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Dossier tracteurs
Le quatre cylindres polyvalent valorise la variation continue

La transmission CVT équipe de plus en plus de tracteurs quatre cylindres, dont le surcoût est rentabilisé par la diversité des travaux qu’ils réalisent.

Le tracteur équipé d’une transmission à variation continue fait la différence en termes de consommation de carburant dans tous les travaux où le moteur est soumis à une charge très variable.
Le tracteur équipé d’une transmission à variation continue fait la différence en termes de consommation de carburant dans tous les travaux où le moteur est soumis à une charge très variable.
© Valtra

Pour bon nombre d’agriculteurs, la transmission à variation continue (CVT) est réservée aux gros tracteurs des plaines céréalières et aux ETA. Cette image élitiste est souvent amplifiée par le fait que l’unique vrai défenseur de ce type de transmission a longtemps été Fendt avec ses modèles Vario. Or, la technologie de la variation continue s’est largement démocratisée chez la plupart des tractoristes. Force est toutefois de constater que les ventes de tracteurs équipés de CVT se font essentiellement sur le segment des six cylindres. Pourtant, ce ne sont pas les travaux de traction, souvent réalisés à pleine puissance et à vitesse constante, qui bénéficient le plus des avantages de la CVT. Au contraire, les multiples tâches accomplies par un tracteur sur une exploitation de polyculture et/ou d’élevage se caractérisent par des variations de vitesse et de charge permanentes. La transmission CVT fait alors la différence, aussi bien en termes de confort que de consommation et de débit de chantier. Par rapport à une transmission mécanique ou semi-powershift, la variation continue ajuste en permanence le ratio de la transmission. En découle un réglage indépendant du régime moteur et de la vitesse d’avancement, avec la recherche du meilleur rendement par la gestion électronique.

Réduction de la consommation
Ainsi, même si le rendement d’une CVT est légèrement inférieur à celui d’une transmission mécanique, le rendement «global» du tracteur, caractérisé par la consommation horaire de ce dernier, sera le plus souvent à l’avantage de la CVT. Cela s’observe dans bon nombre d’applications, à commencer par la manutention au chargeur. Le tracteur ajuste son régime moteur en fonction de l’effort à fournir et notamment du besoin en hydraulique. Le moteur évolue ainsi le plus possible à bas régime, tout en autorisant une vitesse réduite en approche et rapide pour un déplacement. La progressivité et l’absence de changement de rapports font progresser le débit de chantier et le confort de travail. Quant à la capacité de poussée, la CVT permet d’atteindre la limite d’adhérence et d’éviter ainsi le patinage, exercice plus délicat avec une transmission classique.
Autre domaine dans lequel la variation continue montre sa supériorité : les travaux à la prise de force réalisés à régime moteur constant. La vitesse d’avancement est alors optimisée en fonction de la charge du moteur. Avec une presse à balle ronde, celle-ci sera adaptée à la taille des andains. Au moment du liage et de l’éjection de la balle, le ralentissement et le redémarrage sont progressifs et rapides, sans utiliser ni frein, ni embrayage.

Vitesse et régime moteur optimisés
Concernant les travaux qui demandent une vitesse de travail précise comme les épandages ou la pulvérisation, la CVT offre une régulation très fine de la vitesse, avec notamment la possibilité de la mémoriser.
Au transport, c’est le confort qui prime en l’absence de changement de rapports : grâce à la réduction du régime moteur, limitant le bruit en cabine est limité. La fonction d’arrêt «actif» assure l’immobilisation du tracteur sans utiliser les freins. Lors de parcours peu accidentés, le maintien d’un faible régime moteur est propice aux économies de carburant. En revanche, à la descente, la conduite diffère de celle d’une boîte mécanique, demandant de l’expérience, afin de ne pas se faire surprendre par des ralentissements trop tardifs. Mieux vaut ne pas conduire à l’oreille…
De même, l’optimisation des paramètres d’une transmission CVT (vitesse, régime moteur, plage et chute de régime moteur, niveau d’accélération) relatifs aux différents travaux, requiert une certaine habitude. Que les novices se rassurent, la plupart des régulations disposent dorénavant d’un mode automatique qui gère le régime moteur en fonction de la vitesse demandée et de la charge. L’utilisateur se contente de manipuler le levier de transmission ou la pédale d’accélération.

Un surcoût de 5 000 à 10 000 euros
Malgré tous ces arguments, le marché des tracteurs de 80 à 140 ch équipés d’une CVT reste encore très limité. Le positionnement haut de gamme de ces tracteurs limite leur démocratisation. L’arrivée de nouveaux acteurs comme Deutz-Fahr et Valtra devrait attiser la concurrence sur ce marché et rendre la technologie plus abordable. Le groupe CNH qui vient d’étendre sa CVT à toutes ses gammes de tracteurs 6 cylindres, ne devrait pas tarder à investir le segment des 4 cylindres. Massey Ferguson pourrait bénéficier de l’expérience de son cousin germanique au sein du groupe Agco. Fendt dispose en effet d’une gamme étoffée et propose sa transmission Vario sur les modèles 300 et 200 dont l’équipement est largement simplifié par rapport à ses gammes supérieures. Deutz-Fahr fait aussi dans la simplicité d’utilisation avec son Agrofarm TTV. Actuellement, à équipements et modèles équivalents, le surcoût de la transmission CVT se situe entre 5 000 et 10 000 euros. À vous de juger si les économies de carburant, le gain en confort et la valeur de revente suffisent à justifier cet écart.

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