L'Action Agricole Picarde 22 décembre 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Florence Guilhem

L’ASBS lance en janvier ses AG de groupements de planteurs

Top départ le 6 janvier. Avec quelques nouveautés dans le déroulé de ces AG. Le point avec Etienne Lenaerts, directeur de l’ASBS.

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Etienne Lenaerts : «La production betteravière présente une sacrée opportunité pour notre région.C’est une valeur sûre.»
Etienne Lenaerts : «La production betteravière présente une sacrée opportunité pour notre région.C’est une valeur sûre.» - © AAP


Vous évoquez quelques changements dans le tenue de ces assemblées générales. Quels sont-ils ?

Le principal changement pour ces assemblées en 2017 réside dans le fait que, désormais, nous inviterons les planteurs par groupe sucrier, puisque les règles de la concurrence nous interdisent d’évoquer les contrats avec les planteurs qui ne sont pas concernés. La difficulté réside dans le fait que certains planteurs n’auront pas encore choisi leur opérateur sucrier. A l’heure qu’il est, Tereos a déjà en­voyé ses contrats, Saint Louis Sucre est en train de le faire, mais Cristal Union ne l’a pas encore fait.

Quelles sont les questions qui seront abordées au cours de ces assemblées ?
Là encore, elles seront forcément différentes suivant l’appartenance aux groupes sucriers. Ainsi, pour les planteurs de Cristal Union, la question des pulpes sera forcément abordée, et encore plus l’avenir des pulpes de la Sica Pulpes de Haute Picardie, à Epenancourt, que Cristal Union a rachetée.
Toujours sur la question des pulpes, Saint Louis Sucre et Tereos fixent un prix, pulpes comprises. Est-ce que ce paramètre revêt la même réalité pour un planteur de Tereos et un planteur de Saint Louis Sucre ? Il peut y avoir des différences. Il nous faudra faire le point sur le sujet.

J’imagine qu’il y aura, toutefois, un socle commun pour certaines questions ?
En effet. Nous reviendrons sur le bi­lan de campagne. La bonne nouvelle, c’est que dans notre secteur, on devrait terminer autour de 86 à 87 tonnes à 16 en moyenne dans la Somme, plus que ce que nous imaginions au départ. Dans le Nord-Pas-de-Calais, on devrait atteindre les 88 tonnes à 16. En re­vanche, dans l’Oise, cela devrait être autour de 82 à 83 tonnes à 16.
Outre le bilan de campagne, nous reviendrons également sur l’accord interprofessionnel signé en juillet dernier pour trois ans, à partir de 2017. Comme vous le savez, il n’y aura plus de comité interprofessionnel des productions saccarifiées. Il sera remplacé par l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS). C’est elle, désormais, qui va chapeauter le Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus) et l’Institut technique de la betterave (ITB).
Par ailleurs, toutes les discussions sur les volumes et sur les prix ne seront plus abordées au sein de la commission interprofessionnelle, mais au sein des commissions de la répartition et de la valeur que vont mettre en place les coopératives et les industriels sucriers.
Cette commission sera composée des représentants des planteurs et de ceux des fabricants de sucre. Les planteurs mixtes ne pourront pas y siéger, pas plus que les représentants des planteurs qui siègent dans des conseils d’administration d’autres groupes.
Dans le cas des coopératives, c’est le conseil d’administration qui tiendra lieu de commission interprofessionnelle, et c’est ce même conseil qui mettra en place la commission de répartition de la valeur ou qui en fera office. Chez Cristal Union, une autre commission répartition de la valeur sera créée pour les planteurs non-coopérateurs.

Est-ce que cela change littéralement le rôle des syndicats betteraviers quant aux négociations sur les prix ?
Nous pourrons négocier pour le compte des planteurs sur la répartition de la valeur ajoutée. C’est d’ailleurs une obligation parlementaire. La filière sucre est la seule à avoir obtenu cette disposition de partage de la valeur ajoutée entre agriculteurs et transformateurs. C’est une première.
Ainsi que le dit le député européen et membre titulaire de la commission agriculture du Parlement européen, Michel Autin, il y a actuellement un vent porteur sur le ren­forcement du pouvoir des producteurs. C’est pourquoi, il est fondamental que le secteur agricole se mobilise.

Quels sont les autres thèmes qui seront également abordés lors de ces assemblées ?
Nous parlerons également des durées de campagne, ce qui pose la question des arrachages anticipés et tardifs, avec les indemnités qui doivent aller avec, mais aussi de l’accompagnement des planteurs durant toute la campagne, du bâchage des silos de betteraves et de l’enlèvement de ces silos sur les routes départementales.
Autre thème abordé, la présentation des marchés et les perspectives qui en découlent. Pour l’heure, les marchés sont bien orientés. Les vents sont donc plutôt favorables pour l’entrée dans l’après-quota. Reste que les prix seront confrontés à une plus grande volatilité. Aussi la Commission européenne travaille-t-elle à des solutions pour faire face à cette volatilité.

Quels sont les messages que l’ASBS veut passer aux planteurs dans ces assemblées ?
Comme l’a annoncé la CGB à son congrès annuel, on va baisser les cotisations. Une fois cela dit, pour l’année 2017, on a un cadre défini par l’accord interprofessionnel, signé le 22 juillet dernier. Nous entrons dans une période où les fabricants de sucre ont sollicité leurs planteurs pour augmenter leur production de 20 %. Notre but est d’accompagner ces évolutions.
Ce qu’il faut, à présent, c’est que nous améliorons certaines conditions pour que les planteurs augmentent significativement leur production et puissent faire face à l’augmentation de la durée des campagnes, qui va passer de 110 jours en moyenne à 120, voire 130 jours. C’est énorme.
Nous sommes vraiment dans une mutation majeure de la filière betteravière. Pour que les planteurs accompagnent ce mouvement et répondent aux demandes de leurs opérateurs sucriers, ils doivent y trouver leurs comptes, notamment au travers de la répartition de la valeur ajoutée. D’où des discussions aussi à avoir sur les grilles du prix du sucre et du prix de la betterave. Dans tous les cas, la production betteravière présente une sacrée opportunité pour notre région. C’est une valeur sûre. La preuve en est avec la dernière récolte. En dépit des aléas climatiques, les rendements moyens obtenus ne sont pas si mauvais que cela si on les compare à ceux des céréales. Il en est de même sur les prix.

Dernière nouveauté : une réunion spécifique pour les nouveaux planteurs. Pourquoi ?
Au vu des opportunités qui se présentent, et aussi des allongements de campagne, qui peuvent avoir des incidences sur la qualité des betteraves et des rendements, nous souhaitons mettre en place une réunion avec les nouveaux planteurs pour leur proposer des formations sur la technique betteravière, la gestion des coûts de production et les marchés du sucre.
Pour ce faire, nous organiserons à Amiens, à la Maison des agriculteurs, une réunion pour eux, le vendredi 20 janvier, à 9h30.

- © AAP

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