L'Action Agricole Picarde 29 mars 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

«La Ruche qui dit Oui !» fait son nid en gare d’Amiens

Mercredi 5 avril, une nouvelle «Ruche qui dit Oui !» à Amiens accueillera producteurs et clients dans le hall inférieur de la gare SNCF, de 18h à 19h30.

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Monique Bourdon, responsable de la nouvelle «Ruche qui dit Oui !» en gare SNCF d’Amiens.
Monique Bourdon, responsable de la nouvelle «Ruche qui dit Oui !» en gare SNCF d’Amiens. - © AAP


Ce n’est pas une invitation au voyage que propose «La Ruche qui dit Oui !» à la gare ferroviaire d’Amiens, mais une invitation au plaisir de bien manger, de se rencontrer et de consommer local. Le principe, lancé en 2011 en France, est toujours le même : une plate-forme de commercialisation sur Internet réunissant producteurs et clients. Une semaine avant de récupérer ses achats dans un lieu déterminé, la vente en ligne est ouverte. A chacun de constituer son panier avant d’aller retirer ses produits une semaine plus tard au lieu de rendez-vous fixé. Simple comme bonjour.

La formule faisant florès, la SNCF, qui cherche par ailleurs à animer ses gares, a décidé cette année d’ouvrir ses portes aux «Ruches». Amiens ne pouvait pas manquer le train. «La Ruche qui dit Oui !», déjà ouverte au Café des Beaux-Arts, sera aussi en gare à compter du 5 avril. Elle vient donc de rejoindre le cortège des «Ruches» installées dans les gares. Lille a déjà la sienne, Arras va suivre sous peu. Ce seront les mêmes producteurs que ceux du Café des Beaux-Arts qui seront en gare, et la même responsable, Monique Bourdon, qui animera le réseau. Au «menu» : fruits et lé­gumes, produits laitiers, viandes, ½ufs, pain, farines, huiles de colza et de cameline, poissonnerie, cidres, miel, chocolats…

La construction
du réseau
Monique Bourdon a connu cette plate-forme de e-commerce par le bouche-à-oreille. «Nous voulions acheter chez des petits producteurs, mais nous n’avions pas le temps d’aller de village en village pour faire nos achats. Aussi le principe de «La Ruche qui dit Oui !» répondait-il à nos attentes car, en un clic, nous avions la possibilité de nous fournir en produits locaux et d’aller les récupérer une fois par se­maine en un lieu déterminé, à côté de chez nous», raconte Monique Bourdon.
De cliente régulière, elle est devenue responsable. Educatrice spécialisée auprès d’enfants et de jeunes adolescents déficients légers ou atteints de troubles du comportement, elle imagine, en 2013, ouvrir une «Ruche» à Abbeville, avec eux, pour les socialiser. Après neuf mois de travail, elle obtient le feu vert de la «Ruche» mère, mais la directrice de l’établissement où elle travaille met finalement un veto. Le projet est stoppé net. Au même moment, la responsable de «La Ruche qui dit Oui !» d’Amiens décide d’arrêter son engagement et cherche quelqu’un pour prendre le relais. Monique Bourdon décide de reprendre le flambeau.
Le réseau tourne avec une quinzaine de producteurs. Aujourd’hui, ils sont une bonne trentaine à participer à la «Ruche». Ils viennent de la Somme, de l’Oise, du Pas-de-Calais et de Seine-Maritime. Le plus près est à un kilomètre, le plus loin à 250 km. «Nous avons trente-cinq commandes tous les jours pour
1 800 inscrits», précise Monique Bourdon. La vente directe se fait tous les quinze jours. Il en sera de même pour la nouvelle «Ruche».

Le plaisir de bien manger
L’état d’esprit de cette «Ruche» ? Celui d’une offre de produits locaux de bonne qualité aux Amiénois et la mise en relation des producteurs et des clients. «Ce sera un peu moins vrai en gare d’Amiens, car nous aurons moins de place qu’au Café des Beaux-Arts. Il y aura donc moins de producteurs présents. Du coup, hormis le maraîcher, les producteurs vont tourner à la gare», indique-t-elle.
Si l’ouverture de cette deuxième «Ruche» à Amiens implique, pour elle, plus de temps à consacrer à l’organisation, celle «qui consom­me toujours Ruche» n’a pas pourtant hésité à se lancer. «Ce qui me motive est le fait de manger sainement et de pouvoir participer à ma toute petite échelle au développement de ce mode de con­sommation. Je pense que cela vient aussi de mon enfance. Mes parents produisaient une grande partie de ce que l’on mangeait. Je ne savais pas alors la chance que j’avais. Avec les «Ruches», j’ai eu le plaisir de retrouver du goût aux aliments, ce que je n’avais pas en achetant mes produits ailleurs, et de rencontrer les producteurs», confie-t-elle. Tout est dit.

Les vingt-trois producteurs de «La Ruche» en gare SNCF d’Amiens

Boulangerie Pâtisserie La Maie (Amiens), La charcuterie fermière (Beauval), EARL Eric Dalle (Candas), EARL
de Beauvoir (Rainneville), Douceur de lait (Eplessier), Poissonnerie Comtesse Sébastien (Melleville), Ferme du Chassy (Esquennoy), Edouard Syryn (Saint-Léger-lès-Domart), Gaec Genty, (Richemont), Chèvrerie des 2 sources (Amplier), Elevage Debras (Esquennoy), Florence et Florian (Delettes), Cidrerie du pays des Coudriers (Saint-Gratien), Brasserie Rollus (Louvrechy), EARL Richard Vilbert (Rubempré), Gaec de la plaine d'Hèriprè (Gauchin-Légal) , La Ferme des Collines (Plachy-Buyon), Les Gaufres Paysannes - M'ma Gaufre (Mazingarbe), Earl Deleau (Ramecourt), Chocolaterie Le Dolmen (Fresnicourt-le-Dolmen), Terrasses de Moray - Earl de l'Abbaye (Ognes), Savonnerie Elishéa (Vauréal), P'tit Bambou (Verson).

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