L'Action Agricole Picarde 19 octobre 2017 à 08h00 | Par Bertand Carpentier (Arvalis – Institut du végétal)

Gérer les résidus de récolte pour limiter les risques d’attaques

Les récoltes de maïs ne sont pas encore terminées dans tous les secteurs qu’il faut déjà penser à anticiper le risque pyrales, en tendance à la hausse.

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Gérer les résidus par broyage et enfouissement est le premier des leviers à mettre en œuvre pour réduire les populations. 
Gérer les résidus par broyage et enfouissement est le premier des leviers à mettre en œuvre pour réduire les populations.  - © © Arvalis – Institut du végétal


Les récents coups de vent ont révélé la présence de pyrale, même dans des secteurs où on la pensait peu présente. Les larves hivernent à l’abri à la base des cannes de maïs. Sur les parcelles impactées par le ravageur cet été, il est important de broyer et enfouir les résidus pour réduire le stock de larves et limiter ainsi la pression du ravageur l’an prochain. Le broyage systématique fin et au ras du sol réalisé tôt après la récolte avec un broyeur à axe horizontal permet de détruire les larves ou de les exposer au froid et aux prédateurs. Cette intervention peut permettre d’éliminer 50 à 70 % des larves.

En maïs grain, le broyeur sous bec des moissonneuses n’a pas une efficacité suffisante en comparaison à un passage spécifique de broyeur post récolte.
L’incorporation des résidus est la seconde étape indispensable qui réduit encore les chances de survie des larves. Le labour, permettant d’enfouir à une plus grande profondeur, sera plus efficace que les autres techniques de travail du sol.
Même dans les secteurs où le recours à des moyens de lutte efficaces a permis de limiter la pression de pyrale, le recours au broyage reste d’actualité, afin de ne pas voir grossir de nouveau les populations. Il en est de même dans les secteurs où la pyrale est peu présente. L’objectif est de freiner la progression des populations.
La mise en œuvre de ces leviers est également très utile pour réduire le risque de fusariose et de mycotoxines, si la culture suivante est un blé.
Mélangés à la terre, les résidus se dégradent mieux et piègent de l’azote. Ainsi, en récolte tardive, l’incorporation des résidus de récolte dans les premiers centimètres du sol est un des rares moyens efficaces pour piéger le nitrate à l’automne.

Conséquences des attaques non négligeables
En production de maïs grain, l’impact sur la production peut être à la fois quantitatif et qualitatif. En creusant des galeries dans les tiges, les larves de pyrales entraînent la casse des tiges et la verse, avec parfois des épis tombés au sol, causant des pertes directes. En cas d’attaque de forte intensité, une baisse du poids des grains peut aussi être observée. L’autre aspect est la dégradation de la qualité sanitaire des grains. Les galeries provoquées par les larves constituent des portes d’entrées pour des champignons fusarium, augmentant ainsi le risque de développement de mycotoxines.
En maïs fourrage, l’impact est, en général, moins important compte tenu de la précocité de la date de récolte, mais des dégâts directs avec des épis au sol et des tiges cassées sont parfois observés.

Le point sur les récoltes

La floraison des maïs a été précoce. Début août, on annonçait un début de récolte des fourrages précoce. Globalement, la météo d’août et de début septembre a accéléré les maturités à l’est de la grande région, et ralentit les maturités à l’ouest, et plus particulièrement en bordure maritime.

La dernière décade d’août a été particulièrement chaude, accélérant brutalement la maturité des fourrages les plus avancés. Pour bien cibler la date de récolte, il fallait observer les grains et prendre en compte l’évolution de l’appareil végétatif, en lien avec la pluviométrie. Les premiers résultats donnent de bons niveaux de rendement, des taux de matière sèche relativement élevés et sans doute, de bonnes teneurs en amidon.

Les récoltes ont débuté début octobre, en Picardie. Il convient d’observer la présence du point noir à la base des grains pour décider de la date de récolte. Le point noir est la cicatrice laissée par la rupture des vaisseaux d’alimentation du grain. Au stade point noir, le PMG et donc le rendement sont au maximum, l’humidité du grain peut encore baisser de quelques points sous l’action d’un climat sec et chaud. Il y a, cependant, des arguments pour une récolte précoce. Récolter tôt limitera les risques de pertes de rendement par casse de plantes liée à la présence des larves de pyrale, limitera le risque fusariose/mycotoxines sur les grains… Le point noir est visible aujourd’hui dans la majorité des parcelles…

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