Aller au contenu principal

INTERVIEW Joël Limouzin, vice-président de la Fnsea
«L’Etat donne un très mauvais coup à l’assurance récolte»

© AAP

Le Comité national de gestion des risques en agriculture s’est réuni le 13 juin. Une réduction de la subvention des assurances récoltes y a été annoncée. Joël Limouzin, y participait pour la Fnsea. Il réagit.

Le gouvernement envisage une baisse de la subvention des assurances récoltes, à combien s’élève-t-elle ?
Cette subvention est composée à 75 % de crédits en provenance du Fonds européen agricole de garantie et de 25 % de crédits en provenance du Fonds national de gestion des risques en agriculture. D’un montant initial de 133 millions d’euros en 2012, elle avait déjà été réduite à 100 millions d’euros et un projet de décret, présenté au Comité national de gestion des risques agricoles, vise à la réduire à 77 millions d’euros. Selon les assureurs, il faudrait pourtant maintenir cette subvention autour de 90 millions d’euros. En passant à 77 millions d’euros, l’Etat est en train de donner un très mauvais coup à l’incitation à l’assurance récolte sous prétexte d’économie budgétaire. En d’autres termes, l’Etat nous dit qu’il faut que les agriculteurs s’assurent beaucoup plus et dans le même temps se retire du dispositif. D’autre part, les agriculteurs ont pris en 2013 des engagements pour s’assurer. Ils avaient la perspective d’un montant initialement prévu, et, en cours de route, on change la règle du jeu. Ce n’est pas tenable !

Quelles autres annonces ont été faites ?
Dans le projet d’arrêté, il est également prévu un budget de 100 000 euros donné par l’Etat qui permettrait d’actionner 75 % des fonds européens pour l’assurance fourrage. Mais le ministère du Budget a annoncé clairement qu’il ne voulait pas donner son accord car il n’y avait pas eu d’arbitrage interministériel. On marche sur la tête !

D’autres dispositifs assurantiels sont en cours d’élaboration, comme le Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE). Que va-t-il apporter à l’agriculteur ?
En cas de problèmes sanitaires ou environnementaux, l’agriculteur pourra bénéficier d’une expertise après une déclaration de sinistre. C’est une vraie solidarité des agriculteurs sur tout le territoire : on rentre dans une révolution culturelle de l’assurance.

Comment sera financé ce fonds ?
Le Fmse sera financé par une cotisation sur la base de 20 euros par agriculteur, prélevée par la MSA. Les sections spécialisées apportent aussi une grosse contribution : le porc, les pommes de terre et le maïs ont finalisé leurs caisses sanitaires. Par exemple, 45 € par hectare seront demandés pour les pommes de terre. Des avancées sont en cours aussi pour le secteur des ruminants. Pour que ce fonds fonctionne, nous devons maintenant obtenir un agrément et le comité national de gestion des risques en agriculture doit donner son avis.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Un duo père/fille de la Baie de Somme, en lice pour le titre en prairies naturelles

Benoît et Diane Maquigny, gérants de l’exploitation Beaumer, à Woignarue, en Baie de Somme, sont finalistes du Concours…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

À Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy lauréat des prairies agroécologiques

Éleveur de charolaises à Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy est le lauréat national des pratiques agro-écologiques - prairies…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde