L'Action Agricole Picarde 17 mars 2020 à 18h00 | Par Vincent Fermon

La chasse française à l'heure du coronavirus

Quel impact peut avoir l'épidémie de coronavirus sur la pratique de la chasse ? Qu'est-il encore possible de faire ou pas ? On fait le point avec la fédération nationale des chasseurs.

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Les comptages de printemps et autres rassemblements de chasseurs sont interdits jusqu'à nouvel ordre.
Les comptages de printemps et autres rassemblements de chasseurs sont interdits jusqu'à nouvel ordre. - © D. R.

Sortir son fusil au petit matin pour tirer quelques corbeaux pour la protection des semis, c'est encore possible. Partir à travers champs pour relever ses pièges ou remplir quelques agrainoirs l'est également. En revanche, là où les choses se compliquent, c'est pour l'organisation de chasses collectives ou la tenue de réunions. En cause ? L'épidémie de coronavirus qui contraint les Français à rester chez eux. Président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen a tenu à apporter un certain nombre de précisions sur ce qu'il est encore possible de faire pour la chasse, ou pas, sitôt les déclarations des président de la République et du ministère de l'Intérieur, mardi 17 mars, via une lettre aux chasseurs de France.

Des déplacements possibles
Alors qu'une autorisation d'étendre la chasse du sanglier jusqu'au 31 mars avait été décidée il y a quelques semaines dans plusieurs départements, celle-ci est désormais fortement contrariée puisque toutes les chasses collectives sont désormais interdites. Une exception est néanmoins ouverte pour les chasses individuelles, «dès lors qu'elles ont un enjeu sanitaire». C'est notamment le cas pour la régulation des corvidés «important pour limiter les dégâts sur les semis de printemps», dixit la FNC, «ou l'approche du sanglier où cela est nécessaire». Pour les chasseurs de gibier d'eau propriétaires d'appelants, c'est aussi un soulagement :
«Vous pouvez aller nourrir vos appelants sur les sites où ils se trouvent, à condition de le faire seul», prévient Willy Schraen. Suivant la même consigne, «piégeurs et gardes particuliers peuvent continuer à oeuvrer sur leurs territoires respectifs». Pour chacun de ces déplacements, il est nécessaire de porter sur soi l'attestation désormais en vigueur permettant la libre-circulation. Et le président de la FNC d'inviter les chasseurs et piégeurs à porter sur eux leur permis de chasser et/ou agrément de garde particulier et de piégeur pendant leurs sorties.

Assemblées générales reportées
Si l'épidémie de coronavirus ne pèse pas trop sur le terrain, l'organisation des assemblées générales, salons de la chasse, réunions d'information ou pour l'attribution des bracelets et autres formations est en revanche très perturbée. Alors que certaines manifestations qui ont eu lieu au cours des dernières semaines se sont se tenues sur le fil, parfois au détriment de leur fréquentation - on pense au grand rendez-vous chasse, pêche et équitation qui avait lieu à Mégacité Amiens -, les événements à venir sont désormais annulés dans la région Hauts-de-France, comme ailleurs. Cette mesure concerne aussi bien les rendez-vous festifs que les comptages de gibier et autres compétitions ou séances d'évaluation des chiens de chasse. «Toutes les assemblées générales sont également annulées», précise Willy Schraen. Dans ce contexte particulier, ce ne sont donc pas les chasseurs eux-mêmes, mais bien les conseils d'administration des fédérations départementales des chasseurs qui seront amenés à valider les mesures qui s'appliqueront pour la prochaine saison. «Même si certaines fédérations tiendront leurs assemblées générales plus tard, il y a des décisions à prendre avant la fin du mois de mai et nous ne pouvons pas attendre...», explique M. Schraen.
Dans le département de la Somme, l'accueil du public au siège de la fédération est fermé depuis le 16 mars, «et ce jusqu'à nouvel ordre».  Toutes les formations programmées dans les prochaines semaines sont de fait également reportées. A titre d'exemple, le programme de préparation à l'examen du brevet grand gibier est de la même manière complètement chamboulé : «Les cours du 28 mars sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. L'entraînement de tir à la carabine du 4 avril est remis à une date ultérieure», expliquait le responsable de la formation, Bruno Legrand, début de semaine sur le réseau social Facebook. Quant à l'assemblée générale de l'association des chasseurs de grand gibier de la Somme, qui doit se tenir le 16 mai prochain, Bruno Legrand espérait encore il y a quelques jours que les mesures de confinement soient levées d'ici là.

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