L'Action Agricole Picarde 16 janvier 2019 à 18h00 | Par François Magnier

FDSEA-JA : les temps forts de l’assemblée générale

A la veille des élections à la chambre d’agriculture, JA et FDSEA ont décidé d’unir et d’avancer leurs assemblées générales. Retour sur les temps forts.

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Près de deux cents personnes ont assisté à l’assemblée générale commune que la FDSEA et JA ont tenue le 10 janvier.
Près de deux cents personnes ont assisté à l’assemblée générale commune que la FDSEA et JA ont tenue le 10 janvier. - © D. R.

Près de deux cents personnes ont assisté à l’assemblée générale commune que la FDSEA et JA ont tenue le 10 janvier. Une date qui tombe très tôt en saison, mais qui se voulait coller au calendrier de l’élection à la Chambre d’agriculture de la Somme, pour laquelle le matériel de vote est arrivé dans les fermes ce mercredi 16. Date qui a permis aux représentants nationaux, Samuel Vandaele (JA) et Hervé Lapie (FNSEA), de s’associer aux débats, depuis le huis clos de la matinée jusqu’à la table ronde de l’après-midi.

Rapport d’activité à «deux têtes»
Exercice difficile. Toinon Beaude et Denis Bully ont présenté le rapport d’activité des structures, avec une partie en vidéo et une partie à l’oral. Ils ont mis en avant les actions syndicales des réseaux FDSEA-JA avec, par exemple, le blocage de la raffinerie Total de Dunkerque, fin mai, pour protester contre les importations d’huile de palme dans ce groupe, et dénoncer les importations distorsives au cœur des débats parlementaires de la loi EGA. Ces démarches ont permis d’enclencher la réduction des contingents d’importation pour l’un, et d’interdire les importations de produits ne respectant pas la réglementation européenne pour l’autre.
Ils ont aussi présenté les multiples rencontres avec les parlementaires, conseillers ministériels, ou administrations locales, durant les mois écoulés, et les principaux acquis qui en ont résulté : la signature d’un PAR évitant les travaux lourds dans les nouvelles zones vulnérables, le relèvement des heures supplémentaires durant les récoltes, la préservation du dispositif TO-DE pour les saisonniers, le relèvement de l’épargne de précaution, l’augmentation des prélèvements de sangliers et la reprise de la régulation du blaireau, le prolongement du remboursement de TIC, la préservation des volumes d’irrigation, etc. «Rarement, nous n’aurons été aussi actifs et présents dans la défense de nos intérêts, tout en maintenant nos activités d’accompagnement sur le terrain : les journées d’information sur l’installation, les formations (plus de deux cent quarante stagiaires en 2018).» Autant d’engagements des équipes élus FDSEA et JA, que chacun peut retrouver sur le rapport d’activité commun des structures.

Huis clos : un temps franc et sans concession
Autre temps marquant, le huis clos, qui permet des échanges directs et «sans filtre» avec les élus du syndicat départemental ou national. Les échanges étant réservés aux adhérents, les principales questions et réponses font l’objet de la lettre à l’adhérent de la FDSEA de la Somme, diffusée vendredi 25 janvier.
A noter toutefois celle-ci : «Nos concurrents ont matraqué leur campagne sur médias généraux, radio, presse agricole. Pourquoi ne le faites-vous pas ?» Réponse de la tribune : «D’abord, c’est une question d’éthique : une élection, ce n’est pas de la pub. D’ailleurs, on peut se demander si on est dans les clous de la légalité. Ensuite, c’est une question de principe. Quand on connaît le prix d’une page de pub (presque 10 000 €), d’une minute de spot, on se refuse à utiliser l’argent des cotisations des adhérents pour se payer de la pub. Enfin, on comprend mieux ce qui se passe : engranger du financement public (plusieurs centaines de milliers d’euros à l’échelle de la région en six ans) pour se payer des pages de pub et démonter l’action de ceux qui bossent… La méthode est révélatrice.»
Une illustration du coté direct des échanges, qui ont aussi porté sur la communication, le ratio prairie ou la réglementation.

- © D. R.

