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Environnement
«Les objectifs du plan Ecophyto 2018 ne seront pas atteints»

Le ministre de l’Agriculture a fait part de l’échec annoncé du plan Ecophyto 2018 et présenté sa solution.

Le plan Ecophyto 2018 est (presque) mort. C’est en substance ce qu’a annoncé le 24 juillet Stéphane Le Foll aux sénateurs en affirmant que ces objectifs ne pouvaient être atteints «sauf à accélérer un processus dans des conditions et dans des mesures que je n’imagine pas aujourd’hui». Réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici à 2018 ou encore consacrer 20 % de la SAU en 2020 à l’agriculture biologique sont des caps «trop ambitieux», destinés à «servir la communication», a affirmé le ministre de l’Agriculture. «On a réussi à diminuer à hauteur de 87% les recours à des molécules actives considérées comme dangereuses, les réseaux de fermes qui vont être testées se mettent en place, la formation des agriculteurs avance»... mais, «on a un problème», a maintenu Stéphane Le Foll, tout en rappelant que la SAU dédiée à l’agriculture biologique était aujourd’hui de 3,5% (loin déjà des 6% programmés pour 2010).
C’est par une autre voie que le ministre de l’Agriculture a annoncé vouloir résoudre le problème : il ne faut pas l’attendre sur des objectifs, ni sur des normes renforcées, a-t-il prévenu. «Pour faire évoluer les choses, il va falloir les prendre de manière beaucoup plus systémique».

Création de groupements économiques et environnementaux
«J’ai envie d’avoir des objectifs, peut-être moins ambitieux, a poursuivi le ministre de l’Agriculture, mais au moins d’avoir une action effective. J’ai envie d’assurer cette transition vers une agriculture performante économiquement et écologiquement. Des modèles peuvent combiner ces deux volets». Pour ce faire, Stéphane Le Foll envisage de notamment créer des groupements économiques et environnementaux, pour une démarche globale et collective – «je veux toucher un maximum de personnes». Et l’enseignement agricole ne formera plus seulement «à la bonne utilisation des phytosanitaires» mais aussi «aux modèles de production qui seront les plus économes en phytosanitaires».
Sur le volet des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de pesticides, le ministre a défendu une harmonisation européenne et s’est dit « favorable à un institut scientifique indépendant, pour analyser les études fournies par les firmes ». L’Anses validerait ainsi «a posteriori» les demandes d’AMM. Celles-ci devront d’ailleurs être précisées : au-delà des doses, l’autorisation d’un produit devra intégrer les conditions de son utilisation. «J’ai assisté sans cesse à ces débats : on a un problème ? On le met sur l’étiquette. Mais à force, c’est l’étiquette qui finit par avoir un problème. Tout ramener à l’étiquette, ça n’est pas possible», a déclaré le ministre.

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