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La crise Covid-19 épargne Mousline et ses flocons

Alors que le secteur de la transformation de pommes de terre en frites est fortement perturbé par la baisse de consommation liée au covid-19 et la fermeture des restaurants, celui de la transformation en produits déshydratés tient bon.

«Contrairement à la frite surgelée, la pomme de terre en flocons a une date limite de consommation (DLC) relativement longue. On peut la garder six mois sans problème dans un placard...»
«Contrairement à la frite surgelée, la pomme de terre en flocons a une date limite de consommation (DLC) relativement longue. On peut la garder six mois sans problème dans un placard...»
© A. P.

Pour le groupement des producteurs de pommes de terre livrant l’usine Sitpa-Nestlé (GPS) de Rosières-en-Santerre (Mousline), la fin de campagne 2019-2020, «ce n’est pas encore pour tout de suite», expliquait son président, Jean-Luc Guyon, il y a quelques jours. Et si la situation des producteurs livrant la Sitpa n’est pas vraiment comparable à celle livrant d’autres types d’industries, le contexte décrit la semaine dernière par l’UNPT et l’interprofession française de la pomme de terre (Cnipt) en ce qui concerne la pomme de terre pour la fabrication de frites (lire notre précédente édition) ne laisse pas Jean-Luc Guyon indifférent. «Pour le moment, les enlèvements de la Sitpa continuent à un rythme soutenu, constate-t-il. Il n’y a pas de rupture d’approvisionnement et la demande reste forte, mais est-ce que cela va durer ?»

Des stocks de purée
Faut-il y voir le signe d’une consommation dynamique ou un effet «stock» ? A en croire le président du groupement livrant la Sitpa, «il y a sans doute un peu des deux». «Des stocks sont en train de se constituer, soit par les GMS, soit par la Sitpa elle-même», indique le producteur installé à Fontaine-sous-Montdidier. Dans le même temps, on peut imaginer que les consommateurs s’intéressent à la purée déshydratée comme ils le font pour d’autres produits comme les pâtes ou le riz : «Contrairement à la frite surgelée, la pomme de terre en flocons a une date limite de consommation (DLC) relativement longue. On peut la garder six mois sans problème dans un placard...»
Reste que si des stocks sont actuellement en train d’être constitués par l’industriel, cela pourrait peser pour les volumes qui seront achetés pour la prochaine campagne. Pour s’assurer que les volumes habituellement contractualisés entre les adhérents du groupement et l’industriel soient au rendez-vous, Jean-Luc Guyon dit avoir pris contact avec les responsables de la Sitpa-Nestlé : «Pour le moment, ils m’ont assuré qu’il n’y aurait pas de baisse des volumes contractualisés, mais personne n’est serein».

Des paiements anticipés
Rassuré sur les volumes à livrer pour la transformation, le président du groupement de producteurs était en revanche plus inquiet sur la capacité de l’usine de Rosières-en-Santerre à faire face en cas de défaillance humaine : «Imaginons que plusieurs salariés tombent malades ? Cela compliquerait forcément le fonctionnement de l’usine et la transformation». En ce début de semaine, la direction de l’usine assurait dans la presse locale avoir augmenté sa vigilance en matière d’hygiène sur le site de Rosières-en-Santerre. Autre mesure prise, à laquelle les producteurs adhérents du groupement ne s’attendaient pas : des paiements anticipés ont été versés aux fournisseurs afin, explique la direction de l’entreprise «de les accompagner au mieux dans cette situation exceptionnelle.»

Un site web de bonnes pratiques en pommes de terre

Alors que la campagne de plantation 2020 vient de débuter dans un contexte de crise aigüe, et en coopération active avec la filière pomme de terre, la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) a lancé un site internet d’information sur le sujet. Conçu pour tous ceux, «professionnels, institutions, collectivités, qui s’interrogent sur les conditions requises pour produire, dans le respect des “bonnes pratiques” et de la réglementation» explique la Draaf,  ce site s’appuie principalement sur un système de questions-réponses portant sur divers thématiques à enjeux : la provenance et la qualité des plants de pomme de terre ; la gestion de la fertilisation ; la protection phytosanitaire des cultures ; les règles applicables pour les déclarations au titre de la Pac ; la gestion des résidus terreux post-récolte. Conçu pour être un outil d’information, la plateforme https://pommesdeterre-hautsdefrance.fr qui sera mis à jour régulièrement en fonction des retours des usagers.

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