L'Action Agricole Picarde 06 décembre 2012 à 14h50 | Par Jean Louis Pilard

Faire contrôler les décrochages automatiques, c’est possible

La chambre d’agriculture dispose du matériel nécessaire au contrôle des installations de traite.

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- © AAP

Le décrochage automatique est un outil présent dans la majorité des installations de traite. Il a montré son utilité là où un trayeur veut assurer la traite seul avec un nombre de postes de traite important. Il a pour objectif de :
- limiter la sur-traite,
- soulager le trayeur (moins de déplacements, travail plus régulier),
- obtenir des cadences de traite plus élevées.
Il peut être nécessaire de le contrôler en cas de problème de qualité du lait, comportement agressif des vaches ou tout simplement pour s’assurer de travailler avec un matériel en bon état.

Ejection du lait et dépose automatique du faisceau trayeur
Trois critères peuvent le définir :
• La temporisation initiale : c'est la durée en début de traite pendant laquelle le système de dépose est inactif, même en absence de lait. Ce délai permet au trayeur de brancher les faisceaux trayeurs et évite les déposes intempestives avant le début de l'écoulement du lait qui peut parfois débuter un peu après la mise en place du faisceau.
• Le débit de fin de traite : c'est le seuil de débit, paramétré par le concessionnaire, en dessous duquel on considère que la traite est terminée et que le processus de dépose peut être activé.
• La temporisation finale : c’est le délai qui s'écoule entre le moment où le débit de fin de traite est détecté et le retrait du faisceau trayeur. Ce délai peut permettre une annulation du processus de dépose si le débit du lait devient supérieur au seuil prédéfini.

Vérifier l’homogénéité des réglages d’une installation de traite
En place depuis 2005 et ouvert aux concessionnaires en 2007, le contrôle des déposes automatiques est pratiqué dans une trentaine de départements.
En 2011, 1084 contrôles (882 en 2010 et 844 en 2009) ont été réalisés en France. Il est pratiqué principalement par les organisations agricoles (chambres d’agriculture et contrôle laitier) et certaines concessions.
L’objectif de l’intervention consiste à vérifier l’homogénéité des réglages d’une même installation, afin de traire chacune des vaches de la même façon, quel que soit son emplacement d’une traite à l’autre.
Ce contrôle s’appuie sur une méthode validée par le Cofit (comité français interprofessionnel pour les techniques de production du lait).
Il est réalisé grâce à un simulateur de fin de traite reproduisant une courbe décroissante d’éjection du lait. Ainsi, en simulant toujours la même «fin de traite», l’ensemble des postes doit répondre de la même façon.
Les temporisations initiales et les vides résiduels dans le manchon au moment du retrait du faisceau sont également contrôlés.
Les réglages effectués, s’il y a des anomalies constatées, peuvent éviter la sur-traite d’une partie des vaches, d’améliorer les cadences de traites, de limiter les traites agressives.

Un tiers des installations contrôlées ne sont pas satisfaisantes
Sur l’ensemble des installations contrôlées en 2011, les constats sont les suivants :
- la temporisation initiale : 7 % des installations ont au moins un poste jugé non satisfaisant (mauvais paramétrage en cas de changement de carte électronique…) ;
- la durée du cycle : un tiers des installations est jugé non satisfaisant (mauvais paramétrage, électrodes sales, tuyau long à lait mal positionné, membrane de coupure de vide détériorée...) ;
- le niveau de vide résiduel : un cinquième des installations ont au moins un poste jugé non satisfaisant (orifice calibré bouché, longueur de ficelle hétérogène, coupure de vide insuffisante…)
Ce contrôle des déposes fait partie des solutions à la disposition des éleveurs et techniciens pour diagnostiquer un problème de traite ou de qualité du lait. Le contrôle Optitraite® (ou Certitraite®) est un préalable nécessaire pour s’assurer en amont du bon montage et du bon fonctionnement de tous les éléments de la machine à traire. Si des réglages sont nécessaires, c’est le technicien du concessionnaire qui intervient.
La chambre d’agriculture dispose du matériel nécessaire à cette intervention (et le met à disposition d’Avenir Conseil Elevage en cas de besoin).

Pour tout renseignement, contacter : Jean Louis Pilard au 03 22 20 67 35.

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