L'Action Agricole Picarde 22 août 2018 à 18h00 | Par Actuagri

Etats-Unis : condamnation de Monsanto

La justice américaine a condamné l’agrochimiste, désormais propriété de Bayer, à verser 289 millions de dollars (254 millions d’euros) à un jardinier atteint d’un cancer incurable, après avoir utilisé des produits de la firme.

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- © D. R.

Monsanto, le géant de l’agrochimie, a été condamné par un tribunal de San Francisco, aux Etats-Unis, à verser 250 millions de dollars (environ 219 millions d’euros) de dommages punitifs (c’est-à-dire pour dissuader la compagnie de recommencer), ainsi que 29 millions de dollars de compensation (environ 25 millions d’euros), à Dewayne Johnson.
L’homme de quarante-six ans a attaqué en justice la compagnie, qu’il rend responsable de son cancer du système lymphatique, en phase terminale. Le jardinier professionnel a utilisé deux désherbants de Monsanto, le Round Up et le Ranger Pro, qui contiennent du glyphosate, pour son travail sur les terrains d’écoles, entre 2012 et 2014. La substance controversée a été classée comme «probable cancérogène pour l’homme», par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais les études divergent sur la dangerosité du produit, qui n’est pas classé cancérogène par l’Autorité européenne des produits chimiques (ECHA), l’Autorité européenne de sécurité des aliments ou l’Agence de protection de l’environnement (EPA) des Etats-Unis.
Les douze membres du jury ont rendu leur avis après quatre semaines de délibérations. Ils ont considéré que la compagnie avait «failli» à informer les utilisateurs des dangers potentiels, pour la santé humaine, liés à l’utilisation du Round Up et du Ranger Pro. L’entreprise Monsanto, acquise par le géant de l’industrie pharmaceutique Bayer le 7 juin dernier, a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel du jugement. Plus de 4 000 procédures similaires sont en cours contre la compagnie aux Etats-Unis, mais aussi au Brésil ou encore en France.

Le débat relancé en France
Le jugement a provoqué de vives réactions dans l’hexagone et relancé le débat sur l’interdiction du glyphosate. Sur Twitter, la secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a déclaré que «ce jugement historique confirme la décision pionnière d’Emmanuel Macron : interdire le glyphosate sous trois ans». Pourtant, une date de sortie du glyphosate n’a pas été inscrite dans le projet de loi issu des Etats généraux de l’alimentation, qui repassera à l’Assemblée nationale à la rentrée, et les parlementaires ont rejeté l’amendement qui visait à l’y inscrire.
Le 27 novembre 2017, la licence d’exploitation du glyphosate a été renouvelée pour cinq ans, dans l’Union européenne, après l’adoption d’une résolution non contraignante par les députés
européens, demandant l’interdiction progressive du produit sous cinq ans. «Je déplore qu’une fois de plus, on assiste à une hystérie médiatique sur le glyphosate», dénonce Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Il rappelle que Monsanto a été condamné pour le manque d’information auprès des utilisateurs, et qu’il n’est pas question d’une interdiction du glyphosate aux Etats-Unis. Afin de réduire l’usage de produits phytosanitaires, la FNSEA a lancé le «Contrat de solutions : une trajectoire de progrès pour la protection des plantes», qui propose 300 solutions.
36 fiches avaient été présentées lors d’une conférence de presse le 11 juillet. «Il faut prendre conscience qu’il existe une demande forte des consommateurs. Nous n’avons pas le choix que d’y répondre, mais il ne faut pas mettre en péril nos exploitations, il est donc capital de trouver des solutions avant des interdictions», explique Eric Thirouin.
Afin de mettre en application ces solutions, la FNSEA demande au gouvernement un investissement fort des pouvoirs publics, tant sur le plan réglementaire que financier, mais aussi pour la recherche. Certaines filières restent, en effet, sans alternative. «Si un certain nombre de solutions sont possibles à mettre en place d’ici trois ans, il y a des situations qui n’ont pas encore d’alternative, et il ne sera pas possible d’en avoir dans ce délai», souligne le secrétaire général adjoint de la FNSEA.

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