L'Action Agricole Picarde 19 janvier 2020 à 07h00 | Par Alix Penichou

La Marpa, un petit chez soi sécurisé à la campagne

Les Maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie ont été créées en 1987 par la MSA. Elles proposent une alternative aux maisons de retraite, à la campagne. Exemple à Feuquières-en-Vimeu.

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Comme Béatrice Herbaux, les vingt-quatre résidents de la Marpa de Feuquières-en-Vimeu ont trouvé une alternative 
à la maison de retraite. Il vivent en autonomie, à la campagne, mais sont épaulés au quotidien.
Comme Béatrice Herbaux, les vingt-quatre résidents de la Marpa de Feuquières-en-Vimeu ont trouvé une alternative à la maison de retraite. Il vivent en autonomie, à la campagne, mais sont épaulés au quotidien. - © Marpa




«Vendre ma maison pour intégrer la Marpa a été difficile. C’est un tournant de la vie. Mais grâce à la convivialité, j’ai trouvé ma place. Aujourd’hui, j’y suis heureuse.» Béatrice Herbaux occupe depuis quatre ans l’un des vingt-quatre logements de la Marpa (Maison d’accueil et de résidence pour l’autonomie), Les Aïauts de Feuquières-en-Vimeu.
Il s’agit de la dernière Marpa de la Somme, construite il y a cinq ans. Comme pour les six autres,  toutes portées par la MSA, la volonté est de proposer une solution d’hébergement adaptée aux personnes âgées, en milieu rural. Ici, les résidents trouvent «un petit chez eux», avec terrasse et jardinet, qu’ils aménagent avec leurs propres meubles, où ils sont libres d’aller et de venir à leur guise. En plus de cela, ils bénéficient de services communs s’ils le souhaitent, comme les repas en groupe, le ménage, des animations… Et une présence sept jours sur sept,
24h/24. «Les résidents s’y sentent en sécurité. Surtout, ils ne sont pas seuls», assure Adeline Fossier-Lasne, responsable de l’établissement.
La convivialité est d’ailleurs le maître-mot. «J’ai travaillé dans de gros établissements d’accueil de personnes âgées où la solidarité était inexistante. Ici, chacun bénéficie d’une attention particulière.» Béatrice avoue «devoir une fière chandelle» à Adeline. «J’ai perdu mon mari la semaine dernière, raconte-t-elle, les yeux encore humides. Les jours suivants son décès, je me suis repliée sur moi-même. Je ne voulais plus sortir. Je n’étais plus la même personne. Mais Adeline et toute l’équipe de la Marpa m’a soutenue. Aujourd’hui, je dois dire que je vais déjà mieux.»

Précieuse autonomie
La responsable, dont le logement de fonction est au sein même de la Marpa, a toujours un œil bienveillant sur les locataires. Pas question pour elle de ne pas agir lorsque quelqu’un se laisse aller. «Nous les incitons tous à participer aux animations. C’est le meilleur moyen pour eux de conserver leur si précieuse autonomie.» Béatrice, elle, se prête au jeu, même si elle reconnaît «faire un effort pour participer à la gym», elle prend énormément de plaisir aux activités créatives. «Tout cela m’incite à me bouger, à garder le contact et même à rencontrer de nouvelles personnes.»
Garder le contact, c’est aussi ce que cherchait André Vatbled en août 2017, lorsque son épouse a été hospitalisée. Lui vit toujours dans sa maison, à 2 km de la Marpa, mais profite des services proposées aux personnes extérieures. «Je me suis retrouvé seul chez moi du jour au lendemain, et j’étais un peu déboussolé, livre-t-il. Avec l’entretien de ma grande maison, je ne trouvais pas le temps de me faire des repas. J’ai donc appelé Adeline, par hasard, et la solution a tout de suite était trouvée. Depuis, je mange ici tous les midis, et même le soir, l’été.»
Des services que la Marpa entend développer : repas, accueil à la journée, animations, aides aux démarches administratives, formation au numérique, relais pour les aidants familiaux… «Nous ne remplaçons pas les assistantes sociales, mais nous bénéficions d’un large réseau et nous pouvons donc orienter les gens vers les interlocuteurs les plus appropriés», précise Adeline.
Sur ce point, la responsable peut s’appuyer sur le répertoire bien fourni de Colette Fournier, administratrice à la Marpa de Feuquières pour la MSA de Picardie. «Elle est notre lien avec la MSA. Elle collecte nos besoins et les fait remonter. Elle fait aussi fonctionner son réseau de connaissances et d’élus lorsque nous avons besoin de partenaires ou de subventions, par exemples.» Chaque maillon de la chaîne est important, pour que les aînés ruraux puissent profiter de la meilleure qualité de vie possible.


