L'Action Agricole Picarde 24 mai 2018 à 06h00 | Par Virginie Ingebos

Innovation : la start-up toulousaine Naïo passe la vitesse supérieure

La start-up toulousaine Naïo est l’un des leaders mondiaux de la robotique agricole, en quelques années seulement.

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Dino est capable de biner des planches de 1,20 m  à 1,80 m avec une autonomie de 8 heures. © Naïo Technologies Oz est totalement autonome. Le temps passé à désherber peut désormais être alloué à d’autres tâches (surveillance, commercialisation…). © Naïo Technologies


La société française Naïo s’est spécialisée dans la conception et la commercialisation de robots pour l’agriculture et la viticulture. Avec aujourd’hui quatre modèles de robots désherbeurs à son catalogue, les ventes de la start-up toulousaine connaissent une parfaite courbe ascendante. «
Depuis nos débuts, on double chaque année. On devrait terminer l’année sur un chiffre d’affaires de plus de 3,5 millions d’euros», se réjouit Aymeric Barthes, co-fondateur et président de Naïo Technologies. La société qu’il a créée en 2011 avec Gaëtan Severac, ingénieur en robotique tout comme lui, compte aujourd’hui plus d’une centaine de ses robots autonomes en service dans les exploitations.

Autonome et polyvalent
Le tout premier robot commercialisé, baptisé Oz, reste le fleuron de la marque. Destiné aux petites exploitations maraîchères, il assure le désherbage entre les rangs, au moyen d’une palette d’outils (il peut ainsi être équipé d’une bineuse à socs, à couteaux, d’une rasette à brosse ou encore d’une herse étrille… selon l’itinéraire technique choisi). Electrique, il fonctionne en toute autonomie. Caméras et capteurs infrarouges assurent le guidage sans recourir au GPS. Il suffit de lui indiquer le nombre de rangées à biner, leurs longueurs et la distance inter-rangs. Son travail terminé, il vous prévient par SMS.
Depuis, Oz a été suivi par trois autres modèles. Dino, lequel s’adresse au maraîchage industriel. Avec son châssis de 1,30 m de hauteur, il enjambe des planches de légumes d’une largeur comprise entre 1,20 m
et 1,80 m, s’adressant ainsi davantage aux exploitations de plus de dix hectares. «Il convient particulièrement aux cultures de salades», précise la société Naïo.
Vient ensuite Ted, le premier robot enjambeur dédié à la vigne et le dernier-né, Bob, un robot à chenilles qui vise, quant à lui, à répondre aux problématiques spécifiques des vignobles étroits et des pépinières.

Enjeux environnementaux et sociétaux
Pour les fondateurs de Naïo Technologies, les robots viennent répondre à différentes problématiques rencontrées par les agriculteurs. D’abord, la question de la main-d’œuvre et de la pénibilité de certaines tâches. «Automatiser celles-ci permet de se libérer du temps pour faire autre chose, souligne Aymeric Barthes. Cela permet une plus grande latitude dans l’organisation de son travail. Parfois les conditions climatiques offrent de très courtes fenêtres pour le désherbage et, pas de chance, cela peut tomber les jours de livraison. Commercialiser, désherber : dilemme ! Là, l’agriculteur n’a plus à choisir entre les deux en laissant le robot désherber pour lui.»
L’emploi d’un robot fait aussi figure d’alternative à l’utilisation de produits phytosanitaires. Les agriculteurs bio font d’ailleurs partie des principaux clients de la start-up. De même, leur faible poids évite le tassement et permet de préserver la structure des sols. «Le plus léger, Oz, ne pèse qu’une centaine de kilos. Les plus lourds, Dino ou Tedd, 700 kg. C’est très largement en dessous du poids d’un tracteur, constate Aymeric Barthes. Tous les agriculteurs sont aujourd’hui sensibilisés à ces différents enjeux environnementaux et demandes sociétales. Toutes solutions alternatives sont les bienvenues.»

Plus loin, plus fort
Cinq ans après le lancement de son premier robot, Naïo travaille donc à toucher un plus large public et à valoriser ses modèles sur d’autres types de culture. Des essais sont, par exemple, menés en betterave. Elle travaille aussi au développement de nouvelles fonctionnalités autour de l’assistance à la récolte et la collecte de données notamment.
La start-up emploie aujourd’hui près de trente-cinq personnes, dont un tiers pour la R & D.
Grâce à ce succès grandissant, Naïo nourrit des ambitions à l’international. Si, actuellement, 90 % de son chiffre d’affaires se fait en France, un coup d’accélérateur vient d’être mis pour étendre son réseau de distribution en Europe, mais aussi au Japon et aux Etats-Unis.

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