L'Action Agricole Picarde 18 juin 2019 à 06h00 | Par Martin Lenne (ACE)

Elevage : rallye technique Avenir conseil élevage

Le Rallye technique, organisé le 4 juin par Avenir conseil élevage, a réuni une bonne centaine d’éleveurs.

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Aménagement des igloos à la SCEA de la Chapelle.
Aménagement des igloos à la SCEA de la Chapelle. - © ACE



Comme dans beaucoup d’élevages de la région, au Gaec Ouvré, à Hornoy-le-Bourg, l’effectif du troupeau est en augmentation (de 142 vaches traites en 2017 à 179 en 2019). Pour limiter l’impact sur le temps de traite et la qualité du lait, les trois associés ont fait le choix d’investir en 2016 dans un système particulier de griffe de salle de traite vendu par ADF Milking. «
La griffe permet d’assurer le post trempage des trayons et la désinfection des manchons après chaque vache», explique Adeline Lavaquerie, conseillère Qualité du lait à Avenir conseil élevage (ACE).
En complément, un contrôle de la machine à traire a permis de revoir la pente du lactoduc. Cet investissement a permis aux éleveurs de gagner environ une heure par jour à la traite et sans dégrader la qualité de la traite. Toutefois, le nombre de mammites reste toujours important. «Actuellement, nous savons qu’ici nous sommes face à un modèle infectieux de type environnemental. La traite est bien gérée, mais c’est bien la surface de bâtiment par vache qui est limitante pour la bonne maîtrise de l’aspect sanitaire.»

Davantage de vaches, plus de boiteries ?
L’enregistrement quantitatif et qualitatif de quelques données (postures des vaches, soulagement des membres, axe entre les jarrets) permet de faire un premier état des lieux. Par la suite, quinze animaux sélectionnés sont parés en enregistrant les lésions rencontrées, ainsi que leur niveau de gravité. A l’issue du diagnostic, Joséphine Saint-Omer, pareure à ACE, indique que «c’est la Mortellaro qui entraîne la plupart des boiteries dans l’élevage. Viennent ensuite des lésions attribuées à la fourbure subaiguë, dont les origines peuvent être multiples, parmi lesquelles on retrouve l’acidose... La situation n’est pas catastrophique, mais cela peut vite se dégrader».

Elevage des veaux
Au cours de la journée, les participants ont eu la possibilité de visiter la SCEA la Chapelle, à Hornoy-le-Bourg, et le Gaec des Carbonnières, à Bouillancourt-en-Séry. Les éleveurs de ces deux structures ont particulièrement travaillé à l’amélioration des conditions d’élevage des veaux. Dans les deux cas, l’augmentation des effectifs a entraîné une surcharge de la nurserie, qui n’avait pas subi de modifications contrairement au logement des vaches. Par conséquent, des problèmes pulmonaires et de diarrhées néonatales sont apparus entraînant des frais vétérinaires supplémentaires et, malheureusement, une augmentation de la mortalité.
Les veaux des deux élevages sont désormais logés dans des niches individuelles avec courette pendant trois à quatre semaines, puis dans un système d’igloos avec parc couvert. «Lors de la mise en place de ces systèmes, il faut particulièrement veiller à la bonne orientation des niches et des igloos, aux matériaux qui les constituent, et à la taille de l’ouverture de l’igloo. La forme ronde de l’igloo favorise le bien-être du veau. La possibilité de réparer ou changer une partie abîmée constitue également un critère de choix important sans oublier, bien sûr, la ventilation», détaille Anne Laure Bontemps, conseillère bâtiment d’ACE.
Les situations sanitaires des veaux dans ces élevages se sont améliorées et les éleveurs ne regrettent en aucun cas leurs choix. «Dans les deux situations présentées, le logement était problématique. Les investissements ont logiquement été bénéfiques, mais il y a eu aussi une multitude d’ajustements des pratiques en parallèle : seau à tétines, taxilait pour le mélange et la température du lait, désinfection du logement… Le logement est, certes, très important, mais d’autres détails peuvent représenter une première étape vers l’amélioration de l’élevage des veaux», conclut Olivier Lebleu, conseiller génisses à ACE.

Vers plus d’autonomie
A l’EARL de Baillon, le quatrième élevage qui ouvrait ses portes, les participants ont assisté à une démonstration de transformation de blé en aliment concentré équilibré par le procédé de la société Aliplus. «Cette méthode consiste à broyer le blé, puis à le mélanger avec de l’eau et un additif à base d’urée. Ce mélange est ensuite stocké pour le stabiliser. Au final, les valeurs alimentaires obtenues permettent de substituer une partie du soja dans les rations», détaille Julien Lamy, conseiller en alimentation à ACE.
L’éleveur justifie son choix ainsi : «J’étais à la recherche d’autonomie sur mon élevag. Cette pratique me permet de consommer 50 % de soja en moins et, surtout, je connais la provenance de l’aliment distribué.»

Génisses : point de vigilance pour atteindre les objectifs de croissance

Les résultats des pesées de génisses laitières réalisées par ACE montrent que seulement 26 % des génisses atteignent l’objectif raisonnsable des 200 kg à six mois. Les animaux qui y parviennent sont très majoritairement ceux qui ont une bonne croissance au cours des trois premiers mois de leur vie. Préparer les animaux au vêlage pour un veau en bonne santé à la naissance est la base pour ensuite assurer une croissance rapide pendant la phase lactée.
Premier point : distribuer le plus vite possible un colostrum de qualité. Pour cela, le spécialiste génisses d’ACE a rappelé les moyens de vérification qui existent : «Il est souhaitable de viser 25 au réfractomètre, deux colostro-balls vertes ou 1 060 au pèse colostrum. Le fait de mesurer la qualité du colostrum est important pour le veau, mais c’est également un moyen de valider l’alimentation des animaux à vêler.»
Pour la suite, la phase lactée doit rapidement atteindre la quantité maximale de lait en veillant à la régularité de la température et au temps d’ingestion. Pour ce dernier point, les seaux à tétines offrent l’avantage d’un écoulement limité laissant au veau le temps de saliver pour une bonne digestion.
Quant au choix de la poudre, «il faut regarder l’étiquette. Vous pouvez retenir les poudres à plus de 50 % de PLE, 19-21 % de MG et 24 à 27 % de protéines. La MG favorise le développement musculaire et les protéines le squelette. Une poudre bien formulée assure la bonne digestion, et donc un bon GMQ. Il ne faut pas la négliger».

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