L'Action Agricole Picarde 25 février 2018 à 06h00 | Par JCD

Export de blé : «l’objectif s’éloigne»

FranceAgriMer a révisé le 14 février les exportations de blé tendre à la baisse, tant à l’international (9 Mt contre 9,3 Mt en janvier) que vers l’UE (8,5 Mt contre 8,6 Mt), pointant l’effet devise et une concurrence exacerbée.

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La récente «flambée» de l’euro face au dollar semble être le principal facteur des difficultés à l’export, selon Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre.
La récente «flambée» de l’euro face au dollar semble être le principal facteur des difficultés à l’export, selon Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre. - © Hervé Garnier



«L’objectif s’éloigne» pour le blé français vers les pays tiers, a déclaré Rémi Haquin, le président du conseil spécialisé céréales, pour qui «on a laissé passer des affaires». En cause, une filière «assez peu vendeuse aux prix actuels» : «à moins de 140 euros la tonne, le producteur a du mal à accompagner le marché».

La récente «flambée» de l’euro face au dollar semble être le principal facteur des difficultés à l’export, selon Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre. Même si, ces derniers jours, le phénomène s’est un peu atténué, offrant une «petite bouffée d’air» aux blés français en termes de compétitivité. La concurrence internationale reste forte, marquée par la «prédominance de la mer Noire et l’offensive de l’Argentine», a-t-il dit également. Et de souligner la «présence de plus en plus affirmée de l’Argentine en Algérie», un débouché traditionnel de la France.

Contre-performance
Alors que le mois dernier, une révision à la hausse des exportations vers l’UE avait fait mieux que compenser le recul vers les pays tiers, la vente de blé français vers les voisins européens a été légèrement corrigée à la baisse, de 150 000 tonnes à 8,45 millions de tonnes.
Au total, ce sont donc environ 450 000 tonnes en moins qui pourraient trouver preneur à l’exportation par rapport aux objectifs de cette campagne 2017-2018, chiffre qui pourrait encore s’amplifier, selon Rémi Haquin. Une contre-performance d’autant plus notable que, comme l’a souligné Ludovic Pâris, délégué pour la filière céréalière, la qualité des blés français est cette année au rendez-vous.

L’UE absente vers l’Indonésie
Le bilan n’est guère plus flatteur pour l’UE, dont les prévisions à l’export sont également revues à la baisse par rapport à fin décembre, de 500 000 tonnes, à 25,5 Mt de blé tendre. Comparativement à l’an dernier, les chiffres d’exportation montrent un retard de 18 % en semaine 32, quand l’import affiche + 9 %. Conséquence, le stock de fin de campagne est estimé à 12,7 Mt, contre 10,1 Mt en 2016-2017.
Le blé européen est notamment hors course sur l’Indonésie, devenue le premier acheteur mondial de blé, avant l’Egypte. Ses besoins en importations représentent 12,5 Mt (10,2 Mt en 2016-2017). Et les perspectives sont à la hausse, compte tenu de la démographie, du niveau de vie, de la consommation animale. «Le secteur de la meunerie est en forte expansion» dans le pays, a signalé Marc Zribi. Il compte 31 moulins en 2017, contre 5 entre 1970 et 1988, avec une capacité d’écrasement de 11,4 Mt (10,3 Mt en 2015-2016).
L’objectif du gouvernement est d’atteindre 14,2 Mt écrasées en 2024-2025. Pour favoriser l’importation de grains, les droits de douane sur les farines étrangères ont été portés de 5 % à 10 % en janvier. L’UE n’en profite guère : il faut remonter à deux campagnes en arrière pour voir des expéditions significatives de blé européen vers l’Indonésie (571 000 tonnes en 2015-2016).

La Cour des comptes redit son opposition aux taxes sur les farines et les céréales

Les taxes sur les farines et les céréales constituent des exemples d’impôts «inadaptés», selon la Cour des comptes, qui a publié son rapport annuel 2018. «La Cour renouvelle sa précédente recommandation de supprimer les taxes sur les farines et les céréales», dont le produit s’est élevé en 2016 à respectivement 68 M€, affecté à la MSA, et 17 M€, affecté à FranceAgriMer, écrit-elle. Les Sages proposent de supprimer les «taxes obsolètes dont les coûts de gestion apparaissent disproportionnés, comme les taxes sur les farines et les céréales», a déclaré le 7 février Didier Migaud, premier président de la Cour. Le budget de l’Etat 2017 a maintenu la taxe farine, malgré l’opposition des meuniers et après sa suppression en première lecture à l’Assemblée. «Cette taxe grève lourdement la compétitivité de la profession», a rappelé le 14 septembre le président de l’ANMF (meuniers) Lionel Deloingce à sa convention annuelle. Pour la Cour des comptes, le fait de la maintenir semble «injustifié».

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