L'Action Agricole Picarde 28 février 2013 à 10h24 | Par Jean-Michel Bonczak

La situation sanitaire de la Somme jugée plutôt satisfaisante

Le GDS a organisé deux réunions d’information le 6 février à Beauquesne et le 7 février à Grand-Laviers.

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- © AAP

Le foyer de tuberculose découvert fin 2011 à Lafresguimont-Saint-Martin est encore dans toutes les mémoires. Les indemnités d’abattage versées à l’éleveur lui ont permis un nouveau départ mais le cheptel reconstitué à l’identique restera sous surveillance rapprochée pendant dix ans. En outre une vingtaine d’élevages «en lien» (voisins ou acheteurs d’animaux) font aussi l’objet d’un contrôle par tuber­cu­lination, cet hiver et sans doute le suivant, au moins pour les voisins les plus proches. La moitié d’entre eux ont été contrôlés à ce jour et aucune réaction anormale n’a été observée. La situation nationale demeure préoccupante, en particulier dans les départements de la Côte d’Or, la Dordogne et des Pyrénées Atlantiques.

IBR : des poches de résistance subsistent
La situation en IBR est en constante amélioration avec près de 70 % d’élevages qualifiés, mais des poches de résistance subsistent, certains élevages ayant du mal à s’assainir à la suite d’infections massives. Du côté des facteurs de risque, il faut pointer notamment les ateliers d’engraissement (avec introductions multiples) insuffisamment séparés des bovins reproducteurs (parfois seulement un couloir d’alimentation). Enfin, un durcissement des règles s’annonce pour les demandes de dérogation du contrôle IBR à l’achat, en cas de transport direct, par le vendeur ou l’acheteur, d’un bovin titulaire de l’appellation (cheptel vendeur qualifié A) : suite à des abus manifestes, le transport par un tiers (négociant, coopérative) n’est plus permis dans ce cadre.
Sur les transactions en général, rappelons que c’est à l’éleveur (et non au marchand !) qu’incombe la responsabilité de dater et signer la carte verte au moment de la vente, une confusion pas si rare qui conduit alors au «faux et à l’usage de faux».

Paratuberculose : dix pour cent des élevages en plan
Une nouveauté cet hiver dans les suivis paratuberculose : le laboratoire rend un résultat semi-quantitatif pour les bovins séropositifs : de + à +++ selon le taux sanguin d’anticorps. Cette gradation permet de réformer en priorité les bovins à trois croix, considérés comme «super excréteurs» de la bactérie (cette corrélation est avérée depuis peu par une étude réalisée par un collectif de GDS). D’autres enseignements seront tirés de ces recherches au cours des prochains mois de façon à mieux maîtriser la maladie.
Dix pour cent des élevages du département sont en plan (les entrées compensant les sorties), ne représentant toutefois que la part visible de cette maladie qui concerne sans doute au réel près d’un élevage sur deux.

BVD : différentes stratégies
Les résultats des analyses collectives de la maladie des muqueuses (BVD) ont montré que 25 à 30 % des élevages ont eu récemment ou ont encore des problèmes avec le virus. Il existe différentes stratégies possibles en vue de s’assainir, mais il n’est pas toujours facile de s’y retrouver selon le type d’analyse (sérologie, antigénémie, PCR…) et suivant l’âge des animaux. Il ne faut donc pas hésiter à faire le point avec le vétérinaire, le GDS et le laboratoire (devis possible sur demande).

Schmallenberg : infléchissement dans la moitié nord du pays
La maladie de Schmallenberg poursuit sa progression vers le sud du pays où les foyers sont à présent les plus nombreux. Des cas isolés sont toujours observés dans la région (un début d’immunité ?) mais la fin de la prise en charge des déclarations n’incite pas les éleveurs à se faire connaître.
La visite du vétérinaire peut pourtant entrer dans le cadre de la déclaration d’avortement, y compris chez les ovins ; reste à charge le coût d’une sérologie (autour de 10 €) si elle est possible sur l’agneau ou le veau (en l’absence de prise colostrale). D’autre part, la confirmation d’un foyer peut être utile dans la perspective d’une indemnisation.
Sur ce point, a précisé le président Pascal Bienaimé, le GDS a su prendre ses responsabilités en débloquant une première aide d’urgence à destination des éleveurs ovins les plus touchés l’hiver dernier (une douzaine d’éleveurs adhérents concernés pour un budget de 10 000 €). Celle-ci doit être complétée d’une aide nationale de GDS France sur la caisse de solidarité santé animale, aussi bien en ovins qu’en bovins.
Le critère d’accès prévoit cependant que le total des pertes entre la déclaration (suivie d’une confirmation par analyse) et le 31 mai (ovins) ou le 31 août (bovins) 2012 soit supérieur à 10 % des naissances sur un an. Ensuite une franchise (respectivement 10 % et 8 % sur la période) et un plafond (50 % de la perte déclarée) sont appliqués. L’aide est alors calculée selon un forfait de 42,50 € (agneau viande), 275 € (veau viande), 150 € (veau croisé) ou 60 € (veau lait). Les éleveurs doivent se faire connaître après du GDS (seuls les cas ovins connus les plus graves recevront automatiquement un dossier).

Vincent Lambrecht : «les vaches nous envoient des signes de leur équilibre alimentaire».
Vincent Lambrecht : «les vaches nous envoient des signes de leur équilibre alimentaire». - © AAP

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Observation des animaux : de l’intuition au plan d’action

Vincent Lambrecht, ingénieur agronome, a présenté brièvement la société de conseil Diag’vital, basée en Vendée.
Il la gère avec deux associés qui unissent leurs compétences dans des domaines aussi variés que l’agronomie, la zootechnie, l’environnement, les énergies. Leur offre de service se construit autour d’une approche globale de l’exploitation, intégrant le sol, le système fourrager, l’animal, l’eau, les bâtiments, les effluents.
L’objectif à atteindre est d’aller vers l’autonomie sur tous ces postes, en tâchant de «faire au mieux avec ce dont on dispose» : l’efficience, dans le sens d’une valorisation la plus rationnelle possible des ressources, doit prendre le pas sur la productivité.

Les signes de l’équilibre alimentaire
L’alimentation est au centre de l’expertise et des écarts sont souvent relevés entre ration calculée, ration distribuée et ration valorisée. L’intervenant a présenté les signes de l’équilibre alimentaire que nous envoient les vaches, rien, selon lui, ne remplaçant «le bon sens et l’œil de l’éleveur». La méthode, directement inspirée du vétérinaire franc-comtois Bruno Giboudeau, s’appuie sur la recherche de signes ou symptômes qui sont reliés, l’expérience semble le prouver, à des déséquilibres de la ration. Ainsi, pas moins de 57 points d’observation (au niveau d’organes, d’excrétions ou de comportements) sont décrits : œil, nez, poils, pied, rumination, reproduction, urines, bouses, etc.
Vincent Lambrecht en donne quelques exemples : une croûte jaune dans l’angle inférieur de l’œil peut révéler un excès d’azote (de même un mufle blanc et un poil jaune), une bouse collante un amidon non digéré, le tour de l’œil gonflé (lunettes !) un excès d’énergie.

Un minimum de formation et d’entraînement
L’observateur doit «balayer» le troupeau dans sa totalité, un symptôme n’étant déterminant qu’au-delà de 40 % d’animaux concernés. Quand c’est le cas, il faut ajuster la ration mais attention, prévient-il, certains signes peuvent apparaître en décalé, c'est-à-dire correspondre à un déséquilibre déjà ancien. La méthode requiert évidemment un minimum de formation et d’entrainement.
Enfin, une attention particulière est portée à l’abreuvement (mal géré dans 40 % des exploitations selon une enquête de l’Institut), à la qualité de l’eau sur l’ensemble du circuit de distribution (bactériologie et physico-chimie) et à l’ambiance des bâtiments (surface, ventilation, phénomènes électriques…).
La société propose des outils en ligne (www.diagvital.fr) comme le diagnostic ration, et des expertises plus poussées sur place, avec comme objectif de construire avec l’éleveur un projet global d’exploitation.

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