L'Action Agricole Picarde 16 novembre 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Journées Mont Blanc de Saint Louis Sucre : 4e round

Le 14 novembre, Saint Louis Sucre réunissait ses planteurs sur les parcelles de Dominique Rimette, à Voyennes, dans le cadre des Journées Mont Blanc.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Effeuilleuse/scalpeuse dépliante Alloway à 12 rangs. Couteaux de scalpage en acier et fléaux en caoutchouc. Poids : 7 800 kg. Vitesse au sol moyenne : 8 km/h. © F. G. Arracheuse Alloway. Modèle FH12R45. Arracheuse à 12 rangs, avec un espacement entre eux de 45 cm. Largeur : 4,4 m. Longueur globale : 8,45 m. Capacité de trémie : 5,5 t. Vitesse de travail optimal : 4,5 à 7 km/h. Tracteu © F. G.

En dépit de la fraîcheur matinale, plus de sept cents producteurs de betteraves ont répondu présent à l’invitation de Saint Louis Sucre pour ces journées Mont Blanc, véritables rendez-vous techniques où l’agronomie est au cœur des échanges. Et pour cause. Avec la fin des quotas depuis le 1er octo­­­bre dernier, et la libéralisation des marchés, sucriers et planteurs courent après le même Graal : gagner en productivité du champ à l’usine. Comment ? En augmentant le rendement betterave au champ, en diminuant les pertes de betteraves dans les champs et en optimisant les circuits de transport de betteraves. Voilà pour la règle.
Des objectifs que tous avaient en tête bien avant la fin des quotas, et qui sont notamment à l’origine du lancement du programme agronomique Mont Blanc par le groupe Südzucker, déployé en France par sa filiale Saint Louis Sucre depuis 2013. Mont Blanc, quésaco ? Ce programme repose sur des outils spécialement dédiés aux agriculteurs pour les aider à améliorer leurs rendements.
Le premier d’entre eux est le partage de l’information sur toutes les données techniques, scientifiques et agronomiques dont ils ont besoin. Un blog a d’ailleurs été conçu à cette intention. Le second pilier repose sur des expérimentations dans les parcelles des agriculteurs volontaires (87 à ce jour répartis entre l’ex-Picardie et la Normandie), avec le soutien technique, voire financier de Saint Louis Sucre. Le troisième : l’organisation de rendez-vous techniques. Aussi en fut-il le 14 novembre dernier, à Voyennes (80). Au menu de la journée : une conférence sur les couverts végétaux, suivie de deux ateliers, l’un sur la présentation d’une nouvelle arracheuse, l’autre sur le débâchage mécanisé après un bâchage manuel.

L’arracheuse qui prend soin du sol
Incontestablement, c’est l’atelier dédié à la nouvelle arracheuse pliante du constructeur Alloway, qui a retenu l’attention de tous, mais aussi suscité du mécontentement car, compte tenu des sols gorgés d’eau, aucune démonstration n’a été faite. Il a donc fallu se contenter de sa présentation par deux représentants de l’entreprise américaine. Démonstration ou pas, cette arracheuse de betteraves est une première en France.
Composée de douze rangs, avec un espacement entre eux de 45 cm, sa capacité de trémie est de 5,5 tonnes, sa vitesse de travail optimal de 4,5 à 7 km/h pour une productivité moyenne de 2,5 ha/h. Equipée de roues Opel, ces dernières permettent l’extraction complète des pivots de betteraves et minimisent la perte de récolte. Selon les tests réalisés, les pertes seraient de 1,35 t/ha, la moyenne acceptable étant cormpise entre 1,12 et 2,25 t/ha. Des rouleaux spirales et étoiles enlèvent la terre en excès avec une manipulation douce des betteraves. Bien que mécanique, un autoguidage électronique est cependant intégré permettant à l’arracheuse de garder parfaitement sa ligne de travail.
Cet outil «innovant, efficace et simple», dixit Matt Breker, directeur commercial du constructeur américain Alloway, permet une conservation de la structure des sols grâce à son bâti arracheur de douze rangs qui divise par deux la surface du passage des engins agricoles sur la parcelle. Autres atouts : un effeuillage optimisé et un scalpage précis réduisant les pertes de matières au champ. Last but not least : son coût, soit entre 50 et 60 % de moins qu’une arracheuse classique. Traduction : entre 250 000 et 300 000 €.
Si Hubert Boizard, spécialiste à l’Inra du tassement du sol, juge l’arracheuse intéressante, car «elle permet de répartir la charge de manière plus équilibrée, réduisant ainsi le tassement des sols, à la condition toutefois que les remorques soient bien équipées», il regrettait cependant de ne pas l’avoir vue à l’œuvre. Et de conclure : «Une machine se juge dans une gramme de situations variées, soit en terrains pentus et planes, dans des sols secs et humides.» D’ici une semaine, les planteurs auront tout le loisir de la voir en marche. Plusieurs chantiers sont prévus.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Action Agricole Picarde se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui