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La RSE : un levier pour la performance

Avec la montée des attentes sociétales, la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) est une démarche affirmée dans le monde agricole. Les principes du développement durable permettent de valider les démarches des entreprises.

Un exemple de politique RSE : la Prospérité fermière et son lait sans OGM, avec des animaux élevés sur paille, avec une sécurisation de l’accès au pâturage (15 ares par vache pendant au moins cent-soixante-dix jours) et un prix d’achat minimum garanti (300 €/1 000 l, prime de 15 €/1 000 l).
Un exemple de politique RSE : la Prospérité fermière et son lait sans OGM, avec des animaux élevés sur paille, avec une sécurisation de l’accès au pâturage (15 ares par vache pendant au moins cent-soixante-dix jours) et un prix d’achat minimum garanti (300 €/1 000 l, prime de 15 €/1 000 l).
© D. R.




Les trois lettres de RSE sont de plus en plus fréquentes dans le monde agricole. Face aux demandes des consommateurs d’aller vers des filières en phase avec le développement durable, les organisations agricoles ou agroalimentaires multiplient les engagements dans des démarches RSE. C’est ainsi que, lors du dernier Salon de l’agriculture à Paris, le label Agri Confiance a annoncé un nouveau référentiel étendu à la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). «Nous avons souhaité harmoniser les démarches des coopératives adhérentes, bâtir trois niveaux d’exigences et intégrer la RSE», expliquait le directeur de l’association Agri Confiance, Philippe Sommer.
Plus de cent-vingt exigences, déclinées par filières, figurent dans le nouveau référentiel. Un tronc commun regroupe dix engagements dans le domaine éthique, pilier historique de la démarche, dans l’environnement et la RSE. Au niveau 3, qui concerne la RSE, l’engagement en grandes cultures consiste, par exemple, à favoriser les alternatives aux produits de synthèse ou à supprimer les insecticides de stockage. En filière fruits et légumes et en vins, il s’agit de favoriser les alternatives aux produits de synthèse. En volailles et palmipèdes, il convient de recourir à du blé et maïs 100 % français. «On passe d’une démarche axée sur la gestion du lien entre la coopérative et ses adhérents à une approche permettant aussi de communiquer avec les industriels et les distributeurs», considère Philippe Sommer. La certification Agri Confiance concerne 24 400 exploitations et 61 coopératives.

Articuler social, environnemental et économique
Pour Gilles Cavalli, auteur de l’ouvrage Manager une entreprise agricole durable, sorti en 2019, il est très important que les exploitants agricoles prennent à bras-le-corps cette démarche. «La RSEA, c’est l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques par les entreprises agricoles d’une manière stratégique et opérationnelle. Aussi, si une ferme prend ce virage, elle va être amenée à se poser les bonnes questions pour développer son entreprise.»
C’est l’exemple du groupe coopératif des Hauts-de-France la Prospérité fermière, qui a lancé une politique RSE en s’engageant sur un lait sans OGM. Cette démarche baptisée Via Lacta «permet de se différencier dans un univers banalisé», a déclaré le président Samuel Bar, et de répondre à une demande forte de consommateurs. Cent adhérents y sont engagés depuis son lancement en octobre, sur un total de mille-six-cents, pour une production de 30 millions de litres destinés principalement aux ingrédients laitiers. Le cahier des charges de Via Lacta s’engage sur des animaux élevés sur paille, avec une sécurisation de l’accès au pâturage (15 ares par vache pendant au moins cent-soixante-dix jours) et un prix d’achat minimum garanti (300 €/1 000 l, prime de 15 €/1 000 l).
En partenariat avec l’association WWF, les obligations portent également sur une baisse de la consommation de soja importé de 65 % en 2018 puis de 90 % en 2020. De la féverole toastée est intégrée dans les rations pour remplacer le soja. Les professionnels de la filière vin ont également décidé d’investir le champ de la RSE via leur plan de filière. L’objectif est, là encore, la nécessaire adaptation des pratiques aux attentes de la société.

Se différencier et accéder au marché
Pour de nombreux acteurs de l’agroalimentaire, la RSE permet de se différencier sur le marché, voire d’y accéder. L’engagement dans des démarches RSE pourrait devenir une condition de base pour discuter notamment avec les distributeurs. Même les banques s’y intéressent. Par exemple, dans le cadre de sa stratégie RSE, le Crédit agricole Assurances s’engage à financer la plantation de cinq-cent-mille arbres en France pour aider la forêt française à se renouveler.

Comment expliquer la RSE ?

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un «concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire». En adoptant des pratiques plus éthiques et plus durables, elles doivent pouvoir contribuer à l’amélioration de la société et à la protection de l’environnement. Pour le dire plus clairement, la RSE est «la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable».
La démarche RSE d’une organisation peut faire l’objet d’une certification selon la norme ISO 26000. Cette dernière indique que la responsabilité sociétale des organisations est la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement. Une organisation engagée dans une telle démarche entend contribuer au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société, prendre en compte les attentes des parties prenantes tels les consommateurs et les agriculteurs, respecter les lois en vigueur. La démarche doit s’intégrer dans l’ensemble de l’organisation (gouvernance, droits de l’homme, conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, consommateurs, développement local) et être mise en œuvre dans ses relations.

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