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Lactalis s’est expliqué à l’assemblée générale de l’Aplop

Ce jeudi, l’Association des producteurs de lait Ouest Picard a accueilli quatre représentants du groupe Lactalis, à l’occasion de son assemblée générale.

De gauche à droite : Fabien Choiseau, Serge Moly, Bernard Mancaux, Luc Renault, Jacques Borgoo et Julien Lenne.
De gauche à droite : Fabien Choiseau, Serge Moly, Bernard Mancaux, Luc Renault, Jacques Borgoo et Julien Lenne.
© Anaïs Moineau


Arrivé en renfort, le groupe laitier Lactalis a participé à l’AG de l’Aplop avec ses futurs responsables encore en formation. L’Aplop, association membre d’une association d’organisme de producteurs laitiers verticale, se livre exclusivement à ce groupe privé. Pourquoi verticale ? Car l’association est membre de l’Union des producteurs laitiers du Bassin parisien (UPLBP), lui-même membre de l’AOP Unell, regroupant plusieurs OP Lactalis de toute la France.

Le ton est donné
Bernard Mancaux, président de l’Aplop, après avoir opéré les élections du tiers renouvelable du conseil d’administration, a tout de suite donné le ton. Le président a joué carte sur table en présentant les chiffres de sa ferme. Investissement, prix du lait, dettes etc. un exemple concret qui a mis les représentants de Lactalis dans le bain. «Les conséquences de la crise de 2016 sont toujours bien présentes dans nos fermes et nous avons peur que le scandale sanitaire du groupe n’affecte le prix payé au producteur», a déclaré Bernard Mancaux. Serge Moly, directeur de l’approvisionnement en lait Lactalis, martèle désespérément que «même si le lien est fort, l’enquête n’a encore rien conclu sur l’origine de la contamination des nourrissons français». Malgré cela, «Lactalis a pris ses responsabilités en fermant l’usine de Craon, peut-être un peu tard, il est vrai», reconnaît le responsable. Serge Moly assure pourtant que «la production reprendra sur au moins une des deux tours, dès que l’administration de contrôle décidera que le site est sécurisé». Administration avec laquelle ils sont aujourd’hui «à livre ouvert concernant leurs comptes». A la question, le prix payé au producteur va-t-il être impacté ? Le directeur répond haut et fort : «Je me porte garant que le prix du lait ainsi que la collecte ne changeront pas pour nos producteurs !»

Quelle gestion des volumes demain ?
Le groupe Lactalis a annoncé clairement son intention de «réduire la voilure» concernant la production laitière en France, qui se fait trop importante par rapport à la demande. Olivier Thibaut, président des producteurs de lait de la Somme réagit : «Si vous voulez moins de lait, il va falloir nous le payer !» Hors de question, pour l’avenir des fermes laitières samariennes, de faire moins de lait au même prix. A cela, Serge Moly explique que se sont les volumes supplémentaires dus aux arrêts de collecte qui serviront à satisfaire les producteurs qui souhaitent augmenter leur production.

Pression sur les GMS
A la sortie des Etats généraux de l’alimentation, Olivier Thibaut et Françoise Crété, présidente de la FDSEA de la Somme, appellent le groupe Lactalis à faire pression sur la grande distribution. «Nous pouvons aller en manifestation, occuper les rayons, mais c’est vous qui avez le poids face aux acteurs de la grande distribution», insiste Françoise Crété. Serge Moly acquiesce :
«C’est un combat de longue haleine, la difficulté en France, c’est qu’il n’existe que quatre ou cinq distributeurs, mais il est important que vous obteniez une vraie augmentation des prix sur les produits de marque mais aussi de MDD ! (marque de distributeurs)» Et cette augmentation, il la clame, «ne devra pas se faire en dessous de 5 à 6 % avec un vrai retour aux producteurs». Le directeur affirme que «déjà des entreprises commencent à s’engager, car la pression est forte : le gouvernement avec les EGA, mais aussi grâce à vous et votre mobilisation dans les rues». Un groupe qui ne recule pas devant le défi, mais que les syndicats et ses producteurs devront suivre de près.
Sur le prix payé au producteur, pour le premier semestre, le directeur d’approvisionnement Lactalis annonce une baisse de 20 € à 30 €/1 000 l due à une production accrue et une demande mondiale sur le lait de consommation stable. Enfin, Luc Renault a présenté, à la fin de l’assemblée, les résultats d’un sondage, réalisé auprès de leurs 146 adhérents, concernant l’avenir du lait. Un sondage qui révèle que la moitié seulement des éleveurs laitiers de leur territoire déclare continuer la production laitière d’ici cinq ans…

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