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L’érosion des sols : une problématique d’importance en région

La région est fortement soumise au ruissellement et à l’érosion des sols, causes d’inondations récurrentes. Le problème était abordé aux Assises de l’érosion, mardi 5 décembre, à Bernaville.

© © A. P.


Auchy-les-Orchies (59), Templeuve (59), Bully-les-Mines (62), Pas-en-Artois (62), Etreillers (02), Beauvais (60), Formeries (60), ou encore Naours (80) et Domart-sur-la-Luce (80)… Toutes ces communes font partie de la longue liste des inondées en 2016. En Hauts-de-France, le problème est récurrent. En cause : le ruissellement de l’eau et l’érosion des sols, problématique importante dans la région.
Selon la Dreal, 15 % des surfaces non artificialisées seraient concernées par un risque fort ou très fort d’aléa érosion, contre 8 % à l’échelle nationale. Près d’une commune sur deux aurait été reconnue en état de catastrophe naturelle à cause de coulées de boue ces trente dernières années. 40 % du territoire est affecté par des pertes en terre supérieures à 1 tonne par hectare chaque année. Le Pas-de-Calais est le département le plus à risque, du fait d’un relief assez pentu et de sols sensibles. Les secteurs très urbanisés sont aussi exposés à des inondations en cas de forte pluie et de saturation du réseau.
Les facteurs sont multiples : urbanisation, développement du réseau routier, modification du paysage rural, évolution de l’agriculture et des sols (tassement), le tout multiplié aux épisodes pluviométriques de plus en plus violents du fait du réchauffement climatique, surtout au printemps et à l’automne…
Alors pour «prévenir plutôt que pour guérir», des acteurs tels que les chambres d’agriculture, l’Agence de l’eau Artois-Picardie, les EPCI ou encore Somea (Somme espace agronomie) travaillent de concert pour définir et mettre en place des solutions. «Pour pouvoir lutter, un projet global est nécessaire, du haut des bassins jusqu’à la rivière», assure Bruno Roussel, élu à la Chambre d’agriculture du Nord - Pas-de-Calais.

Le agriculteurs très concernés
Cela implique de sensibiliser les agriculteurs, premiers lésés lors de perte de terre. Pour François Derancourt, expert en la question à la Chambre d’agriculture du Nord - Pas-de-Calais, «le principal levier est l’agronomie, car les pratiques culturales ont un impact direct sur le ruissellement et l’érosion». Le premier acte est de protéger la surface de son sol avec des couverts végétaux. «Sur sol nu, on observe 75 % de ruissellement, alors que sur sol couvert, il n’est que de 15 %. Et ce système est efficace à partir de 30 % de sol couvert de manière bien répartie, avec une diversité des plantes», assure-t-il.
Le deuxième acte est de s’assurer d’un sol stable, bien pourvu en matière organique et en calcaire. Il est possible de calculer un indice de battance, en prenant en compte la teneur du sol en limons fins, en limons grossiers, en argile, en matière et organique et le pH. Plus l’indice est élevé, plus le risque de battance est fort. Enfin, le troisième acte est l’évolution de la surface des sols. «Il faut limiter la battance et la compaction, favoriser l’activité des vers de terre et ne pas trop affiner le sol. Le tassement du sol, souvent lié au poids très élevé des machines, est un facteur aggravant.»
D’autres techniques existent pour limiter l’érosion : le sens des cultures ; la simplification du travail du sol, des travaux sans retournement aux semis direct ; la remise en état des sols au printemps ; le micro-buttage (création de petits réservoirs entre les buttes qui retiennent l’eau), notamment pour les champs de pommes de terre, cultures les plus incriminées.

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