Informations pratiques

La Somme compte désormais six Marpa, à Quevauvillers, Combles, Rosières, Nouvion, Bernaville, Matigny et Feuquières. Une septième se situe à Tupigny, dans l’Aisne. Chacune comporte vingt-quatre logements privatifs au maximum, et offrent des services communs. Les tarifs d’hébergement, à Feuquières, sont les suivants : une redevance locative mensuelle de 621,05 € auxquelles s’ajoutent des charges locatives mensuelles de 526,50 €.

Contact : 03 22 26 76 47 ; marpalesaiauts@orange.fr



Pour Colette Fournier, avoir la fibre sociale est indispensable 
pour devenir élu à la MSA.
Pour Colette Fournier, avoir la fibre sociale est indispensable pour devenir élu à la MSA. - © A. P.

Colette Fournier, agricultrice : «la MSA est ma bouffée d’oxygène»

Colette Fournier, jeune retraitée de l’agriculture, est administratrice MSA à la Marpa de Feuquières. Des fonctions qui lui ont permis de s’ouvrir humainement. Elle fait partie des quinze mille délégués à élire du 20 au 31 janvier.

Pourquoi vous êtes-vous investie en tant qu’élue à la MSA ?
J’ai débuté il y a vingt ans. J’étais alors conjointe collaboratrice dans notre exploitation laitière, à Béthencourt-sur-Mer. Les agriculteurs autour de moi se plaignaient souvent de la MSA. Alors je me suis engagée pour connaître son fonctionnement et me faire mon propre jugement… Et puis je me suis prise au jeu ! J’y ai consacré beaucoup de temps. Je me levais plus tôt pour traire avant d’aller en réunion, et je terminais plus tard le soir. Mais je m’y suis épanoui et je m’y épanouis toujours.

Qu’est-ce que vos missions, en tant qu’administratrice à la Marpa de Feuquières, entre autres, vous ont apportées ?
En enlevant mes bottes pour endosser mon rôle d’élue, je quittais mon métier d’agricultrice et je prenais une bouffée d’oxygène. La MSA m’a permis de m’ouvrir au monde différent de celui de l’agriculture. Je dois avouer qu’il faut avoir la fibre sociale pour cela. Comme la MSA est un guichet unique, tous les problèmes nous remontent. À nous de savoir écouter, puis d’aller vers les gens pour proposer notre aide. À la Marpa, j’étais le lien avec la MSA. J’ai fait fonctionner mon réseau sur le terrain pour épauler au mieux le projet.

Outre un rôle administratif, qu’apportez-vous à la Marpa ?
Je pose un regard extérieur. Par exemple, j’ai pu comparer les modes de fonctionnement des Marpa lors du concours annuel «terrasses fleuries», puisque je fais partie du jury. Nous avons fait le tour des Marpa de Picardie. Un tel concours a suscité l’investissement des résidents et les a fédérés autour d’un objectif commun. On ressent aussi rapidement l’ambiance qui règne. À Feuquières, j’ai encore plus ressenti l’investissement total du personnel et le bien-être des résidents qui en découle.

Propos recueillis par A. P.

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