L'Action Agricole Picarde 13 novembre 2019 à 17h00 | Par Vincent Fermon

La double performance prairiale à l'honneur

Plusieurs élevages de la Somme participeront à la finale nationale du concours général agricole des pratiques agro-écologiques lors du prochain Sia à Paris.

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Qu'ils soient installés en Baie de Somme, ou dans la moyenne vallée  de la Somme, chacun de ces éleveurs participe à sa manière à l'entretien d'un patrimoine naturel remarquable. © V. F. Le Gaec Sablon, père et fils, et Emmanuel Trouart représenteront le département de la Somme en finale nationale du concours, à Paris, pendant le prochain Salon international de l'agriculture. © V. F.



Leurs prairies ne sont pas seulement des réserves d'une biodiversité exceptionnelle, elles sont aussi productrices et nourricières et c'est bien la combinaison entre ces différentes caractéristiques qui ont permis à Emmanuel Trouart, Arnaud Fauchatre et au Gaec Sablon de remporter les premiers prix du concours départemental des pratiques agroécologiques dans la catégorie prairies et parcours. Organisé dans le cadre du Concours général agricole de Paris depuis 2007, ce concours était autrefois baptisé concours national des prairies fleuries. Malgré un changement de nom, il reste animé par le même esprit : récompenser les agriculteurs dont les parcelles en herbe présentent le meilleur équilibre entre valeur agricole et valeur écologique. En 2019, 52 territoires et pas moins de 280 éleveurs ont participé. Dans le département de la Somme, il était organisé dans les deux sites labellisés Ramsar - la Baie de Somme et la moyenne vallée de la Somme -, d'où une remise des prix lors du 11e séminaire national Ramsar qui s'est tenu à Amiens, du 6 au 8 novembre dernier.

Des milieux exceptionnels valorisés
Dans la moyenne vallée de la Somme, quatre élevages ont été retenus parmi lesquels le Gaec Sablon qui remporte le trophée pour une de ses prairies située sur la commune d'érondelle. Le jury composé de représentants de la Chambre d'agriculture, d'un agriculteur-apiculteur, d'un membre du conservatoire des espaces naturels de Picardie et du syndicat mixte baie de Somme a été particulièrement séduit par «la diversité exceptionnelle» des espèces rencontrées, «un maintien de l'habitat écologique très rare», ou encore «une gestion adaptée des dynamiques de végétation». Et le jury de consacrer la parcelle en question comme «un très bon exemple local dans le cadre de la valorisation agroécologique des milieux tourbeux». Associé avec son fils, Daniel Sablon s'est montré particulièrement fier de la récompense, profitant de l'occasion pour solliciter «un coup de pouce» qu'il estime nécessaire à l'entretien des prairies : «Ces prairies fleuries, on les aime et on veut les garder le plus longtemps possible, mais un retour sur investissement serait quand même bien venu. En tant qu'éleveur, on a toujours l'impression d'être des laissés pour compte.»

Production et préservation des milieux
Dans l'autre territoire samarien labellisé Ramsar, la Baie de Somme, ce sont deux prix qui ont été remis par un jury composé du lauréat 2018, du Gnis, de la Chambre d'agriculture, du conservatoire botanique national de Bailleul, du conservatoire d'espaces naturels de Picardie, et d'un apiculteur. Le premier prix d'excellence agro-écologique a été remporté par Emmanuel Trouart pour sa parcelle située à Rue. Le jury y a découvert une prairie «à la fois productive et diversifiée, d'une grande richesse écologique avec des haies, des mares et huit espèces patrimoniales». Au delà de la richesse naturelle du milieu, ce sont également les pratiques de l'exploitant qui ont été remarquées ; le jury ayant été particulièrement intéressé par «une bonne adaptation des pratiques aux conditions de la parcelle, et une gestion adaptée des dynamiques de végétation».
Toujours dans la Baie de Somme, dans la même commune de Rue, c'est une distinction un peu particulière qui a été remise à Arnaud Fauchatre, puisqu'il remporte le prix spécial «biodiversité et paysage». En 2018, lorsque le jeune homme décide de s'installer à Saint-Quentin-en-Tourmont, il a pour projet de développer l'élevage sur son exploitation - un troupeau de limousines - et porte pour cela une attention à ses prairies. Le jury a trouvé chez lui «une bonne gestion de la végétation avec une alternance entre fauche et pâturage», ainsi que «des pratiques favorables au maintien de la biodiversité». L'autre élément ayant joué sa faveur est «le respect des paysages typiques des bas-champs du Marquenterre, avec un maintien des haies et des buissons».
Depuis que le concours des prairies fleuries fait étape dans la Somme, le savoir faire agro-écologique des éleveurs samariens a ainsi été reconnu à deux reprises au niveau national avec un 1er prix dans la section «pâturage» attribué  en 2016 à Olivier Ménétrier de Rue et un 2e prix dans la section «fauche» obtenu par Alexandre Loye de Quend en 2018. Quelle place décrocheront les lauréats du concours départemental 2019 ?
Réponse dans quelques mois, lors de la finale nationale à Paris, au Salon international de l'agriculture.

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