Zoom sur les rapports d’orientations

Extrait des propos de Françoise Crété
En 2018, la nature nous a livré à nouveau des leçons : au moment des coulées de boues, tout était la faute des agriculteurs ! Les marges de sécurité que nous avions tous, depuis les champs des agriculteurs jusqu’à la place de chaque village, ne sont plus suffisantes au regard de l’intensité des phénomènes climatiques ! C’est un sujet sur lequel nous devons travailler main dans la main avec les communes et les intercommunalités. Il faudra peut être parfois revoir le parcellaire, ses découpes, ses sens, et ce, en concertation avec tous les agriculteurs concernés et des experts compétents, pour retenir au maximum l’eau et la terre dans nos champs, mais surtout que les communes réduisent les risques de leur côté : cessons de rogner sur les champs pour construire, sans aménager sur le domaine communal une tour, une haie, un fossé, bref, une rupture…
Mot à la mode en 2018, la gouvernance. La gouvernance collective de nos outils, c’est sacré ! Il y a trois garde-fous à la gouvernance : les statuts, l’implication des élus et la présence de chacun à sa place… Sur le volet réglementaire, le lien avec l’administration change et, selon les évolutions de l’administration, il faut encore s’attendre à pire. On entend même dire davantage de missions de services publics confiées aux chambres d’agriculture. Nous en voulons bien, mais pas n’importe quoi et pas à vil prix : ok pour les instructions de dossiers pour aller plus vite pour les agriculteurs qui veulent faire un bâtiment, s’installer, se moderniser, mais pas pour les contrôles.
Le développement de notre profession ne peut se faire sans une acceptation sociétale. Et sur ce point, nous avons souffert en 2018. Nous empoisonnons, nous polluons, nous empêchons de rouler, de dormir, nous osons ramener de la terre sur la route, nous torturons les animaux, et on a touché le fond quand j’ai entendu que nous étions responsables d’un génocide de vers de terre à chaque labour. C’est à croire que les fous et les imbéciles font un concours.
Sur la communication et le sentiment d’agribashing, il y a deux publics face à nous : il y a des gens plutôt sérieux, déconnectés parfois de nos problèmes, mais avec qui nous pouvons et devons encore parler, en modernisant nos outils de communication, en ouvrant nos fermes et trouver des solutions. Un contrat de solutions. Et il y a les autres : les fanatiques avec qui on ne peut vraiment pas entamer la discussion. Il faut les combattre dans le dur et, autant je crains leurs intrusions dans les exploitations, autant j’aurais du mal à plaindre celui ou celle à qui il arrivera un problème, se faisant culbuter demain par un taurillon en s’introduisant dans une étable la nuit pour y ouvrir un parc…

Extrait des propos d’Edouard Brunet
Je démarre mes propos par une satisfaction : par notre travail, nous avons pu augmenter les DJA en 2018, avec une moyenne proche de 27 000 €, revalorisée de plus de 10 000 ! Ce travail paye car, dans les faits, on est aussi passé de 35 à 49 aidés entre 2017 et 2018. C’est un vrai acquis, qui remet dans le bon sens, et sans distinction entre les projets, les candidats à l’installation sur de bons rails.
J’appuie les propos sur les responsabilités des uns et des autres : on ne peut pas faire porter aux seuls agriculteurs, qui sont 1 ou 2 % de la population active, les soucis de tous dans les intempéries ! L’enjeu est sociétal, vraiment, et pas seulement agricole ! …
J’ai été surpris lorsqu’une députée, qui s’est réveillée avec de la paille, laisse entendre que nous sommes dans un rapport de force. S’il y a un rapport de force de l’un sur l’autre, c’est quand même bien les parlementaires qui votent des lois et qui ont une action dont la conséquence se fait sentir au quotidien sur nous, pas l’inverse ! C’est le monde à l’envers !
Enfin, je reviendrai sur le projet chambre construit ensemble : par des hommes et des femmes, pour des hommes et des femmes, par des jeunes et des moins jeunes, pour tous sur le terrain. Et si l’exercice est parfois plus compliqué, plus difficile parce qu’il faut se comprendre et se mettre d’accord, d’une manière générale et sans esprit mal tourné, à deux, c’est mieux !

Rapports d’activité, rapport d’orientation et vidéos projetées consultables sur le site www.fdsea80.fr

- © D. R.

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