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La démarche de Demain La Terre

Des producteurs de fruits et légumes ont travaillé pendant 8 ans à la mise en place d’une charte baptisée «Demain la Terre».

Ruches et cultures sont particulièrement liées dans la démarche Demain La Terre.
Ruches et cultures sont particulièrement liées dans la démarche Demain La Terre.
© Vienne Rurale

Convaincus par l’intérêt de s’inscrire dans une démarche de développement durable, 6 producteurs français de fruits et légumes ont créé, en 2004, l’association «Demain La Terre». Une association dont le but a toujours été de mettre en place un autre type d’agriculture, entre l’agriculture conventionnelle, et la biologique. «Notre objectif est d’offrir aux consommateurs des fruits et légumes issus d’une agriculture responsable et écologique, à un prix accessible», précise Robert Franchineau, président de Demain la Terre. Un objectif qui a poussé ces producteurs à tester différentes méthodes d’économie d’intrants, de retraitement des déchets.
Dès 2010, une charte de qualité écologique et responsable a été mise en place. Un cahier des charges très large, qui contient une centaine de critères de sélection, regroupés dans 9 volets techniques : limiter l’usage des produits phytopharmaceutiques, l’utilisation des OGM, préserver la qualité et la ressource en eau, préserver la qualité des sols, favoriser la biodiversité et protéger les insectes pollinisateurs, contrôler la consommation énergétique, gérer la valorisation des déchets et leur réduction, favoriser une relation économique durable avec les parties prenantes, et garantir un respect des thématiques sociales. Un référentiel qui ne concerne donc pas que les pratiques agricoles de l’exploitation, mais aussi son économie et ses pratiques sociales.
Avoir recours à une main-d’œuvre extérieure à plus de 50 % à la région de la production sur l’année représente, par exemple, un motif d’élimination du référentiel. Dans le volet social, le nombre d’UT handicapés est pris en compte.

Logo
Concrètement, pour avoir le droit d’apposer le logo «Demain la Terre» sur ses produits, chaque agriculteur doit donc appliquer le cahier des charges. Un respect contrôlé chaque année par un organisme indépendant, Ecocert environnement, qui soumet au Comité de Contrôle un rapport bilan de sa visite.
Les membres de ce comité (experts indépendants, producteurs et représentants de la société civile) décident ensuite de l’attribution, ou non, du label. Actuellement, huit producteurs apposent le sigle «Demain la Terre» sur leurs produits (voir la liste dans l’encadré). Des agriculteurs au sein desquels on retrouve les membres fondateurs de l’association, qui multiplient les bonnes idées de pratiques.
Parmi les outils mis en place dans l’exploitation de Robert Franchineau, on note l’utilisation de sondes tensiométriques, couplées avec un goutte à goutte. Chaque année, l’agriculteur du val de Sérigny (86) économise pas moins de 220 000 m3 d’eau pour la production de ses melons. «On apporte de l’eau où il en faut, et au moment où il en faut». Pour limiter l’utilisation d’intrants chimiques, les vergers de Champey ont eux fait le choix de la confusion sexuelle, tandis que le Verger de Blottière mise sur l’installation de nids à mésanges. Des producteurs qui ont désormais un rôle d’exemplarité dans ce mouvement naissant, et qui espèrent être rejoints par de nombreux autres producteurs de fruits et légumes.

Abeilles À l’honneur
Parmi les éléments clés du référentiel, on retrouve les insectes pollinisateurs, et donc les abeilles. L’UNAF, premier syndicat apicole français, est associée au référentiel de Demain la Terre. «Nous avons travaillé sur le volet biodiversité du référentiel» précise Olivier Belval, président de l’UNAF. «Nous avons travaillé avec scientifique de l’INRA pour proposer une liste de 15 molécules à proscrire, et les mélanges à éviter». Mais le travail autour des abeilles ne se limite pas à l’usage des pesticides. «La vitesse de fauche, la signature de contrats avec des apiculteurs pour qu’ils déposent leurs ruches autour des productions, sont des éléments importants». À l’inverse, la pratique de la culture sur brûlis est une action éliminatoire du référentiel.


OÙ LES TROUVER ?
Huit producteurs
Actuellement, Demain La Terre réunit 8 producteurs de fruits et légumes, répartis sur l’ensemble du territoire, et qui représentent un large éventail de la production française. Des producteurs qui sont souvent leader dans leur filière. L’association est présidée pour la 2e année par Robert Franchineau, producteur de melons au Val de Sérigny, dans la Vienne. Les autres producteurs de Demain la Terre sont : Les Fruits Rouge de l’Aisne (producteur de fruits rouge à Laon, Aisne), le Jardin de Rabelais (producteur de tomates à Avoine, Indre-et-Loire), le Verger de la Blottière (producteur de pommes et poires à Saint-Georges-des-Gardes, Maine-et-Loire), Vendéa (producteur de salade, radis, mâche à Machecoul, Loire-Atlantique), Planète Végétal (producteur de carottes et poireaux à Cestas, Gironde), Sikig (producteur de kiwis dans les Pyrénées Atlantiques) et Champey (producteur de fruits à noyaux à Nîmes, Gard).

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