celui des «vaches en début de lactation» et celui des «vaches pleines». Chaque lot se voit attribuer une ration spécifique (cf. tableau 1). Un distributeur automatique de concentrés «VL 4 litres» a été mis en place pour soutenir les fraîches vêlées et favoriser le début de lactation.

Veiller au confort des animaux
Par ailleurs, pour des raisons de bien-être animal et de confort de travail, les bâtiments de l’exploitation ne sont pas surchargés. On dénombre 130 va­ches laitières pour 150 places, soit un taux de remplissage de 85 %.
De leur côté, les animaux sont parés très régulièrement : au tarissement et 30 jours après vêlage. «Globalement, les interventions sur l’élevage ne sont jamais repoussées», développent les éleveurs qui se veulent rigoureux et réactifs dans leur conduite d’élevage, notamment d’un point de vue sanitaire.
Pour eux, «une vache en bonne santé qui a perdu peu de poids après vêlage revient rapidement en chaleur et remplit mieux».

Faire encore progresser l’outil
Demain, les associés souhaitent faire davantage progresser leur outil en améliorant le chargement et en gérant le surplus d’herbe grâce à la mécanisation, mais aussi en élevant encore le niveau génétique du cheptel via l’achat d’embryons ou de vaches donneuses d’embryons.
Étienne, Jérôme Pruvot et Laurent Dacquin se disent confiants quant à l’avenir de la production laitière, tout en sachant que produire du lait aujourd’hui exige beaucoup de technicité et de réactivité.
«Notre force, c’est d’élever des animaux et donc de pouvoir adapter le volume de production en fonction de la conjoncture», concluent-ils.


REPERES TECHNIQUES

Troupeau : 130 vaches laitières et un lot de 16 taurillons qui partent en élevage
Moyenne technique : 10 570 kg
TB : 36,7
TP : 31,4
Moyenne technique standard : 10 280 kg
Niveau vêlage vaches : 46,3
Niveau vêlage génisses : 33,5
SAU : 160 hectares avec 75 ha de prairies, 50 ha de maïs et 35 ha de blé.

- © AAP

ZOOM

S’entourer de spécialistes en élevage

Pour bénéficier d’informations techniques pertinentes et obtenir de bons résultats, il est important pour Jérôme et Étienne Pruvot d’être entourés de professionnels compétents.
Pour gagner en efficacité alimentaire, le Gaec Pierrot des Princes fait appel aux conseils d’Alexandre Couvreur, technicien d’Avenir Conseil Élevage.
Tous les mois, la préparation et la distribution de la ration sont ajustées en fonction du nombre de vaches laitières et du stade physiologique des animaux. Les indicateurs fournis par Avenir Conseil Élevage sont également analysés avec le soutien de ce conseiller qui apporte un regard extérieur et accompagne les éleveurs sur le suivi global de leur troupeau, de la conduite des veaux, en passant par la gestion du pâturage, le technico-économique jusqu’au suivi de l’alimentation vache par vache.
Par ailleurs, dans le cadre du Suivi repro proposé par Gènes Diffusion, les éleveurs font le point toutes les 6 semaines sur l’état des femelles. À chaque visite, ils ont accès aux indicateurs de production (rapport TB/TP, à l’intervalle vêlage – vêlage). «Ce sont autant d’informations nécessaires à une prise de décision rapide et à une intervention ciblée. Les indicateurs fécondité sont au vert, c’est le fruit de la complicité dans le travail entre éleveurs et conseillers», note Gérard Bernard de Gènes Diffusion.
Le retour sur investissement est, pour les membres du Gaec, non négligeable. «Depuis que nous faisons le Suivi repro, la quantité de médicaments utilisés pour la reproduction a fortement diminué», commente Jérôme Pruvot.
Les résultats en matière de coût alimentaire et de gestion de la reproduction se sont en effet améliorés ces dernières années (cf. tableau 2).
Ce sont au total 52 tonnes de concentrés, ce qui représente deux camions, qui ont été économisées par rapport à la campagne précédente, soit 400 kg par vache laitière. Cette progression a été permise par la gestion d’un effectif de vaches laitières à un stade jeune («6» avec 33 litres de lait/VL en moyenne sur un an) qui a permis de limiter la consommation de concentrés.

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