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L’automatisation s’amplifie avec les robots d’alimentation

L’alimentation automatisée commence à s’implanter chez des éleveurs séduits par les gains de main-d’œuvre et d’efficacité alimentaire.

En multipliant le nombre de repas dans une journée, le robot limite la concurrence entre les vaches et améliore leur digestion.
En multipliant le nombre de repas dans une journée, le robot limite la concurrence entre les vaches et améliore leur digestion.
© M. Portier


L’alimentation automatisée est un concept largement répandu dans les pays d’Europe du Nord, où les grands troupeaux ne sortent pas des bâtiments. Au contraire en France, la taille modérée des troupeaux et la prédominance du pâturage n’a pas joué en faveur de cet équipement coûteux. Mais l’augmentation de la taille des troupeaux, les contraintes de main-d’œuvre et les coûts d’alimentation croissants ont changé la donne. Sous l’impulsion de nouveaux cons­tructeurs, les projets se sont multipliés cette année. Les deux constructeurs Delaval et Rovibec ont été les premiers à se lancer sur le marché français. Sont arrivés ensuite Trioliet, Valmetal, puis dernièrement Lely, Cormall et GEA. Mis à part Lely, tous sont présents depuis déjà plusieurs années sur le marché du robot d’alimentation. En France, les constructeurs spécialistes de la distribution des aliments commencent à réagir. Jeantil et Bélair ont d’ailleurs présenté au Sima dernier leur propre concept.
Globalement, les robots d’alimentation fonctionnent en toute autonomie à l’exception de l’approvisionnement en fourrage (ensilage, foin et paille). Toutefois, certains robots désilent seuls. C’est le cas de Rovibec, qui utilise des silos tours ou encore du concept Aviso de Bélair, automate qui se rende au tas pour désiler. La plupart des systèmes utilisent des tables doseuses ou convoyeurs, sauf Lely qui emploie un dispositif particulier de griffe à grappin.
L’outil de mélange est le second point de différenciation. Soit la ration est mélangée et distribuée par le même appareil qui se déplace sur un rail ou au sol, soit une mélangeuse à poste fixe est secondée par un wagon de distribution sur rail ou au sol. Une troisième possibilité, de conception plus ancienne et moins modulaire, consiste à utiliser un tapis convoyeur de distribution.

Moins de refus
Robotiser l’alimentation offre de nombreux avantages, à commencer par l’économie de main-d’œuvre. Le gain de temps dépend surtout de l’autonomie du système. Avec un désilage en cube, le réapprovisionnement peut se faire tous les trois à quatre jours. Alors qu’en vrac, il se fera quotidiennement, voire pour deux jours, afin de limiter les risques d’échauffement. La préparation régulière de la ration et sa distribution répétée en petites quantités par lots d’animaux concourent à son efficacité : limitation des refus, meilleure digestibilité, présence régulière au cornadis bénéfique à l’activité des vaches et à la fréquentation du robot de traite… Il faut toutefois veiller à respecter les temps de rumination des animaux. L’équilibre fibre/concentré de la ration est ainsi encore plus décisif que dans un système d’alimentation classique.
Dans le cas d’un nouveau bâtiment, l’intégration du robot limite la surface dédiée au couloir d’alimentation par rapport à une distribution classique. De même, l’énergie électrique consommée par l’automate est sans commune mesure avec la consommation de gazole d’une mélangeuse automotrice ou de deux tracteurs préparant la ration.
Les arguments ne manquent pas, pourtant les économies potentielles doivent peser suffisamment pour justifier le lourd investissement. Selon le concept adopté et la taille du bâtiment, les prix s’échelonnent de 100 000 à plus de 200 000 euros. La taille du troupeau reste le facteur essentiel. Que l’on alimente 100 ou 200 vaches, le robot demande quasiment le même investissement.

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